du lundi au vendredi de 19h à 20h | ![]() |
/http%3A%2F%2Feve.clair.free.fr%2Fgrandes-images%2Fmichel-onfray.jpg)
![]()
![]() |
|
| C'est à un exposé du matérialisme de La Mettrie que nous convie ici Michel Onfray. La Mettrie considère que "chacun est ce qui l'a fait": climat, éducation, nourriture, hérédité et, par conséquent, nie le libre-arbitre, dans une perspective amorale. Montrant l'inutilité du remords, il considère le délinquant comme une victime de sa nature. Alors, pourquoi la punition? La société doit bien se défendre. Il se pose comme le médecin qu'il est, il diagnostique, mais ne se pose pas comme maître à penser. En présence de délinquant jouissant du mal, il l'invite au repos dans le crime. Il considère qu'une prévention est possible: éducation, pédagogie. Il vient à un idéal ascetique, il oppose aux stoïciens son épicurisme léger, son bon sens hédoniste:... vivre d'abord, philosopher ensuite. |
![]() |
|
| Le XVIIIème siècle fut marqué par l'importance, au niveau tant scientifique que philosophique, de la cour de Frédéric II de Prusse. Il fît venir La Mettrie, Voltaire, Helvetius, Maupertuis... Aujourd'hui, Michel Onfray nous expose la vie et l'oeuvre de ce dernier. C'est d'abord un scientifique: expédition polaire, principe de moindre action, génétique. Mais c'est également un philosophe: Essai de philosophie morale, De l'esprit, Système de la matière. C'est aussi un hédoniste. Maupertuis est né à Saint Malo en 1698, il entre à 25 ans à l'Académie des sciences; Il découvre et introduit en France les travaux de Newton. Il met en place des expéditions scientifiques: polaire, au Pérou; Il en revient discrédité à cause de son libertinage. Il part à Berlin. Il Il continue à être l'objet de pamphlets; Il se querelle avec Descartes, les Cassini, puis Koenig et Voltaire, enfin avec D'Alembert. Il mourra à Saint Malo en 1759 où il se refugia en 1756. |
![]() |
|
| Michel Onfray nous rappelle donc que Maupertuis a écrit un Essai de philosophie morale, édité en 1749 en Allemand, puis en 1751 en français, suivi d'une édition avec réponse aux questions les plus fréquentes: Misanthropie, suicide, impiété, bigoterie, style sec... Cette oeuvre se plaît aux oxymores: christianisme hédonique, philosophe scientiste, utilitarisme altruiste, ... Le "calcul des plaisirs" est une idée du temps, c'est aussi d'après lui une idée de bon sens, et une idée du 17ème siècle: Descartes, Leibniz, Newton, Spinoza. Il définit ensuite une mathématique des plaisirs, qui permettrait de construire son plaisir, calculant en permanence, avec cependant un grand pessimisme. Il choisit l'hédonisme chrétien, qui donne des règles de conduite "utiles pour réaliser le bonheur ici bas", sans doute "cela même qui doit nous conduire au bonheur éternel". |
![]() |
|
| Claude Adrien Helvétius, né en janvier 1715, fit ses études à Louis-le-grand, puis près de son oncle, directeur des fermes. Il devient membre de l'Académie des Belles Lettres de Caen, puis fermier général à 23 ans. Dans cette charge, il tente d'établir la justice. Ensuite il achète des terres et agit avec les gens qui y vivent de la même manière que dans sa charge de fermier général. Il écrit Le Bonheur, Epitre sur les arts, Epitre sur le plaisir. C'est un entrepreneur qui réussit plus ou moins bien, car "il faut produire des richesses d'abord pour les distribuer". Il tient salon chez lui et se rend chez les autres: D'Holbach. En 1758, il écrit De l'esprit; il s'y montre déiste mais fustige l'Eglise. Le livre est condamné. Devant le tollé provoqué par celui-ci, il se retracte 3 fois. Très affecté, il souffre, voyage et meurt en 1771. Il a 57ans, et regrette ses rétractations. De l'esprit remanié parait en 1773. Il y propose entre autres un moyen de combattre l'idéalisme chrétien de Kant. |
![]() | émission du vendredi 11 août 2006 Questions du public (3/4) Echanges entre Michel Onfray et le public de l'Université populaire. |
![]() | émission du lundi 14 août 2006 Utilitariste anti-kantien |
![]() |
| Dans cette conférence, Michel Onfray nous expose la philosophie d'Helvétius. Dans un premier, il nous le montre empiriste, sensualiste, hédoniste, utilitariste. Helvétius constate dans la nature humaine, le "désir de plaisir", l'amour de soi, le fait que chacun veut jouir et ne pas souffrir. Il "déconstruit" l'amour, l'amitié, l'amour des enfants, la charité, montrant que dans ces sentiments, l'homme agit par intérêt. Dans un second temps, c'est la querelle Helvétius/Kant qui préoccupe Michel Onfray: ils s'opposent sur presque tout. Enfin Helvétius est un utilitariste qu'on peut opposer à la déontologie kantienne. |
![]() | émission du mardi 15 août 2006 La religion d'un mécréant |
|
| Ce sont les convictions religieuses d'Helvétius qui nous sont exposées ici. Helvétius oppose vraie et fausse religion. Sa critique porte sur le clergé, les moines, le pape, les jésuites, les jansénistes, l'histoire catholique. Il fait l'éloge de la douceur évangélique. Il dit sa préférence pour le protestantisme: moins coûteux, moins de bobards, moins de politiques déplorables. Il est pour une religion "civique', qui prône le bien public, la tolérance, la paix, le refus de la pauvreté, le savoir. Tout ce qu'il ne trouve pas dans le catholicisme. Il propose de couper les crédits de l'église pour les redistribuer aux pauvres. Il veut lutter contre tout despotisme. C'est un réformiste cependant et non un révolutionnaire. Ce n'est pas un communiste: il propose l'accès à la propriété pour chacun, la journée de 7/8 heures, alléger les impôts. C'est un franc-maçon, qui croit en l'éducation. Helvétius meurt en 1771, détesté par beaucoup. |
| Comme de coutume, Michel Onfray nous présente d'abord la biographie de D'Holbach. Né en 1723, mort en 1789, c'est un athée mais vertueux: il est pour le mariage, contre l'adultère, contre le mariage précoce, contre le célibat, contre les grandes disparités sociales, pour la simplification du divorce, pour le mariage des prêtres... Il a travaillé 15 ans avec Diderot à l'encyclopédie, fait et édité des traductions, des ouvrages scientifiques et philosophiques. Il a participé à maints salons et écrit sous pseudonyme. C'est Naigeon, 20 après sa mort, qui revèle ses écrits. C'est une quintessence de la philosophie des lumières, il y déconstruit le christiannisme, y affirme un matérialisme athée, et décrit une politique utilitaire qui veut le bonheur de tous. Il écrit 6500pages de 1761 à 1776. Cette oeuvre a fait l'objet de pamphlets, d'opposition du clergé et de Voltaire. |
| ||||||||||||
![]() | émission du jeudi 17 août 2006 Déconstruire le christianisme |
| Cette deuxième conférence à propos de D'Holbach explicite l'un des points importants de sa théorie: il prend point par point le christianisme et le contre: les chrétiens sont des ignorants, la religion est une tradition, les écritures sont un conte pour les simples. S'en suivent les "démontages" de différentes croyances: Dieu, Jésus, les révélations, les miracles, les sacrements, Histoire de l'Eglise, haine du corps, du monde. D'Holbach prône le matérialisme: connaître les lois de la nature permet de faire reculer la religion. L'ame est matérielle, elle est affectée par les désordres du corps, le cerveau est le siège des sentiments.Les lois de la nature nous font agir par nécéssité, les causes ne sont pas forcémént connues. Est-il donc possible d'agir sur ce monde de pure nécéssité? |
![]() | émission du lundi 21 août 2006 L'eudémonisme social |
| Cette conférence explicite toujours l'oeuvre de D'Holbach. Michel Onfray rappelle d'abord le principe que le bien du plus grand nombre est supérieur à celui de quelques uns, justifiant ainsi toute "punition", malgré les actions des humains conduites par la nécéssité et non la volonté propre. L'aporie: "nécéssité" et "liberté" se résoud alors: on peut rendre moins nécéssaire le nécéssaire et lutter contre le déterminisme, par l'éducation, la politique. Michel Onfray nous expose les principes d' éthocratie de D'Holbach: les bonnes lois, les devoirs du roi, les vertus sociales, la justice, la tolérance. Il nous signale enfin la rareté de l'athéisme. |
| ||||||||||||
![]() |
|
| Sade est né le 2 Juin 1740 dans la haute noblesse, son père a été arrêté pour drague homo, il a fait ses études chez les jésuites à Louis le Grand. Il a été militaire. Il s'est marié, a eut deux fils et une fille, il a trompé sa femme très souvent. Il pratique un double langage: il réprouve l'homosexualité, la prostitution, mais enlève des femmes, les blesse, les viole. Il se dit monarchiste, mais écrit " Français, encore un effort pour être républicains...", il défend cependant les aristocrates. C'est un grand délinquant sexuel, mais son opportunisme le protège des sanctions. Il devient une légende, on invente le mot sadisme. Il a été entouré, approuvé, critiqué. On oublie ses forfaits: il a probablement tué. La déconsidération des pauvres, prostituées,chômeuses, ouvrières, celle aussi des victimes sont courantes à cette époque. Sade affirme que les juges et les victimes sont de mauvaise foi, que les femmes sont consentantes. Il y a une inversion des valeurs: Sade devient une victime! |
| |||||||||||||
![]() | émission du mercredi 23 août 2006 Fatalité, inégalité, cruauté |
![]() |
| Ici Michel Onfray nous entretient de Sade, philosophe. On retrouve le double langage de Sade: il intercale scènes sexuelles et philosophie. Il emprunte aux autres: matérialisme, critique de Dieu chez Montesquieu, Rousseau. Il récuse les matérialistes tels Helvétius, D'Holbach. Mais il a aussi un accept spécifique: il est ennemi des lois, il pratique le culte de l'individu fort et la cruauté. Michel Onfray parle d'un "La Mettrie satanique", il en relève les points communs et les divergences. Sade est adepte de la violence et pense que l'être humain n'existe que pour lui même et qu'une partie du monde existe pour subir la loi de l'autre. Sade, dans La nouvelle Justine, célèbre la monarchie, christianisme, justifie la dictature de l'aristocratie sur la populace, il nous indique la recette pour parvenir à sa révolution. |
| ||||||||||||
![]() | émission du jeudi 24 août 2006 120 journées fascistes |
| La formule "Liberté, Egalité, Fraternité" est remplacée par Sade par "Fatalité, Inégalité, Cruauté". Sade écrit Les 120 Journées de Sodome montrant sa féodalité. Ce texte inachevé est un texte fasciste; évidemment rempli de sexe, sous toutes ses formes. L' hédonisme féodal est celui d'une impulsion de mort, on retrouve le matérialisme, il délire 400pages, certaines de ses suggestions seront prises par la Gestapo, les états totalitaires, les milices. En fin de compte, on garde une leçon: un fascisme est une crainte d'impuissance; une promesse: connaître cette thèse du féodalisme historique permet de la combattre; improgrès: le sexe entre dans la philosophie; sa philosophie est sapée par 1789. |
| ||||||||||||
![]() | émission du vendredi 25 août 2006 Les deux révolutions françaises ![]() |
| Aucun Ultra n'a connu la Révolution Française, sauf Sade. Robespierre, bourgeois libéral, défend l'idée de l'être suprême et déclare les athées sans foi ni loi. Le peuple a fait les frais de cette révolution et la bourgeoisie remplace la noblesse aux affaires. Il existe deux lignes de force radicale. Dans la première, Robespierre fait triompher les idées de Voltaire. Dans la seconde ligne de force radicale (ou ultra), ce sont les idées de Meslier qui sont suivies, elles menent à un essai de dechristianisation. Ces essais sont arretés par Robespierre. Après la Révolution Française, les vainqueurs libéraux et bourgeois célèbrent Voltaire. L'Université Napoléonnienne libère des pensées de 1789. Se met en place la philosophie des "professeurs", avec une fasciation pour l'idéalisme allemand, horizon indépassable de la philosophie officielle, il y a des descendants de l'utilitarisme français, en Angleterre et aux Etats-Unis: Godwin, Bentham, Mill, Sidgwick, Thoreau, Emerson... Pour l'année prochaine... |
| | |||||