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ECONOMIE/ LE REVEUNU DE SOLIDARITE ACTIVE

Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h à 18h
  Du grain à moudre

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Podcast


 
 
émission du mercredi 30 mai 2007
Revenu de solidarité active : va-t-il améliorer l'accès à l'emploi ?

 

 
  Invités

 
Bernard Brunhes.  Fondateur et Directeur de Bernard Brunhes consultants (groupe BPI).
Président d'Emmaüs Habitat et de France Initiatives.

 
Julien Damon.  Membre fondateur de l'Agence nouvelle solidarité active.
Membre de la Commission "Familles, vulnérabilité, pauvreté" présidé par Martin Hirsch de janvier à avril 2005.
Responsable du département "Questions sociales" du Centre d'analyse stratégique. Professeur associé à Sciences-Po.

 
Noëlle Burgi.  Chargé de recherche au CNRS.


 
 


           
les livres
 

 
 

 
Julien Damon
Des hommes en trop : essai sur le vagabondage et la mendicité
Editions de l'Aube - 22/01/96
 

Traite de l'histoire de la répression des vagabonds et du problème de la multiplicité des compétences en France, qui nuit à des aides efficaces et à une prise de responsabilité claire.
[Livre épuisé mais disponible en bibliothèque].

 
 

 
Noëlle Burgi
La machine à exclure : les faux-semblants du retour à l'emploi
La Découverte - septembre 2006

Voir le site

Panorama des difficultés rencontrées par les populations rejetées par le marché du travail en France. L'auteure contribue au débat sur la question sociale et apporte un éclairage original.
 
 
Un revenu de solidarité active pour favoriser le retour à l'emploi
LE MONDE | 21.04.05 | 15h31  •  Mis à jour le 21.04.05 | 17h06

Martin Hirsch, président d'Emmaüs France, présente son livre "Manifeste contre la pauvreté" à l'émission de télévision "Vol de nuit", le 2 mars 2004. | SOULOY FRÉDÉRIC/GAMMA

SOULOY FRÉDÉRIC/GAMMA
Martin Hirsch, président d'Emmaüs France, présente son livre "Manifeste contre la pauvreté" à l'émission de télévision "Vol de nuit", le 2 mars 2004.

Ils se sont réunis trois mois durant, ils ont confronté leurs savoirs et leurs expériences, ils ont visité la Maison pour tous d'Angers, le dispensaire de Médecins du monde de Marseille ou le Jobcentre de Highgate, à Londres. Au terme de ce voyage au pays de la pauvreté, les membres de la commission Hirsch ont placé leur travail sous le signe de la responsabilité : "Au possible, nous sommes tenus", proclament-ils en exergue de leur rapport, rendu public jeudi 21 avril.

 

Chargée par Philippe Douste-Blazy d'un rapport sur "la famille, la vulnérabilité et la pauvreté", la commission a réuni des membres venus de tous les horizons : des "personnalités qualifiées", comme Claire Brisset, la défenseure des enfants ; Eric Maurin, économiste à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) ; Serge Paugam, chercheur au CNRS ; Gaby Bonnand, secrétaire national de la CFDT ; Maryse Dumas, secrétaire confédéral de la CGT ; Paulette Guinchard-Kunstler, vice-présidente (PS) de l'Assemblée nationale, y côtoyaient des représentants d'associations de lutte contre les exclusions, des dirigeants de la Caisse nationale des allocations familiales ou des représentants du mouvement familial.

 

"TRAPPES À INACTIVITÉ"

 

Dirigée par le président d'Emmaüs-France, Martin Hirsch, la commission est partie d'un constat : en France, selon le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale, un million d'enfants vivent sous le seuil de pauvreté (Le Monde du 18 février 2004). Et elle a adopté d'emblée un parti pris : plutôt que de faire un rapport d'experts ou d'énumérer les mesures-phares d'un plan miracle, elle a décidé d'embrasser l'ensemble des problèmes soulevés par la pauvreté. "Combattre la pauvreté des familles concerne toutes les grandes politiques publiques : la politique fiscale, la politique économique et sociale, la politique familiale, la politique de l'emploi, la politique de la santé, la politique de l'éducation et la politique du logement", résume-t-elle.

Comment lutter contre la pauvreté ? En commençant, dit-elle, par souscrire un engagement collectif assorti d'objectifs chiffrés. Comme l'a fait, en Grande-Bretagne, Tony Blair, la commission propose donc que la France se fixe un horizon : ne plus compter un enfant pauvre d'ici quinze ans, en 2020. Un tiers de l'objectif devra être atteint au bout de cinq ans, les deux tiers à l'horizon de dix ans. "Ces objectifs doivent engager l'Etat, mais aussi les partenaires sociaux, les différents échelons décentralisés et les associations."

Une fois cet objectif défini, la commission pose un principe : pour réduire la pauvreté des familles, il faut qu'elles puissent vivre dignement de leur travail. Et, dans ce domaine, les politiques publiques se heurtent à un écueil : en France, les bénéficiaires des minima sociaux ont souvent intérêt à ne pas travailler pour ne pas perdre les revenus de la solidarité nationale. Ces "trappes à inactivité" pénalisent ceux qui souhaitent reprendre un emploi : pour un couple au RMI qui reprend le travail, les gains liés à leur nouvelle activité sont en partie effacés, par exemple, par la perte de la couverture-maladie universelle (CMU) ou le recours à un système de garde d'enfants. "Les allocataires de minima sociaux continuent aujourd'hui à perdre de l'argent quand ils reprennent un emploi", constate le rapport.

Pour lutter contre l'absurdité de ces effets de seuils, la commission Hirsch plaide pour un renversement total de perspective : il faut, affirme-t-elle, "passer d'un système dans lequel on peut soit relever des prestations de l'assistance, soit entrer dans le monde du travail sans garantie de sortie de la pauvreté, à un système permettant de combiner revenus du travail et revenus de solidarité". Le principe de cette "nouvelle équation sociale" est simple : pour un citoyen qui vit de la solidarité nationale, chaque heure travaillée doit se traduire par une baisse des prestations inférieure à ce que rapporte le travail.

 

GAGNER EN SIMPLICITÉ

 

La commission propose donc de créer une nouvelle prestation, le revenu de solidarité active (RSA), qui intègre à la fois les minima sociaux comme le RMI, les aides fiscales comme la prime pour l'emploi et les prestations familiales. La situation des ménages qui ne travaillent pas ne changerait guère. Mais les familles qui appartiennent à l'univers en pleine expansion des working poor ­ "les travailleurs pauvres" ­ seraient mieux aidées : elles toucheraient à la fois leur salaire, un revenu complémentaire de solidarité active et des prestations familiales dépendant, comme aujourd'hui, du nombre d'enfants.

La création du RSA permettrait d'endiguer cette nouvelle forme de pauvreté que représentent les "working poor". Car aujourd'hui, le travail ne protège pas forcément du dénuement : en 2001, la France comptait près d'un million de personnes actives pendant six mois ou plus dans l'année (dont au moins un mois en emploi) vivant au sein d'un ménage pauvre. "C'est la notion de travailleur pauvre qu'il est proposé de combattre dans notre pays, sans pour autant affaiblir la situation de ceux qui n'ont pas encore pu retrouver une activité professionnelle", résume le rapport.

Cette réforme serait également l'occasion d'introduire de la souplesse dans les services sociaux : chaque famille se verrait proposer non plus une kyrielle d'aides distribuées par plusieurs guichets, exigeant chacun nombre de justificatifs, mais une prestation globale panachant différentes aides pour différents besoins. "Plutôt que de vérifier si les familles remplissent ou non les critères pour bénéficier de différentes prestations ou aides, il faut que les prestations s'ajustent pour répondre aux besoins des familles et évoluent en fonction de leur situation", résume le rapport Hirsch.

Cette "nouvelle équation sociale", qui se décline dans tous les domaines de la vie quotidienne, qu'il s'agisse de la garde des enfants, du logement, de la santé ou de l'éducation, a bien sûr un coût : à plein régime, la création du RSA représenterait un surcoût net de quatre à huit milliards d'euros. Pour les financer, la commission propose trois pistes : le redéploiement d'autres dépenses publiques, la redistribution par la modification du quotient familial par exemple, ou l'articulation avec le financement des mesures pour l'emploi.

Puisque la nouvelle prestation a pour but de réduire le nombre de travailleurs pauvres, la commission suggère aussi de mettre les entreprises à contribution. Si le travail précaire et les emplois à temps partiel progressent plus que de raison, pourquoi ne pas leur demander un geste financier ou réduire leurs allégements de charge ? "Ce serait économiquement et socialement justifié", conclut la commission.

Anne Chemin
Martin Hirsch, le président d'Emmaüs au gouvernement

Le président d'Emmaüs France entre au gouvernement avec un titre original de Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté.
Par Liberation.fr
LIBERATION.FR : vendredi 18 mai 2007
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