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i elle se raffermit en Europe, se redresse au Japon, reste toujours aussi dynamique en Chine, l'économie est moins vaillante aux Etats-Unis. La croissance y ralentit fortement tandis que les tensions inflationnistes s'y font plus pressantes.
Selon les chiffres publiés mardi 1er août, l'indice de base mesurant les prix liés aux dépenses de consommation (PCE) a progressé de 0,2 % en juin, soit 2,4 % sur un an, son niveau le plus élevé depuis avril 1995. Vendredi 28 juillet, le département du commerce avait annoncé une hausse de 2,5 % du produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre, après une hausse de 5,6 % au premier.
Interrogé, mardi, depuis la Bourse de New York où il effectuait sa première sortie publique depuis sa prise de fonction au Trésor, Henry Paulson a affirmé que le risque de récession n'était
"absolument pas" fondé.
La veille, le président George Bush avait expliqué qu'il n'était "pas du tout" inquiet. "A court terme, je suis tranquille. Je ne suis pas un prévisionniste, mais, d'après ce que je vois, je suis tranquille", a-t-il ajouté. "Je crois que nous allons rester forts. (...) Regardez ce que nous avons surmonté pour en arriver là. C'est une remarquable économie et une société remarquable, qui peut surmonter des attaques terroristes, des affaires de corruption sur les marchés financiers, des scandales économiques, des désastres nationaux, des prix de l'énergie élevés", a-t-il dit.
Les économistes sont plus nuancés, même s'ils n'ont guère été surpris par les mauvaises performances du deuxième trimestre, où tous les indicateurs ont fléchi.
La consommation des ménages, qui contribue pour les deux tiers à l'activité économique, a augmenté de 2,5 % (après 4,8 % au premier). L'investissement des entreprises n'a augmenté que de 2,7 % (après 13,7 %), leurs achats d'ordinateurs et logiciels diminuant même de 1 %, leur première baisse depuis plus de trois ans. Enfin, l'investissement dans la construction de logements résidentiels a baissé, de 6,3 %, pour le troisième trimestre consécutif.
LE CHOIX CORNÉLIEN DE LA FED
L'économie américaine commence à souffrir de la hausse des prix du pétrole. "La baisse du volume d'essence consommé témoigne d'une adaptation du comportement des ménages", observe Loïc Brient, économiste à la Société générale. "Le rythme effréné de la croissance de leur consommation était soutenu par les liquidités extraites des renégociations de prêts hypothécaires." Avec le ralentissement du prix des logements (en hausse de 1 % seulement dans l'ancien en juin, sur un an, contre une progression de 17 % en octobre) et avec la hausse des taux, les demandes de refinancement de prêts sont en baisse, de près de moitié.
Et maintenant ? Côté immobilier, "la purge des excès passés n'est vraisemblablement pas terminée", estime Hélène Baudchon, économiste au Crédit agricole. La baisse de l'immobilier devrait peser sur le moral et la richesse des ménages et donc sur la propension à consommer.
L'évolution à venir des cours du pétrole devrait aussi jouer un rôle décisif. "Un retour de la croissance de la consommation à un rythme supérieur à 3 % reste possible si les ménages américains continuent à financer leur consommation par le crédit, prédit M. Brient. Il serait d'autant plus facilité si les prix du pétrole refluaient significativement. Si, au contraire, les ménages pensent que le pétrole restera durablement élevé, il est probable qu'ils cesseront d'autant plus vite de financer leur consommation par l'emprunt, et le ralentissement sera alors plus pérenne."
Après des années de croissance extrêmement forte, l'économie américaine s'orienterait vers un "atterrissage en douceur", jugé bénéfique dans la mesure où il aiderait, sinon à résoudre, du moins à réduire, le déficit gigantesque des comptes extérieurs des Etats-Unis. Les Américains consommant moins, ils importeraient également moins.
Les derniers indicateurs économiques publiés placent en revanche la Réserve fédérale américaine (Fed) dans une situation inconfortable, obligée de lutter en même temps contre les tensions inflationnistes et contre le ralentissement de la croissance. La plupart des économistes pensent qu'elle choisira de privilégier cette deuxième menace, lors de sa réunion du 8 août, et qu'elle s'abstiendra de relever ses taux. "Tout indique que la Fed n'a pas actuellement d'appétit à combattre le risque inflationniste et qu'elle a peur de trop monter ses taux", notent les économistes de HSBC.