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a direction du groupe Volkswagen (VW) a annoncé, mardi 21 novembre, qu'elle allait supprimer 4 000 emplois sur les 5 300 de son usine de Forest-Bruxelles. La production de la Golf, la voiture la plus vendue en Europe, dont 190 000 exemplaires sont sortis des chaînes belges en 2005, sera rapatriée sur les sites allemands de Wolfsburg et Mosel.
| /http%3A%2F%2Fmedias.lemonde.fr%2Fmmpub%2Fimg%2Ficn%2Ffl-fen.gif) | L'ex-président du comité d'entreprise arrêté | | L'ancien président du comité d'entreprise de Volkswagen (VW), Klaus Volkert, a été arrêté, mardi 21 novembre, dans le cadre de l'affaire de corruption qui a ébranlé en 2005 le groupe allemand. M. Volkert est soupçonné d'avoir touché 1,9 million d'euros de pots-de-vin de la direction des ressources humaines de VW, qui désirait s'assurer la paix sociale dans l'entreprise. Il aurait par ailleurs aidé un dirigeant du service des ressources humaines, Hans-Joachim Gebauer, à monter un réseau de sociétés écrans pour décrocher de gros contrats avec VW, à l'insu du constructeur. |
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Après les mesures adoptées en Allemagne,
"des sites supplémentaires doivent faire l'objet d'une restructuration afin d'atteindre une production compétitive dans les sites ouest-européens", a indiqué, mardi, la direction du constructeur.
"Je suis déçu que des considérations nationales aient constitué le fondement d'une telle décision et choqué, parce que tellement d'efforts avaient été accomplis pour faire de cette entreprise l'une des plus productives d'Europe", a indiqué le premier ministre belge, Guy Verhofstadt. Il a ajouté que la production est moins chère à Forest qu'à Wolfsburg, "ce qui prouve que le principe de marché n'a pas joué".
La décision annoncée par Reinhard Jung, président du conseil d'administration de VW-Forest, a eu l'effet d'un coup de massue. Elle pourrait signer l'arrêt de mort du site. Yves Leterme, président de la Région flamande, s'est dit "impuissant" face à ce que des journaux décrivent comme "une catastrophe nationale", plus grave que celle de Renault-Vilvorde, en 1997.
Charles Picqué, président de la Région bruxelloise, où le taux de chômage dépasse 20 %, a dit sa "consternation" face aux dégâts sociaux : 13 000 emplois au total pourraient être sacrifiés, notamment chez les sous-traitants.
Mardi après-midi, quelques centaines de travailleurs ont bloqué l'entrée de l'usine, brûlant un drapeau allemand et d'autres aux couleurs de la marque. Un grand ressentiment à l'égard des syndicats allemands s'exprimait : "Ils nous ont sacrifiés pour garder leur emploi après avoir accepté une augmentation de la durée de leur temps de travail", expliquait un syndicaliste de l'organisation chrétienne CSC.
"LE CHEMIN LE PLUS FACILE"
Fin septembre, VW a signé un accord avec le syndicat IG Metall prévoyant un allongement de la durée du travail hebdomadaire, en échange d'une garantie de l'emploi pour les salariés allemands (Le Monde daté 1er-2 octobre).
Une assemblée du personnel devait se tenir, mercredi matin à Forest. Les représentants syndicaux ont lancé des appels au calme, mais à la base on n'exclut pas "la guerre". Informés des difficultés qu'ont connues, avant eux, les travailleurs de Renault pour retrouver un emploi, les salariés de VW semblaient dubitatifs quant aux promesses d'aide formulées par les régions et le gouvernement fédéral. La Commission européenne a, elle, évoqué l'éventuel octroi de moyens financiers à la Région de Bruxelles.
Après avoir rencontré M. Verhofstadt mardi soir, les syndicats semblaient se réjouir qu'un front commun soit esquissé en vue de faire pression sur la direction allemande.
Les responsables belges espèrent que VW confiera à Forest la fabrication de l'un des nouveaux modèles qui sera lancé à partir de 2008. Les syndicats tablent, au mieux, sur le maintien de 2 000 à 2 500 emplois, à condition qu'un plan industriel et des investissements soient garantis.
M. Verhofstadt rencontrera la direction début décembre. "J'ai peu d'espoir, mais je veux tout entreprendre pour assurer un avenir à cette usine", a-t-il dit.
Selon la presse allemande, VW pourrait réduire aussi ses effectifs portugais et espagnols. "En raison des faibles coûts de production, le site portugais devrait être épargné", avance Jürgen Pieper, analyste de la banque Metzler, qui estime qu'en conservant ses capacités de production en Allemagne "VW choisit le chemin le plus facile".