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mue, les larmes aux yeux, Jesusa Reyes de Castillo a passé plusieurs heures devant la Maison du peuple, le siège de l'Alliance populaire révolutionnaire américaine (APRA), le parti pour lequel elle a toujours lutté. Et comme cette petite femme énergique de 84 ans, ils ont été des milliers à Lima à ne pas attendre les résultats complets de l'élection présidentielle péruvienne pour se retrouver et aller en masse saluer Alan Garcia, le chef de file de l'APRA.
| /http%3A%2F%2Fmedias.lemonde.fr%2Fmmpub%2Fimg%2Ficn%2Ffl-fen.gif) | LE PARTI DU PRÉSIDENT | | APRA. L'Alliance populaire révolutionnaire américaine a été fondée par Victor Raul Haya de la Torre en 1924. Pendant soixante ans, ce parti populiste a été la bête noire des militaires, son programme prônant l'anti-impérialisme et des nationalisations, mais aussi des communistes. L'élection d'Alan Garcia à la présidence, en 1985, a mis fin à ces affrontements. CONGRÈS. Depuis le 9 avril, l'APRA dispose de 36 députés contre 45 au parti d'Ollanta Humala, Union pour le Pérou. La droite compte 17 sièges, les partisans de l'ex-président Alberto Fujimori 13, le Front du centre 5, Pérou possible du président Alejandro Toledo 2, et les évangéliques de Restauration nationale 2. | /http%3A%2F%2Fmedias.lemonde.fr%2Fmmpub%2Fimg%2Ficn%2Ffl-sq.gif) | L'"interventionnisme" d'Hugo Chavez a été attaqué à la réunion de l'OEA | | Le soutien du président vénézuélien Hugo Chavez au candidat nationaliste péruvien, Ollanta Humala, a suscité la controverse à l'assemblée de l'Organisation des Etats américains (OEA), dimanche 4 juin, à Saint-Domingue. Ministre péruvien des affaires étrangères, Oscar Maurtua a réclamé que "la pratique interventionniste réitérée" de M. Chavez soit sanctionnée. Selon son homologue vénézuélien, Ali Rodriguez, le président du Venezuela n'avait fait que répondre aux attaques du candidat social-démocrate péruvien, Alan Garcia. "Les démocraties latino-américaines qui ont le sentiment que le Venezuela intervient dans leurs processus démocratiques se défendent, a déclaré le sous-secrétaire d'Etat américain Robert Zoellick. Ce n'est pas seulement le Pérou, mais aussi le Nicaragua et d'autres." "La rhétorique enflammée, l'intervention, même verbale, dans les affaires d'autres pays et la disqualification morale des options politiques d'autres (pays) membres ne contribuent pas au climat d'harmonie qui devrait exister", a regretté le secrétaire général de l'OEA, José Miguel Insulza. - (Correspondant à Saint-Domingue.) |
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Les instituts de sondages l'avaient annoncé dès la sortie des urnes, la tendance a été confirmée dans la soirée : le social-démocrate Alan Garcia est le nouveau président élu du Pérou. Dimanche 4 juin, alors que 83,96 % des votes avaient été dépouillés, le candidat de l'APRA avait recueilli 54,69 % des voix, contre 45,31 % pour le candidat nationaliste Ollanta Humala (Union pour le Pérou).
Après avoir effectué un premier mandat jugé catastrophique entre 1985 et 1990, le leader de l'APRA est de retour à la tête du pays et succédera, le 28 juillet, au président Alejandro Toledo. "Je remercie le peuple du Pérou qui nous a donné son vote majoritaire", a lancé M. Garcia dans un long discours. Conscient d'avoir bénéficié du report des voix de nombreuses forces politiques, il a affirmé que son gouvernement serait un "gouvernement de concertation, de dialogue et d'ouverture".
La victoire de M. Garcia s'est jouée à Lima, la capitale, qui abrite près du tiers de l'électorat. Alors que les Liméniens avaient voté en masse pour la candidate d'Unité nationale (droite), Lourdes Flores, au premier tour, le 9 avril, ils ont, dimanche, majoritairement appuyé la candidature "apriste". Selon des résultats partiels, M. Garcia y aurait recueilli 62,1 % des votes, alors qu'Ollanta Humala n'aurait convaincu que 37,9 % des électeurs de la capitale.
"SAUVEUR DE LA DÉMOCRATIE"
La côte nord du Pérou a confirmé sa préférence historique pour l'APRA, tandis que le candidat nationaliste a reçu l'appui massif des régions andine et amazonienne, et du sud du pays. Confirmant sa domination du premier tour dans les régions isolées et démunies, M. Humala a reçu le soutien de 80,9 % des électeurs d'Ayacucho, une province du centre du pays fortement ébranlée par la guérilla du Sentier lumineux. Majoritaire à Huancavelica (72,1 %), Cuzco (69,85 %), Puno (67,83 %) ou encore Arequipa (63,8 %), l'ancien militaire assure sa suprématie dans le sud du Pérou, qui s'affirme comme un bastion nationaliste.
"En un an, nous avons réussi à construire un mouvement politique, s'est félicité M. Humala, dimanche soir, après avoir pris connaissance des premiers résultats officiels. La carte politique du pays a changé. Nous sommes arrivés à réveiller les consciences." Rappelant qu'Union pour le Pérou sera la première force politique au Congrès, M. Humala a appelé les forces de gauche et les syndicalistes à s'unir derrière le projet nationaliste. "A partir de demain (lundi) commence la "grande transformation", que ça plaise ou non aux groupes de pouvoir", a-t-il affirmé.
Après avoir pris connaissance des résultats, M. Humala a reconnu sa défaite. "Conformément à notre engagement démocratique, nous reconnaissons les résultats", a-t-il déclaré, avant de "saluer les forces qui ont participé (au second tour), représentées par monsieur Alan Garcia".
Le scrutin conclut une campagne menée de main de maître par M. Garcia. Connu pour ses talents de fin politique, le dirigeant de l'APRA a réussi, à 57 ans, à faire oublier en quelques semaines l'image de son premier mandat, marqué par une crise économique qui a mené de nombreuses familles à la ruine, et à s'imposer comme le "sauveur de la démocratie", face à M. Humala, dont beaucoup craignaient la dérive autoritaire.
En pleine période de tensions entre les pays d'Amérique du Sud, M. Garcia aura su retourner en sa faveur les multiples interventions d'Hugo Chavez durant la campagne électorale. Le président vénézuélien a apporté son soutien à M. Humala et a menacé de rappeler son ambassadeur à Lima, en cas de victoire de son rival social-démocrate. "Aujourd'hui, le Pérou a envoyé un message en faveur de l'indépendance nationale, de la souveraineté de la nation et a mis en échec les efforts entrepris par Hugo Chavez pour nous intégrer dans sa stratégie d'expansion du modèle militaire et rétrograde qu'il tente d'implanter en Amérique latine", a déclaré M. Garcia, dimanche soir.