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cours de spécialité DURKHEIM

    Intégration et solidarité ou ce qui fonde le lien social pour Durkheim…

 Durkheim va tenter de démontrer que la division du travail est nécessaire à l’existence des sociétés. Il va chercher à  décrire les caractéristiques de la solidarité sociale tout au long de l’évolution des sociétés. Pour ce faire, il porte son  attention sur deux éléments :

 ·  L’évolution de l’ordre social, c’est à dire la place des individus dans le fonctionnement de la société ;

 ·  L’évolution de l’ordre moral, c’est à dire ce qui fait que les individus sont « attachés » les uns aux autres. De ce

 point de vue, l’observation de l’évolution du système de règles juridiques ou du droit va constituer un précieux

 outil d’interprétation.

 Durkheim procède à l’analyse approfondie des sociétés qu’il va classer en deux grandes catégories :

 ·  Les sociétés inférieures ou traditionnelles ou primitives ;

 ·  Les sociétés les plus élevées ou complexes ou modernes.

 Chacun de ces deux types de société se caractérise par une forme de solidarité différente : la solidarité mécanique et la  solidarité organique.

  A) La division du travail fonde le lien social

 1) Rôle et fonction de la division sociale du travail

 Durkheim rejette les analyses qui fondent le lien social sur la recherche de l'intérêt individuel et sur le  marché. Contrairement aux économistes libéraux, il considère que le marché ne peut durablement  rassembler les hommes.

 C'est la division du travail qui augmente la solidarité et l'interdépendance entre les membres d'une société.

 La division du travail est lasource de la solidarité sociale.

 La division du travail telle que l’entend Durkheim n’est pas celle des économistes. Alors qu’Adam Smith y voit un moyen d’accroître la productivité et les richesses produites (> division technique du travail au sein des unités de production), E. Durkheim la conçoit comme un phénomène social (> division du travail sociale) qui repose sur le partage des fonctions jusque-là communes à tous les individus et qui va générer du lien social. En impliquant une diversification des activités et en spécialisant les individus, elle favorise, de ce fait, l’échange des compétences et les relations d’interdépendance. L’individu se révèle tout en étant lié aux autres car seul, il ne peut survivre !

 Cette spécialisation reconnue par Durkheim va surtout permettre aux individus de vivre en harmonie

 parce qu’elle crée entre eux un lien incontournable : la complémentarité !

    Qu’est-ce que la division sociale du travail ou division du travail social ?

 La division sociale du travail se traduit par la répartition des rôles et des fonctions (politiques,  économiques, religieuses, sociales, etc.) entre les membres de la société. Chacun est ainsi spécialisé dans  une fonction, un rôle qui le rend complémentaire des autres et crée ainsi du lien social.

 La véritable fonction de la division du travail est de créer entre les personnes un sentiment de  solidarité, de contribuer à l'intégration générale de la société et d'être un facteur essentiel de la  cohésion sociale.

 Remarque : l'origine de la division du travail n'est donc pas la recherche du progrès économique  (augmentation de la quantité de richesses présentes dans l’économie).

 2) La division sociale du travail se manifeste de diverses manières

 Selon Durkheim, la division sociale du travail unit les individus dans des domaines aussi divers que

 l’économie, la famille, la politique. C’est un phénomène très large qui concerne la société toute entière.

 A travers de nombreux exemples, Durkheim présente la dimension sociale de la division du travail :

 ·  Le cas des rapports entre amis : ils reposent sur de la complémentarité, chacun jouant un

 rôle en affinité avec sa personne (caractère, centres d’intérêt, etc.) et faisant profiter autrui de

 ses compétences. La division du travail produit bien ici un effet moral, elle crée de la

 solidarité entre deux ou plusieurs personnes.

 ·  Au sein de la famille, le cas des rapports de couples : chaque conjoint assume une fonction

 qui permet un équilibre relationnel au sein du couple. La division du travail, qui est ici sexuelle,

 a pour but de créer et de renforcer la solidarité conjugale.

 ·  On peut également la repérer au niveau politique. Chaque responsable politique exerce à  son niveau d’investiture une fonction qui le rend complémentaire des autres. Ainsi, tel ou tel  Ministre vient compléter l’action de tel ou tel conseiller régional par exemple. Les fonctions  politiques sont ainsi complémentaires les unes des autres. Chacun apportant sa contribution  (compétence, idées, notoriété, …) à l’édifice politique !

 3) Les causes du développement de la division du travail

 Selon Durkheim, les causes du développement de la division du travail ne sont pas économiques mais  sociales (RAPPEL : « il faut expliquer un fait social par un autre fait social »).

 En l'occurrence, c'est l'accroissement de la densité matérielle et morale de la société qui induit  l'approfondissement de la division du travail.

 La densité matérielle résulte de l'accroissement démographique : c'est le nombre d'individus sur une

 surface donnée au sol. Or, dans l’évolution des sociétés européennes, on assiste à un double phénomène d’augmentation de la population et de concentration des populations sur des zones de plus en plus exiguës.

 Ainsi, l’industrialisation se traduit par un exode rural important, ensuite, l’urbanisation et son extension

 encouragent cette densité matérielle et enfin, cette concentration et cette urbanisation favorisent et

 amplifient les échanges sociaux.

 La densité morale traduit justement cette intensité des communications et des échanges entre les individus (c’est le résultat de la densité matérielle).

 Qu’est-ce que l’intégration sociale ?

 L’intégration sociale peut se définir comme une situation ou un processus d’insertion au cours duquel  un individus ou un groupe d’individus trouve (ou a trouvé) sa place dans un même ensemble (collectivité, société) ; ce qui aboutit à la formation d’un ensemble cohérent.

 Qu’est-ce que la cohésion sociale ?

 Il y a cohésion sociale lorsque la société conserve son unité, c’est à dire lorsqu’elle est capable de faire coexister ensemble et de manière relativement harmonieuse des individus très différents par leur caractéristiques. On peut donc parler de cohésion sociale lorsque chaque individu y a sa place ! ! !

 Remarque : la cohésion sociale dépend de la capacité d’une société à maintenir, voire même à renforcer les liens entre les membres qui la composent.

 La division du travail engendre la cohésion sociale et l’ordre social. Elle crée une harmonie dans les rapports qu’entretiennent les individus les uns par rapports aux autres et ce, quel que soit le domaine de l’activité sociale observé.

 Donc plus une population est nombreuse sur un territoire donné, plus les échanges entre les individus sont fréquents et plus la division du travail est développée.

 OU ENCORE…

 Plus les individus qui doivent vivre ensemble sont nombreux, plus la lutte pour la vie est intense. La division du travail va constituer une solution pacifique à cette lutte. En effet, la division du travail se traduit par la spécialisation des individus dans une fonction particulière ; chaque individu se différencie donc des autres. Ces individus différents, ayant des rôles et des fonctions distincts deviennent donc complémentaires au lieu d’être concurrents.

 Remarque : on ne peut rechercher les causes de la division sociale du travail sans faire référence aux possibilités de mobilité sociale qu’elle offre. Avec l’évolution de la division du travail, les tâches ou les fonctions prises en charges par l’individu ne sont donc plus arrêtées de manière définitive mais peuvent changer. En donnant la possibilité à l’individu de modifier son statut social, c’est à dire la place qu’il occupe dans la société, la division du travail encourage le changement social, et sa propre intensification !

 Grâce à la division sociale du travail, les sociétés évoluent vers la modernité et ne se reproduisent plus à l’identique.

 B) Le lien social : des sociétés traditionnelles aux sociétés modernes.

 Le XVIIIème siècle a introduit une rupture fondamentale dans l’histoire des hommes et des sociétés. La révolution industrielle et la révolution française ont bouleversé le paysage social. Il y a désormais un « avant » et un « après ». Au cours du XIXème siècle, de nombreux auteurs (parmi lesquels E. Durkheim) se sont penchés sur la nouvelle donne introduite par les changements de toute nature survenus dans la vie sociale à la suite des bouleversements scientifiques, techniques, démographiques, politiques et juridiques de cette fin du XVIIIème.

 par souci de mettre en évidence la spécificité du monde industriel moderne, ils ont été amenés à analyser les « sociétés préindustrielles » ou « sociétés traditionnelles » et à mettre en évidence ce qui fonde la solidarité dans chacune d’entre elles.

 1) Les sociétés traditionnelles : des sociétés très unitaires

 Ces sociétés présentent un certain nombre de caractéristiques :

 o Sociétés simples et peu différenciées (forte unité de situations entre les membres qui les composent) ;

 o Le cadre de vie le plus répandu est le village ;  

 

 

 o Le poids des traditions y est très fort ; 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

o Le faible niveau de progrès technique ne favorise pas le spécialisation des individus dans des tâches précises. La division du travail y est donc très réduite ;

 o Les sentiments communs sont très forts. Ainsi, les individus partagent les mêmes sentiments,

 obéissent aux mêmes croyances et aux mêmes valeurs (religion, famille, fatalisme, etc.).

 L’individualisme est inconnu tant la volonté du groupe s’impose à l’individu (= forte conscience collective). L’individu s’efface au profit de la collectivité ;

 o La pensée et les conduites des individus sont déterminés par la volonté de l’ensemble de la  communauté. Tout manquement aux valeurs et aux normes de conduites partagées par le groupeentraîne une lourde sanction (expiation). C’est le prix à payer pour assurer la pérennité du groupe tout entier.

 Qu’est-ce que la conscience collective ?

 Selon Durkheim, « c’est un ensemble de croyances et de sentiments communs à la moyenne desmembres d’une même population ». Plus cette conscience collective est forte et plus la société s’impose à l’individu et règle ses comportement quotidiens. Il a donc peu d’autonomie par rapport au groupe dans lequel il vit.

    o Dans ces sociétés règne un droit répressif. Il a donc explicitement pour but de mettre hors d’état de nuire tout membre de la communauté qui par ses écarts de comportement mettrait le groupe en péril.

 Emile Durkheim parle de « solidarité mécanique » pour décrire la solidarité qui unissait les membres de ces sociétés. Par cette expression il montre que les individus étaient liés automatiquement par leur style de vie, l’état de leurs techniques, leurs croyances communes. Dans ce cadre, les individus se rassemblent et partagent les mêmes sentiments, d’où leur faculté à s’unir et à coopérer. Un évènement concernant la vie du groupe devait entraîner immédiatement une réaction collective. Ainsi, le déclenchement d’un feu ameute la population qui fait – mécaniquement - la chaîne pour éteindre l’incendie, puisqu’il n’y a pas d’organe spécialisé pour combattre le sinistre.

   2) Les sociétés modernes : des sociétés éclatées, plus individualistes mais néanmoins solidaires

 En l’espace de quelques générations, des siècles d’habitudes et de croyances vont être remis en cause L’industrialisation du XIXème siècle a entraîné le développement de l’urbanisation, l’exode rural, la naissance de la classe ouvrière, des changements dans les valeurs… autrement dit, c’est tout l’édifice social qui s’est trouvé bouleversé. Dans ce nouveau contexte, la solidarité va se manifester d’une autre manière que dans les sociétés traditionnelles.

 les sociétés « modernes » ou sociétés « industrielles » présentent elles aussi un certain nombre de caractéristiques :  

 

 

 

o Sociétés complexes dans lesquelles il existe une très forte hétérogénéité sociale (= grande  

différences de situations entre les individus qui la composent) ;  

o L’autonomie individuelle et la liberté d’agir et de penser sont des valeurs de référence. Rien ne doit entraver l’action de l’individu et tout le système juridique sera construit autour de cette idée.  

o L’individu s’affranchit donc des contraintes traditionnelles imposées par la parenté ou encore

 l’appartenance à un lieu. L’individu constitue la valeur centrale de la société. L’individualisme est de plus en plus fort. on assiste au sein des sociétés modernes, au développement de la conscience individuelle. Cela signifie donc que de plus en plus d’individus considèrent leurs idées, comme supérieures aux idées communément partagées dans la société à laquelle ils appartiennent.  La contrepartie est donc un affaiblissement de la conscience collective ! 

 

 

o Les échanges y sont nombreux et la division du travail y est forte. De sorte qu’il se développe une complémentarité entre les individus, nouvelle source de lien social.  

o Dans ces sociétés règne un droit restitutif. Dans le cadre du droit restitutif, la violation des règlesjuridiques entraîne des mesures réparatrices visant à remettre les choses dans l’ordre. Ainsi, chaque individu ayant un rôle à jouer important pour la société, il ne peut être châtié ou expié lorsqu’il s’est éloigné de la norme. Il subira seulement une sanction qui permette d’obtenir  réparation pour le désordre occasionné !

 Le développement de la conscience individuelle se retrouve dans la montée en force de « l’individualisme ». Ce terme au sens courant est synonyme d’égoïsme, de repli sur ses seuls intérêts personnels. Au sens sociologique (celui que nous retiendrons !), il traduit le fait que l’individu devient plus autonome par rapport au groupe ou à la société auxquels il appartient et privilégie sa sphère privée (libre choix du conjoint, libre arbitre, libre gestion de sa vie professionnelle, etc.).  

 

 

NB : cette autonomie demeure relative car l’individu demeure toujours soumis à un certain nombre de règles et de principes de vie en société de même qu’à certaines forces sociales (voir le phénomène de reproduction sociale dans le  

La sanction permet de réparer le préjudice afin de maintenir la coopération entre les individus. est la raison pour laquelle ce sont progressivement mis en place le droit commercial, le droit administratif, etc.  

Emile Durkheim parle de « solidarité organique » pour décrire cette nouvelle forme du lien social. La cohésion sociale ne se fait plus par le biais des solidarités des anciennes sociétés. C’est la division du travail qui va être source de solidarité. En effet, elle est à l’origine d’un processus de différenciation au terme duquel les individus vont être obligés de s’échanger des biens et des services, donc de nouer des relations sociales, chaque individus étant complémentaire des autres.  

Cette division du travail relie entre eux des individus très différents et elle les constituent en un  

groupe unifié. Dans ce cadre, les individus se complètent parce qu’ils sont différents, d’où leurs  

nécessaires liens d’interdépendance. Par conséquent, la division sociale du travail est source de 

solidarité sociale 

C) Les formes pathologiques de la division du travail

  Normalement, l’intensification de la division du travail doit augmenter la solidarité et l’interdépendance entre les membres de la société, mais il arrive qu’elle ait des effets contraires.  

 

 Dans ce cas, Durkheim parle de formes « anormales » ou « pathologiques » de la division du travail. Il repère les situations possibles où la division sociale du travail dysfonctionne (c’est à dire ne parvient pas à créer du lien social).  

Il traite surtout de la division anomique du travail, mais précise également que la division du travail contrainte peut avoir les mêmes effets.  

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M
oui, c'est le cours de spé
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D
Est ce aussi un cours de spé ?
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