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rugby:

 
Coupe du monde de rugby : une passe à la croissance ?
LE MONDE ECONOMIE | 03.09.07 | 14h50  •  Mis à jour le 07.09.07 | 11h25
Montpellier, qui accueillera l'Australie pendant la Coupe du monde de rugby, a recruté 450 volontaires pour la manifestation. | AFP/PASCAL GUYOT Montpellier, qui accueillera l'Australie pendant la Coupe du monde de rugby, a recruté 450 volontaires pour la manifestation.

AFP/PASCAL GUYOT


Pour l'ex-rugbyman André Daguin, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH), la France a tout lieu de se réjouir d'être le pays hôte de la Coupe du monde du ballon ovale, qui se déroulera du 7 septembre au 20 octobre : "Ses retombées devraient faire oublier la pluie estivale", annonce-t-il. Un rapide sondage auprès de ses adhérents, et déjà un premier chiffre tombe : 10 % de recettes supplémentaires attendues pour les hôtels, les restaurants, sans oublier les boîtes de nuit et les bars. A Montpellier, qui accueille l'équipe australienne de rugby, même enthousiasme. L'agglomération organise une convention d'affaires internationale les 21 et 22 septembre et y espère près de 300 entrepreneurs australiens. Le ministère de l'économie qui s'attend, en effet, à un afflux de spectateurs étrangers - plus de 300 000 personnes - a de son côté conçu une petite brochure intitulée Conseils pour un bon séjour en France.

 

S'il n'est pas question de vouloir gâcher la fête de l'ovalie à venir, est-il pour autant possible de mesurer l'impact d'un grand spectacle sportif sur la croissance d'un pays ? Le 27 avril, les responsables de la chaire européenne de marketing sportif de l'Essec, mandatés par le Comité d'organisation de la Coupe du monde de rugby 2007 afin d'"évaluer les retombées économiques en France" de l'événement, présentaient leurs résultats, prévoyant 4 milliards d'euros de recettes directes (dépenses des fans, billetteries, hébergement, partenariats marketing, fêtes dans les villes, produits dérivés, etc.) auxquels il faut ajouter 4 milliards d'euros supplémentaires d'ici à 2011, retombées indirectes liées à l'attachement fidèle des visiteurs qui reviendront en France et à "l'explosion" de l'économie du rugby. "Le modèle sur lequel repose notre étude, explique Julien Bernard, de l'Essec, a été réalisé par plusieurs économistes de l'école. Il est basé sur les entrées et les sorties des capitaux en France. Globalement, hors coûts d'infrastructures, on peut considérer que tous les grands événements sportifs sont largement bénéficiaires."

 

"SOLDE NET"

 

Jean-Jacques Gouguet, économiste au Centre de droit et d'économie du sport (CNRS-université de Limoges) se montre beaucoup plus mesuré : "De quoi parle-t-on précisément quand on annonce des chiffres aussi élevés ? Il faut raisonner en solde net et faire la différence entre valeur économique marchande immédiate et valeur économique totale qui va prendre en compte tous les effets de substitution, d'éviction, etc." Et de citer plusieurs exemples : haine du sport - beaucoup de touristes fidèles à la Grèce l'ont fuie pendant les JO d'Athènes de 2004 - ; supporteurs qui achètent des billets pour un match et qui risquent de restreindre leurs dépenses (cinéma, DVD, etc.) par la suite ; nuisances liées à la présence de grandes infrastructures (bruit, etc.) ; moindre engouement lié à des pratiques négatives (hooliganisme, dopage, etc.) ; sans oublier l'absentéisme des fans au travail et la baisse de productivité qui peut en résulter...

"Il y autant de méthodes de calcul que d'économistes", estime M. Bernard, qui exprime néanmoins des doutes sur les dépenses directes et réelles annoncées dans l'étude de l'Essec : "Sur les 4 milliards d'euros prévus, 2,2 milliards sont à confirmer." En réalité, les économistes n'arrivent guère à se mettre d'accord sur les bienfaits de telle ou telle compétition passée, surtout lorsqu'ils raisonnent hors infrastructures, comme c'est le cas aujourd'hui pour la Coupe du monde de rugby, où aucun stade n'a été construit. Dès que le poste "infrastructures" intervient, les bilans sont plus faciles à dresser. Les habitants de Montréal se souviennent encore de la déroute des JO de 1976 : trente ans après, ils continuent de payer la dette (1,5 milliard d'euros) des constructions alors réalisées. "N'oubliez pas Albertville, reprend M. Gouguet, avec les JO d'hiver 1992. Beaucoup des équipements olympiques sont aujourd'hui sous-employés. Et si une masse financière considérable a circulé en Savoie, peu d'opérateurs locaux ont été capables de répondre aux appels d'offres." Voilà pourquoi, aujourd'hui, les villes privilégient si possible les équipements démontables.

La question de l'évaluation d'un événement sportif est, en réalité, loin d'être anodine car elle conduit à des prises de décisions publiques importantes : faut-il subventionner la construction des grandes infrastructures sportives ? Les subventions publiques aux clubs professionnels sont-elles légitimes ? A Londres, qui accueillera les JO 2012, le débat fait rage. Le gouvernement britannique aurait, selon l'hebdomadaire Sunday Telegraph, sous-évalué la facture pour valoriser la candidature de la capitale anglaise. Et les 750 millions d'euros supplémentaires nécessaires vont être pris sur le budget de la Loterie nationale, qui soutient d'habitude des activités philanthropiques, sportives et culturelles dont les subventionsvont, du coup, diminuer.

Un manque à gagner important mais que M. Gouguet souhaite là encore relativiser : "L'essentiel de l'impact du sport sur la croissance vient des pratiques d'amateurs (25,7 milliards d'euros contre 3,3 milliards pour le sport business). Et l'on est à peu près sûr de l'utilité sociale de ces dépenses-là..."

Marie-Béatrice Baudet
Article paru dans l'édition du 04.09.07.
 
Une valeur en hausse auprès des annonceurs
LE MONDE | 03.09.07 | 13h01  •  Mis à jour le 07.09.07 | 11h22


Avant même le coup d'envoi de la Coupe du monde de rugby, le 7 septembre, au Stade de France, les marques se sont lancées dans la mêlée. Pour ce sport converti au professionnalisme depuis douze ans et qui n'a cessé de marquer des points sur le terrain du marketing ces dernières années, cet événement planétaire a valeur de test.

 

Valeur en hausse, le rugby n'a pas connu d'envolée fiévreuse, mais une montée progressive. Le nombre d'adeptes du ballon ovale ne cesse de croître. Près de 6 millions de téléspectateurs ont suivi les matches phares du Tournoi des six nations diffusés par France Télévisions au printemps. TF1, qui a déboursé 80 millions d'euros pour acquérir des droits de diffusion des Coupes du monde 2007 et 2011, espère établir de nouveaux records d'audience. Les organisateurs de l'événement se félicitent d'avoir atteint leur objectif d'un taux de remplissage des stades de 85 %, avec plus de 2 millions de billets vendus.

Cet engouement ne laisse pas les sponsors indifférents. Les partenaires principaux - Société générale, EDF, GMF, Peugeot, SNCF et Visa - n'ont pas hésité à verser 5 millions d'euros pour accoler leur marque à l'événement. Six autres entreprises (Orange, Cap Gemini, Heineken, Vedior Bis, Toshiba et Emirates) ont signé un contrat de sponsoring pour 2,5 millions d'euros, et certaines, comme McDonald's ou Coca-Cola, sont fournisseurs officiels. A ces marques s'ajoutent d'autres acteurs traditionnels de ce sport, partenaires des équipes ou sponsors de joueur.

Tous mettent en avant les valeurs du rugby, comme l'esprit d'équipe, la solidarité, la convivialité, pour justifier leur partenariat. "Le rugby, qui a su construire une bonne image, attire les sponsors. D'autant que les valeurs revendiquées par ce sport sont en phase avec notre époque. Quant on va vers toujours plus d'individualisme, on a besoin de se retrouver ensemble", affirme Gilles Dumas, de Sportlab.

 

ÉMOTION ET PLAISIR

 

Le Stade français et son très médiatique président Max Guazzini ont contribué à l'évolution de l'image du rugby en France et à son ouverture à un nouveau public, plus jeune et plus féminin. Matches-spectacles au Stade de France, avec pom-pom girls et chars romains, calendriers sexy, maillots rose ou à fleurs... "Le Stade français a révélé le potentiel que le rugby pouvait avoir, il en a fait un sport tendance", constate Bruno Molinas, président de Sportys, société de gestion de droits sportifs.

Mais la progression du rugby n'est pas sans frein. La complexité des règles du jeu est souvent citée pour expliquer la difficile conquête d'un très large public et la distance qui le sépare toujours du football. Les sponsors de l'ovalie et les diffuseurs de la Coupe du monde ont d'ailleurs multiplié ces derniers mois les opérations de vulgarisation. TF1 a diffusé un programme court pour donner aux téléspectateurs des clés de compréhension ; Orange propose des leçons d'arbitrage sur son portail Internet, et Skip a diffusé auprès des femmes un guide pratique. Orange met en scène un joueur de rugby débutant, Zinédine Zidane, conseillé par Fabien Galthié, entraîneur du Stade français.

Le "Zidane du rugby" n'existe pas encore, même si quelques joueurs bénéficient de contrats publicitaires. Frédéric Michalak a signé le plus gros chèque, estimé à 150 000 euros, pour porter les couleurs du Coq Sportif. Il est également sous contrat avec Biotherm. Fabien Pelous fait la promotion de Skip, Serge Betsen s'affiche sur la façade de Cap Gemini, Raphaël Ibanez se dévoile pour la marque de sous-vêtements portugaise Impetus, Christophe Dominici prête son nom à un jeu vidéo de rugby édité par Gameloft...

"Le montant moyen d'un contrat publicitaire pour un rugbyman est de 50 000 euros, soit quatre fois moins que pour un footballeur", estime Frank Hocquemiller, de VIP Consulting, société qui a sous contrat dix joueurs de l'équipe de France. "Le rugby privilégie l'esprit de groupe, il n'y a pas ou peu d'individualisme, cela explique en partie la difficile starification des rugbymen", souligne Yves Le Bihan, d'Angel Consulting, qui a négocié le contrat entre Dimitri Yachvili, non sélectionné chez les Bleus, et Pétrole Hahn.

Plus médiatisé, Bernard Laporte, sélectionneur de l'équipe de France, a trusté les contrats publicitaires. Mais ils devront s'arrêter fin octobre, date de son entrée au gouvernement. Reste à savoir si Sébastien Chabal, qui a fait une spectaculaire percée médiatique, transformera l'essai publicitaire. "On va vibrer autour d'une nation plutôt que d'un champion", souligne Olivier Altmann, coprésident de Publicis Conseil.

Laurence Girard
Article paru dans l'édition du 04.09.07.
 
Des médias boycottent la Coupe du monde de rugby
LEMONDE.FR | 07.09.07 | 09h30  •  Mis à jour le 07.09.07 | 10h40
Pour montrer leur désaccord avec les restrictions imposées pour les photos prises pendant le mondial, des photographes tournent le dos à l'entraînement des All Blacks à Marseille, le 6 septembre 2007. | AFP/BORIS HORVAT
AFP/BORIS HORVAT
Pour montrer leur désaccord avec les restrictions imposées pour les photos prises pendant le mondial, des photographes tournent le dos à l'entraînement des All Blacks à Marseille, le 6 septembre 2007.

 
"RUGBY : (Sous réserve de la levée du boycott)" : le programme de l'Agence France Presse (AFP)  transmis aux rédactions pour la journée du vendredi 7 septembre laissait planer le doute sur sa couverture du premier jour de la Coupe du monde de rugby. En début de matinée, le boycott lancé la veille avec Reuters et Associated Press tenait toujours. Les trois principales agences mondiales de presse veulent ainsi protester contre les restrictions que leur impose l'organisme de tutelle du rugby, l'International Rugby Board (IRB), lors de cette Coupe du monde : limitation du nombre de photos mises en ligne sur les sites Internet et abandon du droit d'auteur sur les clichés au profit de l'IRB.

 

Malgré l'intervention des pouvoirs publics et plus d'un an de négociations, l'IRB n'est pas parvenue à un accord avec une coalition de médias – agences de presse, associations de journaux, éditeurs comme L'Equipe ou le groupe Mirror. Jeudi soir, premier jour du boycott, le groupe L'Equipe a rallié le mouvement, annonçant que la rubrique rugby du journal et du site Internet ne comporterait vendredi aucun cliché d'actualité du jour.

NE PAS GÂCHER "CETTE GRANDE FÊTE DU SPORT"

Une décision intervenue après que, jeudi soir, l'IRB a publié un communiqué dans lequel elle affirme que "la RWCL [branche commerciale de l'IRB] ne se laissera influencer ni par des exigences déraisonnables, ni par la menace de boycott". "Nous avons fait de nombreuses concessions", estime l'IRB, qui a notamment "augmenté de 400 % le nombre de photos publiables en direct pendant les matches sur les sites Internet publics". Mais les médias considèrent que la limitation porte atteinte à leur liberté commerciale, et plus largement, à leur liberté d'informer. "Cela n'a rien à voir avec la liberté de la presse", écrit l'IRB. "Tous les médias ont accès au tournoi (...) Mais apparemment, ces organisations ne se rendent pas compte qu'un événement sportif de cette taille oblige des conditions de travail particulières et voudraient nous voir abandonner tous nos droits, même s'ils représentent l'essence du rugby international." L'IRB perçoit l'ensemble des droits marketing et de télévision du Mondial.

Toute la journée de jeudi, les pouvoirs publics ont appelé l'IRB à reprendre les négociations, apparemment en vain. La ministre des sports, Roselyne Bachelot, a dit avoir appelé le directeur exécutif de l'IRB, Mike Miller, "pour le sensibiliser à la nécessité de renouer rapidement le dialogue afin que cette grande fête du sport qu'est la Coupe du monde de rugby ne soit pas gâchée". Elle espérait que la journée de vendredi soit "employée par tous les acteurs politiques, sportifs, médiatiques pour essayer d'avancer sur le sujet".

La coalition des médias a lancé un nouvel appel à négocier à l'IRB, vendredi matin : "Les représentants politiques et des parraineurs ont exprimé le désir compréhensible que ce conflit trouve une solution pour le bien de tous les supporters amoureux de rugby et nous partageons ce sentiment. C'est maintenant à l'IRB de répondre à ces appels pour une réunion [entre les deux parties]."

 

 

 

 

Le Monde.fr

 

 
TF1 fait le pari d'un succès commercial
LEMONDE.FR | 07.09.07 | 06h56  •  Mis à jour le 07.09.07 | 07h37


Après le foot, le rugby ! D'une année sur l'autre, les Coupes du monde s'enchaînent. Vendredi à 20h50, le mondial de rugby fait ses premiers pas sur TF1 avec le match France-Argentine. Contrairement au football, où elle avait partagé les rencontres avec sa rivale M6, TF1 a, cette fois, acheté l'exclusivité des 48 matches de l'édition 2007. Pour être seule en piste, la Une a déboursé environ 40 millions d'euros. Prévoyante, la chaîne a aussi versé une somme comparable pour acquérir les droits de la Coupe du monde de rugby de 2011.

 

Cette année, TF1 diffusera seulement 20 des 48 rencontres. La chaîne se réserve les plus belles affiches. Elle proposera tous les matches de l'équipe de France et ceux opposants les meilleures équipes du tournoi, telles la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud et l'Australie. Les 28 rencontres de moindre importance seront diffusées sur Eurosport, filiale à 100 % de TF1.

A l'antenne, TF1 a adopté un dispositif comparable à celui mis en place à l'occasion de la Coupe du monde de football de 2006. Dix matches seront diffusés en prime time à 20h50. Les autres passeront l'après-midi ou vers 18 heures. Pour l'occasion, TF1 a recruté une véritable équipe de consultants. Sept anciens joueurs du XV de France vont apporter leur expérience du haut niveau aux côtés des commentateurs maison Thierry Gilardi et Christian Jean-Pierre.

Côté sponsors, TF1 a fait le plein. Les quatre plus importants, Société Générale, EDF, Vedior Bis et Orange, ont dû débourser chacun 1,85 million d'euros pour parrainer tous les matches.

Avant même son coup d'envoi, "la Coupe du monde de rugby est un succès commercial pour TF1 Publicité", s'avance Stéphane Devergies, directeur commercial de la régie publicitaire. La régie a mis en place une double tarification à partir des quarts de finale. Des tarifs qui tiennent compte de la présence ou non de l'équipe de France. Sans les Bleus, le spot de 30 secondes lors de la finale du 20 octobre a été vendu 83 000 euros. Si le XV de France arrive en finale, c'est 175 000 euros que les annonceurs devront payer. Plus du double. TF1 est devenu pour l'occasion un fervent supporteur du XV de France.

Selon Charles Villeneuve, directeur des sports de la chaîne privée, le match d'ouverture de l'équipe de France devrait attirer plus de 10 millions de téléspectateurs. Réponse ce soir.

Guy Dutheil
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