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es assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international se sont closes mercredi matin 20 septembre à Singapour. Dans son discours de clôture, le directeur général du Fonds, Rodrigo Rato, a souligné la nécessité d'une vaste réforme interne dont l'objectif
"était de rendre le FMI plus représentatif de l'actuelle économie mondiale". Les Etats membres ont approuvé à 90,6 % une hausse des droits de votes de quatre d'entre eux (Chine, Corée du Sud, Mexique et Turquie), qui souffraient d'une sous-représentation flagrante au sein de l'institution. La Turquie a par ailleurs été choisie pour accueillir à Istambul la prochaine réunion annuelle à l'étranger, à l'automne 2009.
Les autres grandes économies émergentes, comme l'Inde, le Brésil ou l'Argentine, devront attendre la deuxième étape du chantier de réformes ouvert à Singapour, au cours de laquelle seront redéfinis les critères retenus pour calculer le poids des 184 Etats membres.
Censée être bouclée d'ici 2008, la réforme s'annonce difficile, car l'Europe et les Etats-Unis, qui dominent l'institution créée il y a 61 ans, vont s'efforcer de limiter au maximum leur perte d'influence."Il en va ici de la crédibilité et de la légitimité du FMI", les a pourtant prévenu le ministre des finances indien Palaniappam Chidambaram, qui juge "totalement faussé" le système actuel, largement hérité de la donne de l'après-Seconde guerre mondiale. Les pays riches du G7 détiennent à eux seuls près de la moitié des droits de vote du Fonds.
En cette période de forte croissance mondiale, le FMI n'a aucune crise financière à gérer. Et les pays d'Asie et d'Amérique latine, jadis sous sa tutelle, ont largement remboursé leur dette, ce qui pèse du reste sur ses finances internes puisque celles-ci sont en partie alimentées par les intérêts sur les prêts accordés. L'Asie et l'Amérique latine gardent un souvenir amer des cures d'austérité imposées lors des crises financières qui ont secoué ces continents. "La mondialisaton financière et le fait que les pays asiatiques détiennent l'essentiel des réserves de change dans le monde ont réduit la dépendance à l'égard du FMI", souligne Mukul Asher, ancien responsable économiste à la National University de Singapore.
CONTRÔLE ACCRU DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES
Les pays d'Asie ont également critiqué à Singapour une autre réforme qui vise à renforcer le contrôle du Fonds sur les politiques économiques des Etats membres, notamment les questions de change. La Chine, accusée de maintenir artificiellement sa monnaie à un bas niveau pour soutenir ses exportations, redoute d'être placée sur la sellette.
Autre contentieux : la question de la présidence du FMI comme celle de son institution soeur, la Banque mondiale. En vertu d'un accord informel en vigueur depuis 1945, les Européens se réservent la première et les Etats-Unis la deuxième. Washington jouit en outre de facto d'un droit de veto. "Les Asiatiques ont le sentiment que le FMI ne peut pas s'opposer aux Etats-Unis", estime Eisuke Sakakibara, qui enseigne la finance à l'Université Waseda de Tokyo. Les pays émergents veulent prendre exemple sur l'ONU et son système de rotation régionale pour le poste de secrétaire général. Ainsi, le successeur en 2007 du Ghanéen Kofi Annan sera un Asiatique.