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e premier ministre, Dominique de Villepin, avait promis, lors de sa conférence de presse du 1
er juillet,
"de rompre avec les habitudes anciennes" et de
"remiser le rabot" de la réduction des effectifs. L'annonce de la suppression de 19 000 postes "équivalents temps plein" de fonctionnaires, compensée par 4 000 créations "ciblées" au budget 2007, s'inscrit pour partie dans cette logique. Face à une partie de sa majorité qui lui avait reproché de n'avoir supprimé "que" 5 300 emplois en 2006, le gouvernement veut profiter des échéances démographiques et de la réorganisation des services de l'Etat pour amplifier le mouvement.
En 2003 - les chiffres 2004 ne sont pas connus -, la France employait 5 032 000 fonctionnaires, dont 2 543 000 dans la fonction publique d'Etat (+0,5 % par rapport à 2002), 1 523 000 dans les collectivités territoriales (+4 %) et 966 000 dans les établissements hospitaliers (+2,9 %). Les collectivités locales ont absorbé 60 % des 98 000 emplois publics créés en 2003. Parallèlement, l'Etat continue de faire appel à des contractuels précaires, dont la proportion est évaluée entre 13 % et 15 %.
Le rééquilibrage interne dans le secteur public est, en premier lieu, la conséquence de toutes les mesures de décentralisation et de transfert de responsabilité de l'Etat vers les collectivités locales. Après les services de secours et d'incendie, le passage d'environ 95 000 personnels administratifs et techniques de l'éducation nationale vers les régions et les départements est intervenu à partir de 2006. Il devrait s'accompagner du transfert d'environ 20 000 agents de l'équipement, chargés des routes nationales.
La deuxième évolution profonde concerne les prévisions de départs à la retraite. Alors que l'impact de la réforme Fillon de 2003, qui obligera les fonctionnaires à travailler plus longtemps, n'a fait l'objet d'aucune étude précise, les prévisions font état du départ de 800 000 personnes d'ici à 2015, avec une accélération du rythme, de l'ordre de 75 000 à 80 000 salariés par an, à partir de 2007. Dans la fonction publique d'Etat, dont 31 % des agents ont plus de 50 ans, ces départs devraient concerner en premier lieu les personnels les plus qualifiés (cadre A).
Dans cette perspective, Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur et président de l'UMP, avait suggéré de ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux et de consacrer la moitié de l'économie réalisée à des hausses de salaires.
Depuis la mise en place de la loi d'orientation de la loi de finances (LOLF), les ministères doivent cibler leurs interventions. Parallèlement, sept ministères (agriculture, équipement, santé, culture, intérieur, travail et défense) ont adopté une démarche de "gestion de ressources humaines" pour identifier les métiers, les missions et les emplois correspondants.
Alors que ce processus est en cours, l'annonce de la suppression de 19 000 emplois ne pouvait que provoquer les réactions indignées des syndicats qui critiquent une "vision comptable". "La méthode est inacceptable. Il faut d'abord discuter du périmètre de l'Etat et des missions de service public", s'insurge Elisabeth David, secrétaire générale de la fédération UNSA. Principalement concerné dans l'éducation nationale, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, dénonce une "myopie économique et sociale dramatique (...) On ne peut pas demander d'améliorer le système éducatif en favorisant le chômage et la précarité".