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John Kenneth Galbraith décédé le 29 avril 2006

John Kenneth Galbraith est un économiste états-unien né à Iona Station en Ontario (Canada) en 1908, décédé le 29 avril 2006 à Cambridge (Massachusetts). Après une thèse d'économie agricole, Galbraith fut tour à tour employé par le gouvernement états-unien pour contrôler les prix pendant la Seconde Guerre mondiale, professeur à Harvard en 1948, ambassadeur en Inde (1961 - 1963), conseiller économique de présidents états-uniens démocrates. Il élaborera son corpus théorique dans un cadre aux tendances à la fois keynésiennes et surtout institutionnalistes, tout en restant très hétérodoxe et très critique vis-à-vis de ses collègues. Il est l'auteur de très nombreux livres et articles, et est à ce titre l'économiste le plus lu du XXe siècle.

Corpus théorique

Après plus de 70 ans de carrière en tant qu'économiste, l'économie universitaire retiendra du travail théorique de Galbraith les deux notions de filière inversée et de technostructure.

La filière inversée

Cette notion a été développée dans L'ère de l'opulence, publié en 1958 aux États-unis. Son énoncé est simple : ce sont les entreprises qui imposent des produits aux consommateurs, et non l'inverse.

La théorie classique et néoclassique explique que les décisions de production des entreprises se font en fonction de la demande qui leur est adressée par les consommateurs. C'est l'idée de base de l'équilibre, idée centrale dans l'économie libérale: on a d'un côté une fonction dite «de demande collective», de l'autre une fonction «d'offre collective», et c'est la rencontre de ces deux fonctions (lorsque O = D) qui détermine le niveau de la production.

Or, Galbraith refuse cette théorie. Non seulement son angle d'approche serait mauvais (elle se base sur un individualisme méthodologique alors que Galbraith est partisan du holisme méthodologique), mais en plus son caractère déductif la rendrait peu réaliste. Il propose à la place la théorie de la filière inversée : parce qu'elles ont un poids économique, politique et médiatique énormes, les plus grandes entreprises peuvent imposer l'achat de certains produits aux consommateurs par le biais de la publicité, de certaines politiques de prix, etc. De fait, les consommateurs seraient emprisonnés par ce que Galbraith nommera plus tard la technostructure.

En résumé, la filière inversée porte ce nom car au lieu de voir les entreprises recueillir l'information par le biais des prix quant au niveau demandé de leur production, ce sont en réalité elles-mêmes qui se fixent un objectif à atteindre, faisant pression sur le consommateur pour parvenir auxdits objectifs.

La technostucture

Cette notion a été théorisée dans Le nouvel État industriel (1967, traduction française 1969), l'oeuvre principale de Galbraith.

Exposant les progrès de la technologie, Galbraith dégage l'idée selon laquelle les individus qui prennent effectivement les décisions des entreprises n'appartiennent plus à la classe des détenteurs de capitaux mais à une catégorie nouvelle, qui se distingue et s'impose par ses connaissances technologiques et organisationnelles : les gestionnaires (ou management). C'est cette catégorie que Galbraith appelle la technostructure, que l'on pourrait très schématiquement comparer à une technocratie économique. C'est par sa force intrinsèque que cette bureaucratie parvient à imposer certains choix à ses clients, dans le cadre de la filière inversée.

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