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ean-Louis Borloo a raison : sur le front du chômage, l'année 2006 sera
"la meilleure depuis l'an 2000". Avec 2 352 000 chômeurs fin décembre, au sens du BIT, soit un taux de 8,6 %, le nombre de demandeurs d'emploi a reculé, sur un an, de 270 000. En 2000, la baisse avait été de 316 000. Au-delà des polémiques, qui sont récurrentes en période préélectorale, et malgré la forte augmentation des radiations administratives dans les fichiers de l'ANPE ainsi que des sanctions, le ministre de l'emploi peut souligner à bon droit le recul du chômage. Depuis mai 2005, où le taux de chômage était encore de 10,1 %, le mouvement de baisse a été quasiment ininterrompu. On attend maintenant de l'enquête annuelle de l'Insee sur l'emploi, théoriquement publiée en mars, qu'elle confirme cette tendance.
Pour autant, il ne faudrait pas que le gouvernement aille trop loin dans l'autosatisfaction. Tous les indicateurs l'incitent à la modestie. Etre repassé sous la barre des 9 % est évidemment encourageant. Mais cette amélioration ne saurait masquer le fait que la France connaît toujours un chômage de masse, plus élevé que dans la plupart des pays occidentaux. Cela fait vingt-cinq ans très exactement que le taux de chômage n'est pas redescendu au-dessous de 8 %.
De même, si l'on observe le quinquennat qui s'achève, le bilan est plutôt médiocre : le nombre de chômeurs est passé de 2 422 000 (9 %), en mai 2002, à 2 352 000, en décembre 2006, ce qui ne fait que 70 000 chômeurs de moins. Effet d'aubaine, dû à une petite reprise de la croissance et à une démographie plus favorable, l'affichage est plus positif pour Dominique de Villepin - puisque, depuis son arrivée à Matignon, le chômage baisse - qu'il ne l'avait été pour Lionel Jospin. Grâce notamment à une forte croissance, le gouvernement Jospin avait fait diminuer le nombre de chômeurs de 3 134 000 (12,2 %), en juin 1997, à 2 294 000 (8,6 %), en juin 2001, soit 840 000 demandeurs d'emploi de moins. Mais il avait été lâché par la croissance, et, avant l'élection présidentielle de 2002, le chômage avait enregistré neuf mois de hausse continue.
En tant que numéro deux du gouvernement, Nicolas Sarkozy, qui tâtonne encore sur ses propositions sur l'emploi, ne manquera pas de mettre à son actif ce bon résultat, sachant que le chômage reste la préoccupation première des Français. Mais ce mieux est précaire. La démographie, les contrats aidés - sans oublier le fameux contrat nouvelles embauches (CNE) inventé par M. de Villepin et dont M. Sarkozy hésite à s'inspirer - et le nettoyage des fichiers ont favorisé ce résultat. Il reste que les reprises d'emploi continuent à déboucher, dans un cas sur deux, sur des contrats précaires. Un constat qui n'est pas de nature à rassurer ceux qui ont le sentiment de voir l'insécurité sociale augmenter.