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a Banque centrale européenne (BCE), qui a relevé, jeudi 8 juin, ses taux d'intérêt pour la troisième fois depuis décembre, va continuer prudemment mais sûrement à resserrer les vannes du crédit dans la zone euro, a laissé entendre son président, Jean-Claude Trichet.
Si le scénario de la BCE d'une reprise progressive de l'économie accompagnée de risques inflationnistes se confirme, alors il sera "nécessaire de réduire de nouveau le caractère accommodant de la politique monétaire", en clair augmenter de nouveau les taux, a déclaré le Français lors d'une conférence de presse à Madrid. La BCE, basée à Francfort, a pour coutume de réunir son conseil deux fois par an dans une capitale d'un Etat membre de la zone euro.
Elle avait annoncé plus tôt une hausse d'un quart de point à 2,75 % de son principal taux directeur, destinée à combattre les risques inflationnistes liés en grande partie à la flambée des prix du pétrole brut, mais aussi à l'envolée des crédits au secteur privé et de la masse monétaire. Et les risques persistent. "Les effets indirects du renchérissement déjà observé du pétrole et les hausses annoncées de la fiscalité indirecte devraient avoir un impact significatif sur l'accélération de l'inflation", a déclaré M. Trichet.
UN TON MOINS ALARMISTE SUR L'INFLATION
La BCE a relevé légèrement sa prévision d'inflation pour 2006, évaluée désormais à 2,3 %, et maintenu celle de 2007 à 2,2 %. Dans les deux cas, ces chiffres sont supérieurs à l'objectif de moyen terme de la BCE d'une inflation légèrement en dessous de 2 %. "Les taux restent bas", a aussi estimé M. Trichet, suggérant qu'il reste de la marge pour aller plus haut.
Parallèlement, le diagnostic sur la conjoncture demeure globalement bon, avec une consommation des ménages qui semble se réveiller. La BCE a maintenu sa prévision de croissance pour 2006 à 2,1 % mais abaissé sa projection pour 2007 à 1,8 % contre 2 % en mars, à cause principalement des "risques liés à l'envolée des prix du pétrole".
Suite à ces déclarations, l'euro a chuté à son plus bas niveau depuis un mois, tombant nettement sous 1,27 dollar à Londres. Une partie du marché avait en effet parié sur un geste plus agressif de la part des gardiens de l'euro, une hausse de 50 points de base. Le conseil des gouverneurs en a discuté, a reconnu M. Trichet, mais une majorité s'est prononcée en faveur d'un pas plus modeste. La force de l'euro face au dollar, conjuguée à la récente volatilité des marchés financiers ont incité les banquiers centraux à la modération. L'euro était de nouveau en baisse, vendredi matin, tandis que le marché reste prudent sur le dollar dans l'attente des chiffres du commerce extérieur américain.