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La direction de l'UNEF veut exclure des militants de la Jeunesse communiste révolutionnaire

 
Le président de l'UNEF, Bruno Julliard, à l'université de Créteil en mars 2006.
LE MONDE | 27.07.06 |

La procédure a été engagée à quelques jours de la fin des inscriptions universitaires. Saisie par la direction nationale, la commission de contrôle de l'UNEF a décidé, lundi 24 juillet, de suspendre 38 adhérents de la Tendance tous ensemble (TTE), courant minoritaire qui représentait 9,8 % des voix au dernier congrès du syndicat d'étudiants.

 

 
Parmi eux, 30 sont membres de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), dont deux de ses représentants au bureau national. Cette mesure précède leur exclusion, qui devrait être prononcée par le collectif national en septembre.

Dans la lettre de saisine, la direction de l'UNEF invoque une série "d'agressions physiques", notamment lors de la manifestation du 1er mai, qui auraient été commises par des militants de TTE des universités de Paris-Tolbiac et Nanterre à l'encontre de militants représentants de la majorité de l'UNEF. D'autres mises en cause concernent des militants de Paris-VII sur le campus de Jussieu qui, lors des élections, ont présenté des listes contre d'autres représentants "officiels".

Cette sanction collective est, en fait, l'épilogue d'un conflit qui couve depuis plusieurs années entre la "majo" du syndicat et cette "mino" essentiellement composée de militants trotskistes de la JCR, à qui il est reproché de se maintenir en groupe constitué dans le syndicat.

 

"RÈGLEMENT DE COMPTES"

 

Le différend s'est aggravé lors du mouvement contre le contrat de première embauche (CPE), où les militants de la JCR se sont retrouvés dans l'animation des coordinations, sur des positions souvent hostiles à celles défendues par le bureau national. Du côté de la JCR, on reconnaît l'existence de "désaccords". Ses responsables estiment que la direction de l'UNEF procède "au règlement de comptes de l'après-CPE", qui vise à les "mettre dehors" avant les affrontements de la campagne présidentielle de 2007. Pour autant, les militants concernés n'envisagent pas d'engager des recours contre cette mesure d'exclusion.

Le président de l'UNEF, Bruno Julliard, présenté comme proche d'Henri Emmanuelli, sans être au PS, récuse l'impact de la future bataille présidentielle sur une organisation où, assure-t-il, "les enjeux politiques sont moins pesants qu'auparavant". Il accuse la JCR d'être "le seul groupe politique qui a choisi de faire de l'entrisme et ne partage pas la stratégie du syndicalisme rassemblé", alors que d'autres étudiants, membres de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), mais opposés à son organisation de jeunesse, se sont ralliés à la "majo" du bureau national.

La "clarification" souhaitée par M. Julliard porte aussi sur le renouveau du syndicalisme étudiant, de son image et de son action, après le conflit du CPE. Avant la fin des inscriptions dans les universités parisiennes, la direction de l'UNEF annonce 19 % d'adhésions supplémentaires. Un enjeu, selon elle, plus important que la gestion des querelles internes.

Michel Delberghe
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