
ça se renouvelle pas au niveau de l'image, amis par contre j'ai fini l'objection au I et le II - j'ai conscience que mon guernica est pourri , mais j'ai pas pu faire meiux- peut-etre vous avez ça chez vous dans votre bouquin d'histoire, sinon je ramenerai une illustration plus grande à la rentrée - par contre il faudra pas oublier de me la demander!
Le III suit, si je peux avant la fin de la journée- sinon à demain pour de nouvelles aventures!
Durand
C- OBJECTION
On reproche à Kant (et à la théorie formaliste en général) de n’avoir pas compris ce qu’est une œuvre d’art, parce qu’il assimile beauté artistique et beauté naturelle –d’ailleurs le seul exemple de beauté avancé par Kant dans la critique de la faculté de juger ce sont les petites fleurs des champs ! La grande différence entre la beauté des fleurs et celle d’une oeuvre est que celle de l’œuvre a été voulue, elle est intentionnelle, elle est le fruit d’un esprit –et donc elle ne peut pas être dépourvue de signification comme l’est la beauté naturelle. L’oeuvre, justement parce qu’elle est œuvre (création d’un esprit) a nécessairement une signification spirituelle, signification qui justifie le jeu des formes (le style) sur lequel s’est arrêté Kant (et le formalisme en général). Par exemple, prenons le Guernica (1937) de Picasso :
Soit on en fait purement et simplement un nouvel ex (du coup un peu dévoyé) du cubisme ( je rappelle que le principe du cubisme est de juxtaposer / superposer différentes vues du même objet pour en montrer tous les aspects ) , soit on voit bien (je sais on voit mal sur ma reproduction !) disons on comprend bien que ce qui justifie ce choix et ce travail de la forme c’est de montrer les horreurs de la guerre, l’horreur de la guerre : le chaos (il n’y a pas d’unité visuelle), la désolation (choix des couleurs) , les visages écrasés, déformés , avec le personnage à droite, la gueule ouverte, les bras tendant vers le ciel, , dont on ne sait pas s’il est en train de tomber (le seul détail visible du personnage étant ses genoux à terre ) ou s’il est en train d’implorer le ciel pour que ça s’arrête (Guernica est une ville espagnole bombardée par les allemands durant la guerre d’Espagne), que Dieu ou quelqu’un le sauve.
Conclusion : faire de Guernica, et partant de toute oeuvre d’art, un pur exercice de style, c’est se tromper lourdement sur ce qu’est l’art. Si l’art a bien pour but de faire du Beau, la beauté est l’entr’expression du sens et de la forme (l’un exprime l’autre et vice versa).
1- Le beau bouleverse
Ce qui est beau est certes ce qui nous plaît, mais, plus encore, ce qui nous émeut, ce qui nous bouleverse. L’expérience esthétique, ou l’expérience de la beauté, n’est pas anodine. On peut s’en apercevoir (malgré les réserves exprimées en objection) par l’expérience de ce que l’on appelle la beauté naturelle : beauté physique ou beauté d’un paysage. Cette expérience confère un privilège à l’objet qui la suscite : il sort de l’anonymat, devient unique à nos yeux et donne envie de rester auprès de lui, parce que cet objet donne alors un sentiment de bien-être, il nous comble. C’est ce que l’on peut voir aussi par exemple en architecture : ce n’est pas la même chose que d’habiter dans un HLM de banlieue, même s’il est fonctionnel, et d’habiter une maison en Bretagne ou une paillote sur une île. Le beau n’est donc pas un plaisir superflu, il répond à un besoin essentiel de l’homme : grâce à lui, l’homme peut se sentir chez lui, il peut se sentir bien quelque part. Le Beau nous permet donc de vivre pleinement, de cesser de se sentir étranger au monde : il nous rend le monde familier, et, par là, nous rend heureux. C’est pourquoi on considère que l’expérience de la beauté est une expérience décisive : au milieu d’un environnement qui n’est jugé qu’en fonction d’un critère technique, fait d’objets qui ne valent pas pour eux-mêmes mais pour un but à atteindre, voilà tout à coup quelque chose qui vaut pour lui-même, qui donne de la joie, qui est beau. La beauté nous révèle donc ce qui nous satisfait, ce qui nous comble : il est ce qui nous indique ce qui est bon pour nous, ce que nous recherchons, le Bien, la Vraie vie. C’est ce que signifie la formule de Stendhal « La beauté est une promesse de bonheur. »
Il s’agit donc chez celui qui vit une émotion esthétique d’une véritable révélation : il vivait avant sans savoir pourquoi, par habitude, sans même en être conscient et tout à coup il a une révélation du sens de la vie , non entendu comme discours rationnel (cf plus bas) mais comme révélation d’une émotion , l’émotion de la beauté, de ce qu’est la vie quand elle vaut la peine d’être vécue, révélation de ce c’est qu la grâce ( entendue à la fois comme Salut –on a un sens à sa vie-, comme gratitude e comme légèreté). Il s’agit dés lors de vivre à la hauteur de cette émotion, de régler sa vie sur cette émotion – car ce serait déchoir, se maltraiter, que de continuer à vivre comme avant, quand on ne savait pas ce qu’est la vraie vie.
La beauté a donc une signification spirituelle fondamentale, qui n’a rien à voir avec le pur plaisir GRATUIT dont parle Kant. La beauté nous bouleverse parce qu’elle nous donne, de façon intuitive, ou émotionnelle, accès au Vrai (sur la vie), et au Bien (à savoir qu’elle nous indique la valeur de toute chose)
2- L’artiste est visionnaire
L’artiste, qui produit volontairement le bel objet, est donc quelqu’un qui non seulement est doué en tant qu’artisan, c’est-à-dire qu’un bon artiste a nécessairement du talent, mais il est aussi génial, c’est-à-dire qu’il est inspiré, qu’il sait parler à ses contemporains, qu’il sait ce qu’est la vie actuelle, qu’il sait chercher et présenter les traces de la vraie Vie dans le monde actuel. L’artiste est à la fois celui qui nous dit quelque chose de vrai sur la vie, qui décrit la condition humaine, mais aussi celui qui sait nous indiquer comment être heureux. Il a donc une fonction essentielle pour l’humanité : il remplace le philosophe, qui devrait dire également ce chemin du bonheur, mais qui le fait de façon si compliquée que cela devient incompréhensible (quiconque a déjà essayé de lire La critique de la raison pure comprend parfaitement cela cf par exemple, si vous voulez vous amusez, texte 9 p 298).
Si l’artiste remplace, supplante le philosophe, c’est qu’il sait parler le langage qui touche directement l’homme, langage qui n’est pas celui du raisonnement, mais celui de la sensibilité, de l’émotion, qui, elles, nous touchent directement, et au plus profond de nous-mêmes : comparez par ex le Requiem de Mozart, qui en une heure environ vous bouleverse et vous donne à vivre ce qu’est le deuil, avec sa tristesse et sa colère, et la puissance émotionnelle qui se dégage des propos philosophiques sur le même sujet (par ex Epicure : « la mort n’est rien pour nous, car tout bien et tout mal résident pour nous dans la sensation : or la mort est privation de toute sensibilité. » (Lettre à Ménécée) : on voit bien que la philo, et le discours rationnel, logique en général, passe à côté de l’essentiel : la vie et l’émotion qui s’en dégage. Mozart nous apprend quelque chose, nous fait vivre quelque chose, Epicure : rien.
On distingue donc les vrais artistes des usurpateurs par le contenu de signification des oeuvres, par la profondeur et l’importance du message qui y est transmis. Tout ce qui est art est génial, tout ce qui est mauvais est dénué de signification réelle. Il va de soi, dans ce cadre, que tout ce que l’industrie culturelle produit n’est pas très riche en sens, le but étant le commerce, l’argent et non le beau : on a alors une dénaturation de l’art. L’œuvre d’art est sacrée (= elle a une signification essentielle pour la vie, elle est la vie) ou elle n’est pas - et avoir une émotion esthétique en écoutant Lorie, c’est quand même vachement dur ! L’industrie (car Lorie est un produit, fait pour être vendu, tant pis si on anarque des gamins) est la contrefaçon de l’art : de fait, Lorie chante (elle n’est pas bouchère) : ça ressemble donc à de l’art, mais ce n’est pas de l’art, c’est de la technique, avec packaging (le look, la « chorégraphie »), campagne de promo…tout comme du camembert ou un yaourt. (mes excuses à tous les fans de Lorie !).
B- ILLUSTRATION : LE ROMANTISME
kant
Le romantisme, ou théorie du grand Art, se développe au XIX, précisément après le constat dressé par Kant lui-même dans la critique de la raison pure : car ce que Kant nous dit dans cette oeuvre, fort compliquée au demeurant, c’est que la philo n’a rien à dire sur la vie et sur son sens parce qu’elle n’en a pas les moyens (critique de l’intuition intellectuelle, mise en évidence du fait que toute connaissance commence par la sensibilité). Les Romantiques enregistrent cette impuissance reconnue des philosophes à guider l’humanité, à l’éclairer sur son sort, sur le sens de la vie, et imputent cet échec au rationalisme. L’homme n’est pas d’abord un être rationnel, c’est d’abord un être sensible, émotionnel- animé de ce désir de sens, de ce désir de ne plus souffrir de l’absence de sens de l’existence, il veut en finir avec son exil dans ce monde, trouver enfin un Heimat (= en allemand, un foyer, un chez-lui). Les thèmes romantiques dés lors sont ceux de l’errance dans un monde qui n’est pas le nôtre (celui de la raison, de la science, de la technique) et l’appel de la beauté : la vraie vie est ailleurs.
1- Schopenhauer
Je vais aller vite car on a déjà vu les tenants et les aboutissants de la philo de Schopi (pour les intimes) dans le ch 2. « L’art est une contemplation, indépendamment du principe de raison » On a vu que pour Schopi, la vie, telle que la majorité des hommes la mènent spontanément, n’a pas de sens : les hommes sont gouvernés par le désir, ils vont d’objets en objets, de déception en déception, de la souffrance à l’ennui .c’est que chaque homme croit fermement en deux principes qui sont faux : le principe de finalité (la vie est faire pour être heureux) et le principe d’individuation (je suis un individu différent, séparé à la fois des autres et du reste de la nature). Or, l’homme est un être naturel comme les autres (matérialisme) et tant qu’il croira échapper au destin commun, il fera son malheur lui-même (par le biais du désir). Comment lui rendre sa lucidité ? Le seul moment où l’homme est passif, c’est justement dans la contemplation de l’œuvre d’art, il n’ y a que là où son désir ne le pousse pas à agir (de fait il ne fait rien).c’est dans ce moment de relâchement de l’emprise du désir sur l’individu que celui-ci peut être à même d’entendre ce que l’artiste a à lui dire : la vérité sur la vie, à travers l’œuvre, la prise de conscience que ce que dit ou ressent l’artiste est exactement ce que l’individu sait de la vie : c’est donc bien , en acte, la chute du principe d’individuation : mon destin , ma vie, mes sentiments les plus intimes sont révélés dans l’œuvre, œuvre qui me montre le destin tragique et absurde des êtres sous l’emprise du désir – et qui, par là même, m’invite à renoncer au désir, à ne plus rien vouloir, pour trouver enfin de la sérénité, sérénité exprimée par la musique. 2- Le PREMIER Nietzsche : « Sans la musique, la vie serait une erreur »
Chez le premier Nietzsche, (= celui de la Naissance de la Tragédie, 1872) sous l’influence de Wagner, l’art majeur, c’est la musique. La musique n’est pas quelque chose que l’on écoute bien calé dans son fauteuil, la musique, c’est la fête : le corps suit immédiatement le rythme ou les sentiments exprimés par la musique : il danse. L’état dionysiaque, c’est l’homme qui mime physiquement ce qu’il ressent. Nietzsche fait alors référence aux bacchanales, ou fêtes de Dionysos, qui étaient, dans la Grèce Antique, l’occasion pour le peuple d’une gigantesque fête où chacun oubliait son identité grâce à la musique et à la danse : il s’agit là de l’épreuve suprême puisque la première illusion dont il faut se défaire, la plus vicieuse, parce que la plus ancrée en nous, est celle qui relève du principe d’individuation : nous croyons tous être des êtres uniques, séparés de la nature et des autres hommes, alors qu’en fait nous ne sommes que des êtres naturels, tous identiques au fond, tous des membres de la même espèce naturelle : il y a une unité fondamentale de l’espèce humaine, de la nature et de la Vie. La fête, c’est la vérité de l’homme et la vérité de l’art : la fusion dans l’unité, où chacun perd son unicité et sa solitude en participant, c’est-à-dire en buvant, en chantant et en dansant. La musique seule permet à l’homme de s’affranchir provisoirement des limites étroites de l’individuation, de transcender la souffrance inhérente à la séparation, d’être en fusion avec les autres et avec la vie : d’être heureux.
Ce que construit Nietzsche, en accord avec Wagner, c’est un projet politique à partir de la musique : si la vraie vie est dans l’abandon du principe d’individuation, cela signifie que toute vraie politique (comme projet de destin commun d’une nation) ne pourra être que démocrate et non libérale (je rappelle que le principe du libéralisme est la défense de la liberté individuelle, notamment contre l’intrusion collective qui est vue comme conformisme) : Nietzsche et Wagner veulent fonder (sans rigoler) un Etat allemand sur la musique – en l’occurrence celle de Wagner, qui est censée exprimé ce qui est typiquement allemand . De fait, Wagner construit le « temple » de ce nouvel Etat allemand à Bayreuth, où il donne à jouer ses opéras, qui sont exceptionnellement longs (3jours !). Lors du premier spectacle, en 1876, Nietzsche est là et se rend compte de la catastrophe : en fait de renaissance de la nation allemande, on a des buveurs de bière, des bavarois qui sont lourds, lourds comme la musique de Wagner : c’est un choc, et Nietzsche deviendra l’ennemi de Wagner autant que de sa première philosophie- d’où le « deuxième » Nietzsche, qui déteste les rêveurs, les faibles et le romantisme (c’est celui que l’on étudie en général)
C- LA CRITIQUE DU GRAND ART
1- Freud (contre la vérité et la sacralisation de l’art)
L’art ne renvoie pas à la vérité mais au désir, l’inspiration n’existe pas, mais notre désir est à nous-mêmes mystérieux, et son pouvoir excède la conscience que nous en avons. En fait, l’œuvre n’est que le reflet de nos désirs inconscients, d’où elle donne du plaisir à l’artiste lors de sa création - ce qui revient à dire qu’elle satisfait son goût, ainsi que celui du spectateur. C’est que l’artiste prend soin de donner une forme universellement acceptable à ses désirs. L’art devient ainsi un moyen de se rapporter, de vivre ses désirs, moyen qui s’appuie sur la sublimation. En effet, selon Freud, il y a trois façons de vivre ses désirs :
- la névrose, fruit du refoulement, par lequel les tendances perverses sont chassées de la vie consciente et ne s’extériorisent plus que sous forme morbide, culpabilisante -,
- la perversion où l’adulte, qui n’a pas renoncé à sa sexualité infantile extériorise celle-ci, on a alors une sexualité anachronique
- la sublimation, par laquelle les tendances refoulées ne sont plus ni satisfaites , comme dans la perversion, ni refoulées , comme dans la névrose, mais déplacées quant à leur but : on investit ailleurs l’énergie inapaisée de ses désirs infantiles. *
Les joies de la sublimation sont plus élevées et socialement plus valorisées ; l’artiste est producteur d’oeuvres, qui, semblables en cela au rêve, accomplissent nos désirs , en nous protégeant à la fois donc contre le monde extérieur (condamnation sociale) et les angoisses du monde intérieur (désir censuré) . L’art réalise nos désirs d’enfant et nous rend heureux : c’est cela le plaisir esthétique pour Freud. Tandis que les pervers et les névrosés s’enferment dans leur enfance, l’artiste la prolonge, garde le rêve et le jeu - puisque l’artiste, comme l’enfant, invente un monde imaginaire, dans lequel la réalisation des désirs est possible, mais sans jamais confondre imaginaire et réalité. L’art n’est autre chose que le devenir réel du fantasme, l’élaboration esthétique est essentielle puisque c’est elle qui rend possible cette réalisation en masquant le désir sous ses aspects les plus crus, les plus choquants.
Ex : Le Dormeur du Val, de Rimbaud - si la nature est la mère, ce qui est une équivalence symbolique classique, alors ce poème n’exprime rien d’autre que le désir de fusion avec la mère (voir en particulier la troisième strophe), de retour à l’état foetal pour échapper au monde des adultes, qui est vu uniquement comme agressif, comme porteur de mort :
C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
2- Le deuxième Nietzsche (contre l’artiste visionnaire) Nietzsche, s’il est resté fidèle à la musique, critique le romantisme, et en particulier la notion de génie, dans laquelle il ne voit qu’une mystification, destinée à abuser un public qui ignore tout de la genèse laborieuse d’une œuvre, qui passe son temps à se reprendre tout en prenant soin d’effacer toute trace de cette pénible gestation : ainsi ce qui paraît aisé et naturel, fruit d’une habileté hors pair n’est que le fruit d’un travail perpétuel. Ce qui fait ainsi la différence entre l’artiste médiocre et le « génie » n’est rien d’autre que la puissance de travail d’une part, et la capacité à critiquer son propre travail, d’autre part. L’artiste pense constamment à son œuvre, s’y exerce chaque jour, en produisant ainsi des choses de diverses qualités qu’ensuite il trie et compose.
« En vérité l’imagination du bon artiste, ou penseur, ne cesse pas de produire, du bon, du médiocre et du mauvais, mais son jugement, extrêmement aiguisé et exercé, rejette, choisit, combine : on voit ainsi aujourd’hui, par les Carnets de Beethoven, qu’il a composé ses plus magnifiques mélodies petit à petit, les tirant pour ainsi dire d’esquisses multiples (...). Tous les grands hommes étaient de grands travailleurs, infatigables quand il s’agissait d’inventer, mais aussi de rejeter, de trier, de remanier, d ’arranger . » Humain, trop humain. I, § 155
A - ARGUMENTAIRE