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le cours de philo sur le langage, suite et fin

 

ça y est j'ai fini! pour ceux qui ont commencé à bosser sur le début, les nouveautés (illustrations+conclusions) sont en retrait. Bon courage à tous et à demain

V.Durand

B-   Illustration : Hobbes, Bergson,  Nietzsche.

 

 

 

 

 

 

-j’ai donné Hobbes à titre indicatif, car il tombe parfois en texte

 

 

 

 

 

1-Bergson :

Bergson est le penseur de la durée (Cf. cours sur la vérité) , pour rappel : la seule réalité pour lui est le temps, ou plus exactement le changement permanent : tout ce qui est devient, bouge , évolue, chaque chose a son rythme et c’est ce rythme qui la définit (l’exemple classique qui cite Bergson, c’est le sucre : quelle est la durée du sucre, qu’est-il réellement ? le temps que j’attends qu’il fonde dans mon café –comme un cours dure le temps qu’il passe et non 1h00). Donc ce qu’il s’agit de dire, c’est justement cette durée, qui constitue la réalité, et que je peux appréhender grâce à l’intuition (rappel : intuition=saisie directe de la réalité). Le problème, c’est que le langage trahit, toujours et fondamentalement, cette durée, cette réalité à chaque fois que j’essaie de la dire. Pourquoi ? Parce que le mot a deux défauts : il est commun (universel) et fixe alors même que la réalité, c’est le rapport unique au temps qui passe. Le langage ne peut donc que trahir la pensée du locuteur, il ne peut pas l’exprimer correctement.

 

 

Par exemple (cf. texte p 455 du bouquin- c’est la révolution !) , je peux ressentir de l’amour (ou de la haine au choix) pour quelqu’un : si ce sentiment s’inscrit durablement en moi, il évolue, change avec moi, et pourtant, je n’ai toujours que les mêmes mots pour le dire : «  je t’aime » (restons positifs) –et pourtant cette phrase n’a pas la même signification quand elle est prononcée la première fois ou au bout de 40 ans de mariage , ou le matin avant de partir au boulot : soit elle exprime , mais un sentiment différent (la première fois, la réassurance au bout de 40ans ) soit elle relève de l’automatisme et n’exprime plus rien (sauf qu’il est l’heure de partir au boulot) . Les mots, et le langage en général, sont trop pauvres, trop limités pour dire ce que nous avons à dire  et ils ne peuvent pas exprimer le changement parce qu’ils sont toujours les mêmes. De là on peut tirer deux conséquences :

1-     on finit par ne même plus savoir ce que l’on ressent nous-même : à force de répéter les mêmes choses pour dire des choses différentes, la propre évolution de ma vie m’échappe : je ne sais plus si j’aime autant qu’avant avec la même force. Il faudrait, pour le savoir, prendre le temps de sonder ses sentiments mais la plupart du temps (ici quand je pars au boulot le matin), je n’ai pas le temps de la faire, parce que je suis dans l’action

2-     L’autre lui-même ne peut savoir ce que je ressens, non seulement parce que les mots masquent l’évolution de mes sentiments, mais parce qu’aussi il va les entendre suivant sa propre durée, sa propre évolution : le « je t’aime »  du matin sera reçu différemment s’il est lui-même à la bourre, cherche ses chaussures ou s’il a pensé une partie de la nuit à l’évolution de son couple. Résultat : incommunicabilité totale entre les êtres du fait même que les mots nous éloignent des choses (l’autre n’a pas accès à  mes « choses »)

 

 

 

 

3-     Nietzsche

 

 

 

 

Nietzsche comme Bergson est un penseur du temps, de l’évolution : l’exemple que je vais prendre ci est en fait commun aux deux auteurs (d’où je n’ai pas développé Nietzsche en cours, vu que je l’avis déjà fait avec Bergson)

On peut aller plus loin : non seulement le langage ne nous permet pas d’exprimer la réalité mais encore il nous fait croire à un monde fictif : un monde fixe avec les essences, des entités, des réalités qui ne changent jamais. Parce que , comme dit Nietzsche « nous croyons encore à la grammaire », c’est-à-dire qu’on passe , sans faire attention, du sujet grammatical au sujet réel (à la substance dirait Aristote )

Ex : si je dis : « Il pleut »,  on voit bien que le sujet grammatical ne correspond à aucune entité réelle qui, suivant sa volonté, son caprice, ferait pleuvoir quand il lui plait ou « refait beau » d’autres fois. Cela parait évident. Alors pourquoi en irait-il autrement avec «  je pense » ? Pourtant Descartes a bien tiré de cela des leçons philosophiques : à savoir qu’il existe un « je », un sujet réel (et plus seulement grammatical) qui pense s’il le veut, quand il le veut et  ce qu’il veut ! On  a en déduit que : 1- j’ai un « je «  fixe, une personnalité définie (et on notera à ce propos que Freud ne contredit pas Descartes sur ce pont, mais seulement sur la question de savoir si tout ce « je » est conscient) – ce « je » fait ce qu’il veut, donc il est libre : voilà comment la pensée du libre-arbitre est directement dérivée, selon Nietzsche de notre rapport naïf à la grammaire. Non seulement les mots ne disent pas correctement les choses, mais, plus encore, nous pensons (donc mal) les choses en fonction des mots, du langage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

B-   Objection

 

 

Le problème vient de ce que le modèle sur lequel reposent  le nominalisme et le rationalisme n’est pas valide. En effet, la pensée, contrairement à ce qu’ils postulent, ne préexiste pas au langage, elle est dans le langage, elle est ce qui est exprimé par lui. Car qu’est-ce que penser si ce n’est se parler à soi-même ? Or, pour se parler à soi-même, il faut des mots. La question de savoir si le langage traduit ce que l’on a à dire ne se pose donc pas. En revanche la question se pose de savoir où se situe le sens de nos propos,  si ce n’est dans nos pensées, et pour quoi nous parlons, si ce n’est pas pour exprimer nos pensées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

III / PHILOSOPHIE ANALYTIQUE

 

 

 

A-   Argumentaire

 

 

1-la pensée ne préexiste pas au langage.( = le mythe de l’intériorité)

Les données de l’expérience vont contre l’idée suivant laquelle il existerait une pensée en dehors du langage, pré-langagière : les données de la conscience ne sont pas muettes, silencieuses : quand on se parle, on utilise des mots. Il ne faut donc pas confondre usage public du langage et usage tout court tout langage, car il existe aussi un usage privé du langage. Ces deux registres (privé et public) sont différents : on ne s’adresse pas à autrui comme on s’adresse à soi-même, il  ne s’agit plus de se comprendre mais de se faire comprendre, c’est bien effectivement parfois source de difficultés, mais ce ne sont pas, comme  le disent les mentalistes (les tenants de l’existence d’une pensée hors langage) ,  des difficultés pour traduire la pensée dans les mots.

Ce que met en avant cette idée d’usage privé et public du langage, c’est tout simplement qu’on n’utilise pas les mêmes mots suivant la personne à qui on s’adresse : le point pertinent pour comprendre notre rapport au langage n’est donc pas la pensée de celui qui parle (du locuteur) mais l’effet visé sur l’interlocuteur : quand on parle on s’adresse à quelqu’un. D’où,  deuxième idée : le choix des mots est différent suivant l’interlocuteur. Là encore, les données de l’expérience plaide en ce sens : on ne s’adresse pas à ses amis comme on s’adresse à ses parents, à ses profs ou à la caissière de Leclerc.

 

 

Le langage est le moyen par lequel, à travers lequel, les hommes agissent les uns sur les autres. L’effet minimum visé sur l’interlocuteur est la prise de conscience que l’on existe, et la volonté de se faire comprendre. Il  s’agit dans un sens large, d’obtenir quelque chose de lui, ce quelque chose étant la reconnaissance certes de notre existence (d’où on est vexé si l’autre ne nous répond pas, en nous écoute pas ou fait exactement comme s’il n’avait rien entendu) mais aussi la reconnaissance de la sienne : on vise donc, dan tout acte de langage, l’établissement d’un contact, d’un lieu d’échanges. C’est pourquoi tout simplement on dit bonjour, pour montrer qu’on sait qu’on a en face de soi un être humain et non un objet, et c’est pourquoi on soupçonne toujours celui qui se tait de « faire la gueule », de vouloir rompre l’espace de dialogue et c’est pour éviter cela que bien on échange des propos qui, dans leur contenu descriptif n’ont que peu de valeur (cf. les remarques sur le temps qu’il fait).

 

 

 

 

2-La pertinence.

On peut dés lors avancer l’idée que parler ce n’est pas une traduction mais un acte, qui peut réussir ou échouer, et qui suit certaines règles : l’acte de langage (la prise de parole) réussit si l’autre comprend ce que je dis, et agit en conséquence : s’il me passe le sel quand je lui demande, s’il comprend que le but de ma remarque est de le faire rire ou de le faire taire, et agit en conséquence. On peut prendre, pour cela, l’exemple de l’insulte : les mots choisis n’ont en eux-mêmes aucune importance au sens où ils ne décrivent rien, ni ma pensée ni un état de fait constatable par les sens ( ex : que signifie exactement le terme « enfoiré » ? on ne sait pas ) – par contre on sait très bien dans quel contexte il s’utilise et que le but à ce moment –là est de blesser l’autre, et on mettra le temps qu’il faut et les mots qu’il faut pour parvenir à nos fins. La signification des mots ne vient donc pas de leur valeur descriptive mais de leur usage dans un certain contexte : comprendre un message ce n’est pas le décrypter pour retrouver la pensée qui se cache dedans ou derrière, mais savoir pourquoi telle personne dit cela à ce moment-là, dans ce contexte là. Deux phrases exactement identiques auront deux significations différentes dans deux contextes différents- ou l’une justement peut ne pas avoir de signification, ou d’importance –cf. le lapsus de De Villepin, qui n’a cette portée aujourd’hui qu’à cause du contexte, alors que deux mois avant cela n’aurait eu aucune importance, et donc les médias ne l’auraient pas relevé.

Là encore on a une critique de l’objectif avancé par les mentalistes, qui désirent dire quelque chose qui est toujours pertinent , quel que soit le contexte, ce qui est évidemment absurde : les dogmatiques pensent y arriver en disant des choses très vraies, les nominalistes pensent que cela ne peut que rater- sans voir que l’objectif est contradictoire ne lui-même (tout autant que l’était la volonté d’avoir une représentation des choses qui soit à la fois pour nous et conforme à la réalité dans le cours sur la vérité.)

Dire quelque chose de pertinent, c’est savoir manier le langage, en faire bon usage (et ce n’est pas toujours facile parce que parfois on ne trouve rien à dire – d’où on se tait) et pas parler mécaniquement en disant toujours la même chose  (on remarque à ce moment-là que la répétition tue la signification, parce que justement, elle fait abstraction du contexte : c’est par exemple ce qu’on traduit aujourd’hui par « tu me saoules » : on n’arrive plus à écouter tellement cela a été dit et répété. Dans ces cas-là, on peut dire que l’acte a échoué, puisque l’effet produit n’est pas celui qui était visé : le locuteur voulait être influent, il ne l’est pas du tout (par ex le prof qui répète à ses élèves qu’il faut travailler, et toujours plus.) D’où la première vertu d’un devoir est d’être dans le sujet et non de répéter son cours quelque soit le sujet !

 

 

 

 

 

 

B-   Illustration.

 

 

 

 

0-     présentation de la philosophie analytique

La philosophie analytique se développe à partir des années 1950, elle constitue la deuxième grande branche de la philosophie aujourd’hui, avec la phénoménologie (cf  ch 1 : Husserl, Sartre) – philosophe analytique et phénoménologue se détestent cordialement, chacun estimant que l’autre ne fait pas de philo.

 La philosophie analytique part du principe que, pour le dire rapidement, ce n’est pas le sujet qui est transcendantal, donc la pensée qui définit notre rapport au monde, mais le langage, et que, à partir de ce moment –là, le seul but de la philo est d’analyser (d’où son nom) le langage et ses règles d’usage. Il n’ y a pas d’en-dehors du langage puisque nos pensées sont langage et que les choses ne sont pour nous (d’où la référence au transcendantal) que si elles sont dites et que je possède justement le règles d’usage du langage dans lequel elles sont dites. Pour monter cela, on se sert en général de l’exemple de Quine (philosophe ricain) : soit un homme qui arrive dans un pays qui lui est complètement étranger, dans sa langue et dans ses mœurs. Il est avec un guide, un lapin passe et le guide crie « gavagai ! ». Que signifie ce mot ?  Lapin ? L’essence du lapin (la lapinité) –en cas d’intuition intellectuelle- ? ou attention ? ou le déjeuner est servi ? Notre voyageur n’a aucun moyen de le savoir.

 

 

 

 

 

 

1-     Wittgenstein.

 

 

 

 

Celui que l’on considère comme le fondateur de la philo analytique est Ludwig Wittgenstein (1889-1950), philosophe autrichien d’origine, mais, étant juif, il est devenu anglais. Il n’a publié qu’un livre : le Tractatus logico-philophicus. Mais on a publié tout ce qu’il a écrit après sa mort, et on peut noter particulièrement les Investigations Philosophiques, dont on étudiera le début ici.

Au début des Investigations donc, Wittgenstein critique la théorie du langage –étiquette, dans la veine de Quine : on voit bien que, on a beau avoir un mot et une chose (gavagai et lapin), on ne voit pas comment elles s’articulent. Apprendre à parler ce n’est donc pas apprendre à coller des mots sur des choses par une définition ostensive des choses (je te montre une chose un lapin et toi tu répètes « gavagai » sans savoir ce que tu dis). Apprendre à parler, c’est savoir à quel moment on dit que les mots, savoir utiliser les mots, suivre donc l’usage ordinaire (et non dire des choses très profondes de façon incompréhensible comme les philosophes du langage apophantique). Il y a donc une dimension d’héritage qui est fondamentale : ce n’est pas nous qui décidons du sens des mots en décidant par ex d’exprimer telle de nos pensées par tel mot. Partager un langage, c’est donc partager une forme de vie , parce que dans tel cas nous allons dire telle chose, et qu’alors, nous nous comprendrons- cf Cavell pour approfondir la question

 

 

 

 

 

2-     Austin

 

 

 

En fait, comme Cavell se réfère à la fois à Wittgenstein et Austin, on fait une étape avant de voir Cavell.

Austin (1911-1960, anglais, son livre le plus célèbre : Quand dire, c’est faire,  publié en 1962) est connu pour avoir réussi à dire simplement quelque chose d’essentiel, à savoir qu’il a résumé le tournant philosophique pris par la philosophie analytique en faisant la différence entre énoncé constatif et énoncé performatif, ou, pour aller plus vite, entre constatif et performatif. La philosophie traditionnelle du langage (ou mentaliste) fait comme si tout énoncé est un constatif : à savoir qu’il constate un fait ou une connaissance (suivant qu’on soit chez les nominalistes ou les tenants du langage apophantique). Or ce que montre Austin, c’est que les vrais constatifs sont plutôt rares et que limiter le langage aux constatifs c’est éliminer une grande part du langage. En effet, si je dis  «  aujourd’hui, c’est dimanche », ça  a l’air d’un constatif, mais en fait si je le dis, c’est pour faire quelque chose (par ex justifier mon manque de travail)  plutôt que pour constater un état de fait. Ainsi il ne faut pas juger les langage en termes de vérité ou de fausseté (d’où le I et le II racontent des âneries) mais en terme de réussite ou d’échec, comme n’importe quel acte : dire, c’est faire (to perform, accomplir un acte) quelque chose.

 

 

 

3-     Cavell

 

 

 

Philosophe américain contemporain, a écrit notamment Les voix de la raison (1979) et À la recherche bonheur (1981). S’inscrit dans le sillage de Wittgenstein et d’Austin dans l’étude du langage ordinaire : la philosophie n’a pas pour tâche de corriger nos usages du langage (pour dire des choses très vraies ou pour nous enjoindre à nous taire) mais à comprendre ce que c’est que parler. Or, pour Cavell, parler, c’est rechercher un accord avec les autres sur ce que nous disons, et donc, ce que nous vivons. La recherche de cet accord se fait dans le langage : chaque prise de parole est une prise de risque, car dire quelque chose, c’est prendre le risque d’être démenti par les autres, prendre le risque que l’accord soit refusé. Mais se taire n’est évidemment pas une solution, il y a deux façons de se taire : ne rien dire (malin, non ?) mais aussi le conformisme, qui revient à n’avoir rien à dire, à ne pas avoir de parole propre, et donc à se taire. Cavell qualifie le conformisme de  « désespoir muet » : désespoir parce qu’on ne parle pas, et donc on n’a pas d’accord réel avec les autres. On peut faire semblant d’avoir cet accord (cas du langage apophantique) ou décider que ce n’est même pas la peine d’essayer (nominaliste) mais soit on parle seul, soit on se tait, mas dans les deux cas on ne parle pas aux autres, et donc on ne peut pas, concrètement, s’accorder, c’est-à-dire ni plus ni moins que vivre ensemble, dire les choses, notre vie, le monde. Cavell cite Emerson (philosophe transcendantaliste américain du XIX) : « Aucune de leurs vérités n’est tout à fait vraie. Leur deux n’est pas le vrai deux, leur quatre pas le vrai quatre ; si bien que chacune des paroles qu’ils disent nous chagrine, et que nous ne savons pas où commencer à les corriger » (en parlant des hommes politiques).

C’est pourquoi dans A la recherche du bonheur, Cavell s’intéresse  au cinéma et plus précisément à la comédie de remariage à Hollywood : on  y voit la question de l’ordinaire, le problème du couple qui doit parler pour vivre ensemble, pour reconnaître chacun et faire vivre le couple. Même chose qu’en politique : on peut faire semblant d’être ensemble, par ex en vivant ensemble et en regardant la télé, en ne parlant pas mais être réellement et ensemble, c’est nécessairement se parler, prendre le risque de dire des choses de soi et du couple, de la vie et du monde et c’est dans ce risque que peut exister une véritable conversation et donc un vrai couple.

C’est beau, je m’arrête là-dessus !!

 

 

 

 

 

 

CONCLUSION

 

 

 

 

 

La question n’est pas celle des langues (des différentes formes que prend concrètement le langage), mais bien celle du langage, par lequel nous communiquons avec autrui : comment comprendre cette communication ? Pourquoi parlons-nous ? Pouvons-nous tout dire, le langage a-t-il des limites ? L’autre peut-il me comprendre ?

 

 

 

La réponse le plus simple à ces questions est constituée par la théorie de l’expression : on parle pour s’exprimer, pour donner à entendre à l’autre ce qui par définition il ignore : ma pensée, le passé, ou quelque autre information. Ainsi tout message est-il à caractère informatif et repose sur l’ignorance de l l’autre ;  conséquences: 1- la règle d’or est de dire la vérité : qui ment rompt avec la fonction essentielle du langage qui est de transmettre une information que l’autre ne possède pas . 2- si je m’exprime en utilisant le langage, cela signifie que ce que j’exprime, ma pensée , est en dehors de tout langage. L’expression est donc comprise comme une opération de codage :le locuteur encode son intention de signification en parlant et l’interlocuteur doit décoder le message pour trouver le sens de l‘énoncé entendu : cette exposition est celle que ,plus tard , la philosophie analytique appellera le mentalisme.

La seule question, qui sépare les mentalistes est celle de savoir si, lors de l’opération d’encodage/décodage, il  y a perte, déformation des informations transmises.

Les tenants du langage apophantique pensent qu’il n’y  a aucune déperdition, aucun défaut dans le langage : en effet, le langage, la pensée et la réalité partagent la même structure (thèse de l’isomorphisme) : nom/verbe = substance /accident, que la pensée connaît par intuition intellectuelle + le langage nous élève d’emblée à  l’universel, qui est l’élément de la pensée (alors que les sens en restent au particulier).

 

 

 Mais l’universel existe-t-il réellement, est-il une dimension de la réalité ou n’est-ce pas plutôt le langage qui nous amène à penser qu’il existe un arrière-monde fixe alors qu’en fait tout ce qui existe est singulier et changeant ? Pour les nominalistes, l’universel n’est pas réel, ce n’est qu’un nom, qu’un flatus vocis (un son), croire qu’il existe un monde fixe désigné, dit par le langage , c’est être prisonnier de la grammaire, qui fait croire que chaque phénomène se comprend comme une action accomplie par un sujet. Par ailleurs, les mots étant généraux et fixes, il est strictement impossible de dire ce qui est (singulier et changeant) ni de se faire comprendre d’autrui, sauf si que l’on dit est pauvre en contenu de signification.

 

 

Mais peut-on vraiment dire que la pensée réside en dehors du langage ? lorsque je pense, c’est toujours dans les mots : je dialogue avec moi-même, je me parle intérieurement.

 

 

 Cela signifie : 1- que l’intériorité n’est pas quelque chose que échappe au langage mais qui est constituée par le langage : plus je maîtrise le langage, plus je pense en qualité (précision, nuance) et en quantité (connaissance = maîtrise d’un jeu de langage).

 

 

2- L’expression ne correspond pas à l’encodage d’une connaissance obtenue par l’intuition, mais à la pratique d’une forme de vie, d’un comportement

 

 

3- Enfin, le sens de mes paroles ne peut plus résider dans ma pensée, il réside lui aussi dans les jeux de langage, qui est une forme de vie, d’être en relation avec les autres, c’est-à-dire d’avoir une action sur eux ; ainsi tout énoncé a une dimension performative. Un énoncé est compris lorsque l’autre agit en conséquence . S’exprimer c’est donc commettre un acte de langage, qui, comme tout acte, peut échouer ou réussir.

PS : Jean-Jacques Rousseau For EVER !!!!!

 

 

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M
"jean jacques For EVER" ?!!  je savais que vs avez un faible pour lui madame ms à ce point.  Mais il n égalisera pas Friedrich Nietzsche, the best!<br />  <br />  
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