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nvité du 11
e congrès de la Confédération européenne des syndicats (CES), mardi 22 mai à Séville, le gouverneur de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a croisé le fer avec ses hôtes, défendant devant un parterre de syndicalistes dubitatifs les bienfaits de la modération salariale.
"Les accords salariaux devraient éviter des évolutions salariales qui pourraient entraîner des pressions inflationnistes et affecter le pouvoir d'achat de tous les citoyens de la zone euro", a estimé M. Trichet, prévenant que la BCE ferait son possible pour empêcher une telle pression inflationniste. Et de justifier :
"Les pays de la zone euro qui ont été capables de préserver à un bas niveau la hausse des coûts du travail ont connu d'importants gains en matière d'emploi", tandis que
"nombre d'économies qui ont perdu en compétitivité ont aussi perdu des parts de marché et ont moins créé d'emploi". Jürgen Peters, président du puissant syndicat allemand IG-Metall, a fustigé cet éloge des bas salaires. Ils
"ne créent pas d'emplois (...)
, les gens n'ont pas d'argent", et
"malgré des augmentations de salaire modestes, nous avons perdu 600 000 emplois". Guglielmo Epifani, secrétaire général du syndicat italien CGIL, a pour sa part dit refuser la
"culture de diminution des salaires", qu'il a jugée
"inacceptable".
ENRAYER L'EFFRITEMENT DES FORCES SYNDICALES
Quatre ans après le dernier congrès de Prague et deux ans après le double "non" français et néerlandais au traité constitutionnel européen qu'elle soutenait, la CES entend faire de ce congrès de Séville celui de "l'offensive" pour "faire de l'Europe sociale une réalité".
Dès l'ouverture, lundi, les syndicalistes européens ont exposé leurs exigences, destinées à contrer "l'orthodoxie" de la Commission européenne : création d'un marché du travail européen, augmentation des salaires, régulation des fonds d'investissement, égalité hommes-femmes.
La journée de mardi a été marquée par l'élection d'une nouvelle direction. Le Britannique John Monks a conservé son poste de secrétaire général de l'organisation, et la Suédoise Wanja Lundby-Wedin est la première femme à être élue présidente.
Le premier défi des nouveaux dirigeants sera d'enrayer l'effritement des forces syndicales. Le taux de syndicalisation européen a chuté, de 50 % en 1970 à 30 % aujourd'hui, notamment du fait des suppressions d'emploi dans les industries traditionnelles – sidérurgie, mines, textile –, places fortes du syndicalisme. Les membres de la CES veulent tendre la main aux jeunes, aux femmes, aux employés des services, des populations que les syndicats peinent à organiser.