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DOUBLE CHOC
L'ampleur de la révision concernant la France est en revanche comparable à celle qui vise l'Espagne (1,4 %, contre 2,2 % en avril), et le Royaume-Uni (1,1 % contre 1,7 %), deux pays très touchés par la crise financière internationale. D'après les services de Joaquin Almunia, le commissaire en charge des Affaires économiques et monétaires, les Vingt-sept subissent désormais de plein fouet le double choc suscité par la crise des subprimes, et l'envolée du prix des matières premières.
Tandis que le prix du pétrole a progressé, en dollars, de 80 % entre juillet 2007 et juillet 2008, l'inflation a contribué à freiner la consommation. L'environnement économique est désormais caractérisé par "un haut degré d'incertitudes", estime la commission, qui constate le "resserrement" des conditions de crédit pour les entreprises, et les particuliers.
Aux yeux des économistes bruxellois, la conjoncture européenne risque de frôler la récession technique – c'est-à-dire deux trimestres consécutifs de recul du PIB – durant la seconde partie de l'année : au troisième trimestre, la croissance devrait rester nulle pour la zone euro comme pour les Vingt-sept, après avoir été négative sur les trois mois précédents.
D'ici à la fin 2008, l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Espagne devraient en particulier afficher deux trimestres consécutifs de recul de leur PIB. D'après la commission, la France échapperait en revanche de justesse à cette perspective : après un recul de 0,3 % au deuxième trimestre, son PIB devrait stagner au troisième, puis progresser de 0,1 % au quatrième.
La commission européenne, qui se réjouit de la baisse des prix du pétrole engagée cet été pronostique par ailleurs un recul de l'inflation d'ici à la fin de l'année. Elle pronostique pour la zone euro, un chiffre en rythme annuel de 3,4 % au quatrième trimestre, contre 3,9 % au troisième. En France l'inflation passerait de 3,8 % à 3,3 % entre les deux derniers trimestres de l'année.
L'ensemble de ces prévisions pourrait inciter les ministres des finances des Vingt-sept à mieux coordonner leur réponse à la crise, comme le souhaite la présidence française "Nous devons prendre des mesures aptes à replacer nos économies sur la voie d'une croissance forte et durable, et il n'y pas beaucoup de temps à perdre", a indiqué Joaquin Almunia, en excluant tout plan de relance budgétaire.