Lula a ouvert samedi matin, dans un grand hôtel de Sao Paulo, une réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20, qui rassemble les pays les plus avancés et les grands pays émergents, un ensemble qui concentre 85 % du PIB mondial. "Il s'agit d'une crise mondiale qui exige une réponse mondiale. C'est le moment de formuler des propositions pour un changement réel dans l'architecture financière mondiale", a assuré Lula.
Cette réunion ministérielle doit ouvrir la voie au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement convoqué par le président américain George W. Bush le 15 novembre à Washington, sous la pression des Européens, pour tenter de trouver une réponse coordonnée à la crise mondiale, la pire depuis celle de 1929. D'après le FMI, la récession frappera les Etats-Unis, l'Europe et le Japon, mais toute la planète en pâtira : la croissance mondiale se réduira à un maigre 2,2% en 2009 contre 3,7% en 2008. Les quatre grands pays émergents dits Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) comme les Européens, réclament une réforme profonde et rapide du système financier mondial né après la Seconde Guerre mondiale et aujourd'hui ébranlé par la crise.
"TROUVER DE NOUVEAUX MÉCANISMES"
"Nous avons besoin d'une nouvelle gouvernance, plus ouverte et participative", a déclaré le président brésilien qui a réclamé une "plus grande participation" des pays émergents dans la gouvernance économique. Il a souligné que "l'heure était venue de conclure un pacte entre les gouvernements pour une nouvelle architecture mondiale, capable de promouvoir la sécurité et le développement de tous sur un pied d'égalité".
Vendredi, les Bric ont réclamé une réforme du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale en vue d'un meilleur équilibre entre les pays avancés et en développement et un renforcement du G20 avec des réunions élevées du niveau ministériel à celui des chefs d'Etat et de gouvernement. Dans un communiqué commun, ces quatre pays ont souligné qu'"il y a un besoin urgent de trouver de nouveaux mécanismes (...) pour restaurer l'accès au crédit de l'économie réelle, stimuler la demande et faire circuler le capital".
Mais, il apparaissait peu probable que les Etats-Unis, en pleine période de transition, s'engagent dès maintenant sur des réformes de fond. Ils étaient aussi appuyés par les pays les plus libéraux qui craignent un excès de règles. Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn, a ainsi assuré que le sommet de Washington n'allait "pas créer un nouveau traité international", dans une interview publiée samedi par le quotidien britannique Financial Times. M. Strauss-Kahn, ainsi que les présidents de la Banque mondiale Robert Zoellick et de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet, assistent à la réunion de Sao Paulo.
La Maison Blanche a estimé, samedi 8 novembre, qu'il existait "un terrain d'entente" entre l'Union européenne et les Etats-Unis sur la nécessité d'une réforme du système financier, à l'approche du sommet du G20 sur la crise prévu à Washington le 15 novembre. "Nous pensons qu'il existe un terrain d'entente sur beaucoup d'aspects dans nos approches pour affronter la tourmente sur les marchés financiers", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino sur la base des conclusions du sommet européen de Bruxelles vendredi. (AFP)