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hristine Lagarde, la nouvelle ministre française de l'agriculture, devait rencontrer, jeudi 31 mai à Bruxelles, les membres de la Commission européenne qui examinent déjà les modalités d'une prochaine réforme de la politique agricole commune (PAC).
Le "bilan de santé" de la PAC, qui devrait être finalisé en 2008 sous la présidence française de l'Union, devait figurer au menu d'une première rencontre avec Mariann Fischer Boel, la commissaire chargée de l'agriculture.
En dépit des réserves françaises, celle-ci souhaite généraliser le système des aides directes aux revenus, et leur découplage de la production, dans l'esprit de la réforme adoptée en juin 2003. Autre mesure perçue avec méfiance à Paris, Mme Fischer Boel envisage d'amplifier le transfert des fonds dévolus à la PAC traditionnelle vers les dispositifs de développement rural, financés à parité par les Etats membres. Elle veut aussi relancer le débat sur un plafonnement des subventions versées par exploitation (à 300 000 euros par an).
Le système de mise en friche obligatoire pourrait être assoupli. "Les vieux instruments doivent être réexaminés", dit un proche de Mme Fischer Boel. Un mécanisme de sortie des quotas laitiers d'ici à 2015 est ainsi à l'étude.
La Commission entend limiter les mesures de stockage et d'intervention, qui ont conduit à la constitution d'énormes réserves de céréales. Enfin, elle prépare la suppression, en 2013, des aides à l'exportation de produits agricoles, telle que promise, au grand dam de la France, par l'Union européenne en cas d'accord au sein de l'Organisation mondiale du commerce sur la libéralisation des échanges.
Mme Lagarde devait aussi rencontrer Peter Mandelson, le commissaire chargé du commerce, alors que Nicolas Sarkozy menace de mettre son veto à tout compromis commercial de nature à déstabiliser la PAC.