| | Quelles qualités communes peut-on trouver à Nicolas Sarkozy, Alain Finkielkraut, Michel Houellebecq, Bernard Kouchner et Ségolène Royale ? Au moins une, selon l’hebdomadaire Le Point, ils sont « politiquement incorrects ». Et toujours selon Le Point, qu’est-ce qu’être « politiquement incorrect » aujourd’hui ? C’est, je cite, « refuser de croire que des "opprimés" ne peuvent se comporter en barbares, que la téléréalité et les jeux vidéo font "monter le niveau", que l’islam est une religion de tolérance, l’assistanat le meilleur des systèmes économique et la nation une vieille lune dépassée ». ¨Premier constat : on est bien loin de la définition qu’on aurait pu donner du même terme dans les années 90. « Le politiquement correct » et son pendant le « politiquement incorrect », sont donc des notions évolutives. Ce qui explique peut-être qu’elles aient connu un regain ces derniers mois, sur fond de crise des banlieues et de débat sur la discrimination positive et les méfaits de la colonisation. Mais, deuxième constat – et c’est une constante - le « politiquement correct » reste défini par ses adversaires plus souvent que par ses défenseurs. D’ailleurs, qui sont ses défenseurs ? Qui se revendique du « politiquement correct » ? C’est là que perdure le paradoxe propre à l’usage français de la notion : certains le voient partout, mais personne ne s’en réclame. Au point que ce qui paraît plus identifiable, c’est, peut-être, le camp de ceux qui revendiquent le droit d’appeler un chat un chat.
/http%3A%2F%2Fimage.radio-france.fr%2Fimg%2Fvide.gif) | Phillipe Mangeot. Enseignant en littérature, ancien président d'Act Up, membre du comité de rédaction de la revue Vacarme. | /http%3A%2F%2Fimage.radio-france.fr%2Fimg%2Fvide.gif) | /http%3A%2F%2Fimage.radio-france.fr%2Fimg%2Fvide.gif) | Philippe Raynaud. Philosophe, professeur de sciences politiques à Paris II et à l'institut d'études politiques. /http%3A%2F%2Fwww.beaubourg.biz%2Fimgpp%2Floupe_noire.gif) | Philippe Raynaud © DR | | |
| | |  Première partie de l'article de Philippe Mangeot : Bonne conduite? Petite histoire du "politiquement correct" publié en février 1997 dans la revue Vacarme. |
| | |  Deuxième partie de l'article de Philippe Mangeot : Bonne conduite? Petite histoire du "politiquement correct", publié au printemps 1997 dans la revue Vacarme. |
| /http%3A%2F%2Fimage.radio-france.fr%2Fimg%2Fvide.gif) | La Fondation du 2 mars :Née à Sciences Po en 2004 , en accord avec Elisabeth LEVY et Philippe RAYNAUD, La Fondation du 2 Mars est un club qui existe à l'échelle nationale depuis 1998. On y croise notamment, Marcel GAUCHET, Alain FINKIELKRAUT, Jean-Pierre LE GOFF, Paul THIBAUD. La Fondation du 2 mars s'inquiète de l'émergence d'un politiquement correct et cultive un goût pour les essais et les débats d'idées. Ses membres (écrivains, éditeurs, universitaires) sont adeptes des pages opinions et idées des journaux et pourraient se définir comme : "des gens qui adorent refaire le monde et qui, en même temps, souhaitent préserver un monde". La Fondation organise à Sciences Po des conférences et des rencontres entre les étudiants et des auteurs. L'année dernière, elle a organisé un débat "Soit rebelle et tais-toi !" avec Alain FINKIELKRAUT et Clémentine AUTIN. Elle souhaite organiser bientôt un débat autour de l'oeuvre de Christopher LASCH. Contact : fondationdu2mars@sciences-po.org |