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a hausse d'un quart de point, jeudi 8 juin, du principal taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE), à 2,75 %, était largement attendue, après les multiples mises en garde des hauts responsables de l'organisme contre des risques de dérapage des prix dans la zone euro. La BCE continuera à augmenter les taux directeurs si son scénario de reprise économique et de développement de l'inflation se confirme, a indiqué son président, Jean-Claude Trichet.
Avec une économie qui repart, une inflation qui grimpe, des crédits au secteur privé et une masse monétaire qui s'envolent, les"faucons" de la BCE ne manquaient pas d'arguments pour demander un tour de vis monétaire plus sévère. Mais la force de l'euro et la volatilité actuelle des marchés financiers parlaient contre un geste trop fort. Les économistes s'attendent à voir monter le principal taux directeur entre 3 et 3,35 % d'ici à la fin de l'année.
Depuis la naissance de l'euro le 1er janvier 1999, la BCE a modifié ses taux dix-huit fois (dix hausses et huit baisses). Elle a commencé son cycle de relèvement des taux en décembre, après deux ans et demi de statu quo, avec une première hausse d'un quart de point, suivie d'une deuxième en mars, également de 0,25 %. Le principal taux (taux de refinancement) est le taux minimum auquel les banques peuvent emprunter de l'argent à la BCE pour se refinancer lors des adjudications hebdomadaires qu'elle organise. Il est encadré par un taux plancher, auquel les banques privées peuvent placer de l'argent pour vingt-quatre heures auprès de la BCE, et un taux plafond auquel les banques peuvent emprunter pour la même durée. Tous deux ont aussi été relevés d'un quart de point, à respectivement 1,75 et 3,75 %.
UNE HAUSSE QUI FAIT PEUR AUX BOURSES MONDIALES
Les Bourses mondiales subissent un coup de tabac généralisé car les investisseurs craignent, après trois ans de bonnes performances, un assèchement des liquidités financières du fait d'un mouvement de relèvement des taux d'intérêt au niveau international. Les économistes s'interrogent à présent sur le calendrier et le rythme des éventuelles nouvelles hausses des taux d'intérêt, tant aux Etat-Unis que dans la zone euro, sur lesquels ils estiment avoir aujourd'hui une visibilité encore insuffisante.
La BCE, implantée à Francfort, a pour coutume de réunir son conseil deux fois par an dans une capitale d'un Etat membre de la zone euro. Les économistes misaient à une écrasante majorité sur un léger resserrement des conditions de crédits, même s'ils n'excluaient pas un geste plus agressif, une hausse d'un demi-point.