la dissertation: Quels sont les effets de l'internationalisation des échanges sur l'emploi dans les pays industrialisés ?
Introduction
Les exportations et les importations de marchandises, de services et de capitaux jouent un rôle croissant tant du côté des ressources que des débouchés des différentes économies. Dans le même temps, l’emploi des pays industriels change sans réussir à fournir régulièrement un travail à tous les actifs. On peut alors se demander ce que l’essor des échanges internationaux provoque comme évolutions quantitatives et qualitatives de l’emploi dans les pays industriels. On traitera dans un premier temps des effets quantitatifs contrastés de l’internationalisation des échanges sur l’emploi des pays industriels avant de voir dans un deuxième temps ce que cette internationalisation provoque comme effets structurels multiples sur ce même emploi.
Partie I : L’internationalisation des Echanges provoque A la fois des destructions et des crEations d’emplois dans les pays industriels
A. La concurrence internationale et les délocalisations entraînent des destructions d’emplois
● La recherche de gains de productivité conduit à des réductions d’effectifs (cf. doc. 5).
● La DIPP (décomposition internationale des processus productifs) visant à abaisser le coût du travail implique des IDE et des délocalisations coûteuses en emplois (cf. doc. 5).
● Ces pertes d’emplois touchent notamment les industries traditionnelles (comme le textile) et les faibles qualifications (cf. doc. 3 et 5).
● Il ne faut pas exagérer le poids des destructions d’emplois dues aux délocalisations (cf. doc. 6).
B. L’intensification des échanges internationaux génère des créations d’emplois liées aux échanges eux-mêmes et à différentes incitations
● Le poids dominant des pays du Nord et de leurs firmes dans le commerce international en fait des acteurs majeurs plutôt que des "victimes" des transformations en cours (cf. doc. 1).
● L’essor des exportations et des importations induit des emplois dans différents domaines (commerciaux, logistiques, bancaires…).
● La spécialisation liée aux avantages comparatifs (Ricardo) et la dotation factorielle (HOS) favorise des créations d’emplois.
● L’incitation à innover que provoque la concurrence des pays émergents est source de nouveaux emplois (cf. doc. 2).
Partie II : L’essor du commerce international influence Egalement la structure et l’organisation de l’emploi des pays industriels
A. La spécialisation dans la division internationale du travail provoque des déversements d’emplois entre secteurs
● L’évolution de la spécialisation des économies des pays industriels, engendre des déversements sectoriels (exemple des télécommunications : cf. doc 3 et 4).
● L’évolution des taux de couverture montre un changement du poids relatif des différents pays dans l’économie mondiale, ce qui affecte la répartition des emplois entre secteurs et branches (cf. doc. 4).
● La tertiairisation de l’emploi s’accroît avec des pertes dans l’industrie et des gains dans les services (cf. doc. 3).
B. La recherche de compétitivité dans l’économie mondiale tend à élever la qualification de nombre d’emplois des pays industriels (cf. doc. 2)
● Le partage des productions entre pays du Nord et du Sud conduit à une élévation de la qualification des emplois au Nord.
● La montée du niveau de qualification des emplois des pays industriels tient aussi à la recherche d’innovation face à la concurrence internationale.
C. Face à une concurrence internationale avivée, les firmes des pays industriels accélère la flexibilisation de leur emploi
● Des emplois de plus en plus flexibles pour répondre aux besoins de compétitivité (cf. doc. 2).
● Une flexibilité qui facilite la différenciation et le renouvellement au service de la recherche de compétitivité hors prix.
● Le rapport de force favorable aux firmes multinationales leur permet d’imposer cette flexibilité dans les pays industriels.
Conclusion
L’internationalisation des échanges a certainement accéléré la transformation qualitative de l’emploi dans les pays industriels qu’il s’agisse des déversements sectoriels ou de la flexibilisation. Si les emplois créés semblent plus nombreux que les emplois détruits, cela ne résout pas le problème des salariés licenciés suite à des délocalisations. La solution de ces problèmes viendra sans doute d’une réorganisation de la régulation socio-économique des pays industriels plutôt que d’une fermeture aussi improbable que dangereuse des frontières. Un emploi mieux réparti parmi des salariés mieux formés constituera alors un des atouts des anciens pays industriels dans l’économie mondiale de demain.
Un autre plan possible
En modifiant l’introduction, vous pouvez orienter le sujet de la manière suivante :
Partie I : Les pays industriels perdent des emplois peu qualifiés dans des secteurs traditionnels sous l’effet de l’internationalisation des échanges
Partie II : La spécialisation internationale conduit les anciens pays industriels à transformer la structure et l’organisation de leur emploi
V - LES "PLUS"
● L’exemple des Etats-unis et des créations massives d’emplois liés aux exportations.
● Les différents types d’IDE et leurs effets en termes d’emplois.
● Des références théoriques récentes (exemple : Krugman).
● Le dépassement des économies, des frontières et des comptabilités nationales à l’heure de la mondialisation.
Question de synthèse : Syndicalisme et action collective
questions préparatoires:1. Plusieurs transformations ont conduit à l'affaiblissement du syndicalisme depuis les années 70 :
● disparition (ou déclin) des grands centres industriels qui concentraient la main d'oeuvre ouvrière, fortement syndiquée
● essor d'activités tertiaires avec une faible syndicalisation
● déclin du militantisme syndical chez les salariés, sans doute devenus plus pragmatiques et consommateurs d'une prestation individualisée
● professionnalisation des militants syndicaux, plus souvent déconnectés des problèmes du terrain
2. L'institutionnalisation du syndicalisme a favorisé sa reconnaissance sociale et son importance dans la gestion des conflits. En agissant au sein des structures de la protection sociale et de la réglementation du monde du travail, les syndicats ont pu obtenir un certain nombre de droits favorables aux salariés.
Ceci a cependant contribué à les éloigner de leur base, c'est-à-dire des problèmes du terrain.
3. Les chiffres du document 2 font bien apparaître les critères qui influencent la syndicalisation :
● le statut (public ou privé) de l'employeur
● la taille de l'établissement, en nombre de salariés
● le type de contrat de travail du salarié
4. Les évolutions significatives entre 1979 et 2002 :
● très forte augmentation du taux d'abstention aux élections prud'homales
● déclin des résultats de la CGT, syndicat réputé plus radical, qui reste cependant majoritaire
● légère progression de la ligne "autres", maintien de la CGC et de la CFTC, confirmant un certain émiettement du syndicalisme
5. En étant présents dans les conseils des prud'hommes, les syndicats interviennent dans les problèmes de gestion individuelle de main d'oeuvre. Il s'agit de régler des litiges qui existent entre un salarié et son employeur. Ceci montre le maintien d'une fonction de "proximité" dans l'action syndicale, qui ne s'inscrit donc pas seulement dans des grandes instances nationales (caisses de protection sociale par exemple).
6. Les syndicats interviennent dans les conflits du travail bien sûr, mais ils sont parfois associés à la gestion :
● de l'entreprise (co-gestion allemande)
● des indemnités de chômage (Suède)
● de la Sécurité Sociale en France (maladie, vieillesse, chômage)
● des recrutements (closed shop aux Etats-Unis et en Grande Bretagne)
I - UN PLAN POSSIBLE A LA QUESTION DE SYNTHESE
Introduction
Les événements sociaux dans la période récente en France ont illustré les tensions qui traversent la société et plus précisément le monde du travail. La réforme Fillon des retraites en 2003 ou encore le projet de mise en place d'un Contrat Première Embauche en mars 2006 ont provoqué des manifestations de grande ampleur.
Même si, sur le long terme, on constate une diminution des grèves et des taux de syndicalisation, les inquiétudes (liées au chômage par exemple) nourrissent depuis quelques années des mobilisations collectives et posent la question de la place des syndicats de salariés dans la société.
Partie 1 : Des transformations économiques et sociales ont provoqué un déclin qualitatif du syndicalisme depuis les années 70.
A. Les difficultés économiques ont réduit la population "syndicalisable"
● Impact de la crise industrielle sur les grandes concentrations ouvrières (mines, sidérurgie, chantiers navals, automobile)
● Montée du chômage et de la précarité
● Essor des activités de services moins syndicalisées
B. Il y a une crise de l'engagement militant chez les salariés
● Crainte du chômage et repli de la contestation
● Discours syndical mal adapté à des salariés dotés d'une conscience politique moins forte
● Développement de comportements et de stratégies plus individualistes
● Essor des pratiques d'individualisation dans la gestion des ressources humaines.
Partie 2 : Même si leur place a changé, les syndicats restent des acteurs importants dans le monde du travail
A. Le déclin du syndicalisme peut être relativisé
● Les taux de syndicalisation sont restés importants dans certains pays (Allemagne, Suède)
● En France, le déclin syndical n'est pas uniforme (cf. document 2)
● Regain de popularité récent, à la faveur des grandes causes nationales (retraites, CPE,...)
B. L'action syndicale s'est déplacée au-delà de l'entreprise
● Présence syndicale dans les conseils des prud'hommes
● Action syndicale dans la gestion paritaire des instances de protection sociale (Sécurité Sociale en France par exemple)
● Ils participent aux négociations nationales sur les grands sujets (35 heures, CPE, formation...)
Conclusion
Avec aujourd'hui moins de 9% de syndiqués, la France donne un exemple de société où les contre-pouvoirs sont faibles, face aux instances de décision économiques (les entreprises) ou politiques (l'Etat).
Les enjeux sont pourtant essentiels, notamment dans le monde du travail : chômage, flexibilité, mondialisation, protection sociale...
Au-delà du syndicalisme, c'est sans doute le fonctionnement de notre démocratie qui est mis à l'épreuve.
V - LES "PLUS"
● les congrès récents des grands syndicats en France : CGT et CFDT
● des repères sur l'histoire du mouvement syndical en France, par exemple le droit de grève autorisé en 1864, les syndicats autorisés en 1884, la section syndicale d'entreprise en 1968
● le syndicalisme dans d'autres pays : les Etats-Unis et la Grande Bretagne
● les pratiques de l'individualisme dans la gestion des ressources humaines au sein des entreprises
● les mouvements étudiants visant à une réglementation des stages en entreprise
● les mouvements des chômeurs et précaires
● le militantisme pour une Europe sociale
● le paradoxe d'OLSON : le passager clandestin
spécialité:
Tocqueville tire de son voyage aux Etats-Unis une analyse de la démocratie originale. Si la démocratie est un régime souhaitable, elle n'en comporte pas moins des risques. L'auteur explique que, dans une démocratie, les individus peuvent développer une tendance à la consommation matérielle qui risque de leur faire oublier leur sens de la citoyenneté. Occupés par la recherche constante du bien-être matériel les individus peuvent négliger leurs devoirs civiques, réduire leur participation à la vie publique etc. Ce faisant, ils laissent la place à un despote, à un Etat tyran, négation de la liberté et à l'opposé bien sûr de ce qui fonde la démocratie. Question 2 Si la préoccupation essentielle des individus est le confort matériel, ils réduisent le temps nécessaire à l'implication politique. Il faudrait que les individus restent "maîtres d'eux-mêmes" pour Tocqueville, c'est-à-dire maîtres de leur destin (collectif et individuel). Le maintien de la démocratie est à ce prix. C'est en ayant une conscience politique forte, en s'informant des questions politiques, en prenant position sur des décisions collectives que le citoyen maintiendra la liberté contre les risques de tyrannie. Question 3 L'abstention électorale s'élève en France (et dans d'autres pays) comme le montrent les chiffres aux élections présidentielles de 1995 et de 2002. Le déroulement des affaires publiques, le désintérêt des citoyens pour la "chose" politique est un risque qu'avait souligné Tocqueville dès 1840. L'abstentionnisme électoral serait donc un indicateur qui confirmerait son analyse 150 ans plus tard. Cependant l'analyse de l'abstentionnisme aujourd'hui s'est affinée. On évoque volontiers non pas seulement la démobilisation des citoyens mais aussi une véritable crise de la représentation politique. L'abstention deviendrait en fait une des formes de l'expression politique dans nos sociétés modernes.
sujet
Question 1
L’économiste anglais John Maynard Keynes auteur de "La théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie" parue en 1936 est le principal "économiste de la demande". Selon lui, la demande effective (efficace car solvable) est le principal déterminant de la croissance économique et de l’emploi. Il considère en effet que les entreprises fixent leur niveau de production et de recrutement en fonction de ce qu’elles pensent pouvoir vendre. C’est donc la demande qu’elles anticipent qui est le facteur essentiel. Cette demande effective anticipée comprend deux grandes composantes : la consommation finale des ménages et l’investissement (des entreprises et de l’Etat). Partie prenante de la demande, l’investissement joue un rôle d’autant plus important qu’il conditionne la production (donc l’offre) à venir. Le taux d’intérêt et l’état de confiance influencent à leur tour l’investissement en encourageant (taux d’intérêt bas et confiance élevée) ou en décourageant (taux d’intérêt élevé et manque de confiance) les entrepreneurs à tenter ce pari sur l’avenir. Question 2 Keynes considère qu’une baisse des salaires aurait un effet psychologique désastreux même si elle ne provoquait pas une baisse de pouvoir d’achat. Les individus n’ont qu’une rationalité limitée pour Keynes qui ne croit pas à l’existence de l’homo œconomicus cher aux néoclassiques. Les agents économiques sont donc victimes d’une illusion monétaire qui les conduit à préférer une augmentation de salaire totalement ou partiellement annulée par l’effet de l’inflation plutôt qu’une baisse de salaire même corrélée à une baisse de prix qui préserverait leur pouvoir d’achat. L’analyse keynésienne faisant du climat de confiance un élément important pour le fonctionnement de l’économie, générer de la crainte serait une grave erreur préjudiciable à toute relance de l’économie. Question 3 Le document montre une très forte corrélation entre d’un côté les taux de croissance (variation du PIB) et de l’emploi et de l’autre les évolutions de la consommation finale et des investissements (Formation brute de capital fixe). Ces taux sont tous nettement plus élevés dans la période 1998-2000 que dans la période 2001-2004. Pendant que le taux de croissance était divisé par plus de 2 (de 3,7 à 1,6%) et l’évolution de l’emploi par plus de 3 (2,1 à 0,6%), le rythme de croissance de la consommation ralentissait nettement (de 3,6 à 2,0%) et celui de l’investissement était divisé par 5. On ne peut affirmer que ces chiffres confirment l’analyse de Keynes dans la mesure où une corrélation ne suffit jamais à démontrer l’existence de liens de causalité tels ceux supposés par Keynes. Ces corrélations vont cependant dans le sens de l’analyse keynésienne.
sujet
Question 1