Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

MONDIALISATION/INDE

 
L'Inde fragilisée par son déficit commercial
LE MONDE | 09.05.07 |
NEW DELHI CORRESPONDANCE
 

La roupie indienne est haut plus depuis neuf mois face au dollar aggravant les problèmes des exportations indiennes qui progressent beaucoup moins vite que les importations. | AFP

 
AFP
La roupie indienne est haut plus depuis neuf mois face au dollar aggravant les problèmes des exportations indiennes qui progressent beaucoup moins vite que les importations.

 

La forte croissance de l'économie indienne crée des déséquilibres et, notamment, creuse rapidement le déficit du commerce extérieur. Le pays est d'ailleurs le seul parmi les puissances émergentes du groupe des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) à être placé dans cette situation. Entre le 1er avril 2006 et le 31 mars 2007, année fiscale indienne, ce déficit a augmenté de 40,5 %, pour atteindre 57 milliards de dollars (42 milliards d'euros).

 

Les importations indiennes ont augmenté de 26,5 %, à un rythme encore plus élevé que les exportations, en hausse de 21 %. Le coût de l'achat de pétrole s'est envolé de 30,3 % et le pays importe aujourd'hui les deux tiers de sa consommation. Hors produits pétroliers, les importations de marchandises ont augmenté de près de 25 % pour s'établir à 124 milliards de dollars. "La demande intérieure croît à un tel rythme qu'elle excède les capacités de production industrielle du pays", explique Rajiv Kumar, directeur du conseil indien de recherche sur les relations économiques.

Le gouvernement avait prévu de créer 237 zones franches dans les campagnes pour attirer les industries et d'ajuster les capacités de production à la demande, mais il a été contraint de retarder ce chantier, en raison d'une forte opposition dans le pays, notamment parmi les villageois.

"La croissance industrielle est aussi freinée par le manque de main-d'oeuvre qualifiée", ajoute Nicolas Gravel, chercheur au Centre des sciences humaines de New Delhi. "Environ 42 % de la population indienne est analphabète contre 1 % en Chine, or il faut un minimum de qualification pour travailler dans une usine", ajoute-t-il. Au Bengale-Occidental, dans l'est du pays, les constructeurs automobiles doivent embaucher sur leurs chaînes de montage une main-d'oeuvre immigrée, originaire du pays voisin, le Bangladesh.

 

MANQUE D'INFRASTRUCTURES

 

Le manque d'infrastructures favorise aussi les importations, tandis que la hausse de la roupie handicape les exportations. "Les usines indiennes n'ont pas la taille critique de leurs rivales chinoises pour atteindre une production de masse. Elles sont moins compétitives et connaissent aussi moins bien les marchés étrangers", constate Rajiv Kumar. Les exportations de biens représentent 50 % du produit intérieur brut (PIB) chinois. En Inde, elles participent seulement au quart des richesses produites.

"Nous devons commencer à exporter des produits agricoles, en plus des biens manufacturés ou des services informatiques", a affirmé le ministre indien du commerce et de l'industrie, Kamal Nath, le 20 avril. L'agriculture indienne, qui représente 24 % du PIB du pays, n'exporte pas. Faute de moyens de transport, le quart de la production agricole pourrit sur place. Le gouvernement espère mettre fin à cette situation via les zones franches destinées aux industries agroalimentaires tournées vers l'exportation.

Les efforts entrepris s'annoncent pourtant compliqués dans un contexte de forte appréciation de la roupie. La devise indienne vient de descendre au-dessous du seuil symbolique des 41 roupies contre 1 dollar, au grand dam des exportateurs indiens. Les Etats-Unis sont leur premier partenaire commercial.

Mais le gouvernement, engagé dans la lutte contre l'inflation qui atteint aujourd'hui 6 %, refuse de baisser les taux directeurs de la Banque centrale indienne, au risque de faire s'apprécier encore un peu plus la roupie. Afin de réduire les tensions sur les prix, le ministre indien de l'économie et des finances, Palaniappan Chidambaram, a même baissé les taxes d'importation, le 28 février, sur plusieurs catégories de produits de base comme le ciment ou l'huile de palme.

La bataille contre l'inflation risque donc de se faire au détriment de l'équilibre de la balance commerciale. Le 20 avril dernier, G. K. Pillai, secrétaire d'Etat au commerce, a reconnu que le déficit du commerce extérieur pourrait s'alourdir de 10 % dans l'année à venir en raison de la progression des importations.

Julien Bouissou
 
Nouvelle offensive indienne sur la sidérurgie occidentale
LEMONDE.FR avec AFP | 19.04.07 |
Le groupe indien Essar a acheté lundi 16 avril le sidérurgiste canadien Algoma, puis jeudi 19 avril l'aciériste américain Minnesota Steel. C'est un nouvel exemple du développement international des groupes indiens, notamment dans la sidérurgie. | AFP/HO
AFP/HO
Le groupe indien Essar a acheté lundi 16 avril le sidérurgiste canadien Algoma, puis jeudi 19 avril l'aciériste américain Minnesota Steel. C'est un nouvel exemple du développement international des groupes indiens, notamment dans la sidérurgie.

 
Les groupes indiens poursuivent leur offensive internationale dans la sidérurgie. Deux jours après avoir acquis un sidérurgiste canadien pour 1,2 milliard d'euros, le conglomérat indien Essar a acheté l'aciériste américain Minnesota Steel, jeudi 19 avril.

 

Grâce à cette opération dont le montant n'a pas été dévoilé, Minnesota Steel projette d'investir 1,65 milliard de dollars pour bâtir une usine d'une capacité de production de 2,5 millions de tonnes par an. Le chantier devrait démarrer au troisième trimestre et la première phase de la construction devrait être bouclée en 2009.

 

Minnesota Steel dispose de 1,4 milliard de tonnes de réserves de minerai de fer et a ainsi "l'opportunité d'être l'un des sidérurgistes aux coûts les plus faibles au monde", s'est félicité le président d'Essar, Shashi Ruia. Le patron de ce groupe familial a qualifié son nouvel investissement dans l'industrie lourde occidentale d'"excitant" constituant une "pierre angulaire sur le marché nord-américain".

Le conglomérat indien (acier, pétrole, télécommunications, transport naval, construction) s'était offert lundi le sidérurgiste canadien Algoma pour 1,2 milliard d'euros en espèces.

Depuis plus d'un an, les groupes indiens s'attaquent aux sidérurgistes occidentaux. Après le rachat de l'européen Arcelor en juin 2006 par le groupe de l'Indien Lakshmi Mittal, la filiale sidérurgique du conglomérat Tata, Tata Steel, s'est emparée en janvier de l'aciériste anglo-néerlandais Corus pour 10,6 milliards d'euros, le plus gros achat jamais réalisé par un groupe indien à l'étranger.

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article