Samedi 5 janvier 6 05 /01 /Jan 17:28

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En quoi le partage de la valeur ajoutée influence t-il le niveau de l'investissement ?

Introduction:

accroche: Les profits records que le groupe pétrolier Total a réalisés en 2007 ont suscité un débat Dans l'histoire de l'économie française, jamais une entreprise française n'avait affiché des résultats aussi spectaculaires : près de 12,6  milliards d'euros. Alors que depuis plus de deux décennies, la rigueur salariale est de mise il est naturel que l'on s'interroge sur les superprofits et les règles qui président à leur partage alors que la principale proéocupation des fançais est le pouvoir d'achat.  La politique économique française s'est inspirée tout au long des années 1980 du fameux « théorème de Schmidt » (par allusion au chancelier allemand Helmut Schmidt) : « Les profits d'aujourd'hui font les investissements de demain et les emplois d'après-demain. » Or, la France a appris à ses dépens que l'équation magique ne fonctionnait pas toujours.
 Définition: le partage de la creation de richesse (valeur ajoutée, estimée au niveau national par le PIB)  entre salaire et profit est donc essentielle a l'activité économique et particulièrment a l'investissement des entreprises c'est à dire l'acquisition par l'entreprise de moyens de production qui viennent remplacer et ou accroitre le capital productif, c'est a dire essentiellement les machines .
  Problématique : De quelle manière la capacité d'investir est-elle reliée au partage de la valeur ajoutée ? La capacité d'investir résultant d'un partage favorable aux entreprises de la valeur ajoutée est-elle pour autant favorable à l'investissement ?
    - Plan : Après avoir montré que le niveau de l'investissement est influencé par les modalités du partage de la valeur ajoutée, nous montrerons que cela ne conduit pas toujours à des conditions favorables à la décision d'investir.

I. Le niveau de l'investissement est lié au partage de la valeur ajoutée du fait que la capacité d'investir dépend de la facilité à investir, soit par l'autofinancement, soit par le recours à l'emprunt

A/ Les constats empiriques et mécanismes reliant taux de marge et taux d'investissement

* En période de ralentissement des gains de productivité se pose le problème du partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits. Les entreprises ont tendance à limiter la croissance des coûts salariaux pour améliorer leurs profits afin de permettre une meilleure rentabilité de l'entreprise dans l'objectif de pouvoir investir. Le partage de la valeur ajoutée devient, de ce fait, favorable aux entreprises puisqu'il se traduit par une amélioration du taux de marge : EBE/VA. Depuis 1983, en France, la politique de rigueur salariale s'est en effet traduite par une remontée du taux de marge qui est passé de 25.8% en 1980 à 32.3% en 1997 (soit à un niveau supérieur à ce qu'il était avant la crise (30.8% en 1970). Le taux de marge plus élevé se traduit par un taux d'épargne des entreprises en hausse (EB/VA) et donc par un taux d'autofinancement (capacité à financer ses investissements : EB/FBCF) en hausse. En effet, le taux d'autofinancement est passé de 62% en 1980 à 115% en 1995. Cette capacité à s'autofinancer rend le coût de l'investissement minimal puisqu'il correspond alors au prix d'acquisition (pas de coût supplémentaire lié à l'emprunt). De 1985 à 1991, le taux d'investissement a progressé de 3 points (passant de 16% à 19%).

B/ Selon l'analyse libérale, l'augmentation de l'épargne tend à abaisser le taux d'intérêt réel

* Pour les classiques, le taux d'intérêt réel est la variable d'ajustement sur le marché des fonds prêtables entre l'épargne (qui correspond à l'offre de fonds prêtables) et l'investissement (qui correspond à la demande de fonds prêtables). Plus le niveau de l'épargne est élevé, plus le taux d'intérêt est bas. Or, un partage de la valeur ajoutée favorable aux entreprises élève le niveau de l'épargne, donc, tend à faire baisser les taux d'intérêts, ce qui est avantageux pour l'investissement puisque limitant les charges financières pesant sur l'entreprise et imputables à l'emprunt. De plus, des taux d'intérêts réels faibles favorisent la rentabilité financière de l'entreprise, mettant ainsi en place l'effet de levier. La rentabilité économique est supérieure au taux d'intérêt réel, la profitabilité est positive, elle permet de dégager une marge qui rémunère le risque. Cela rend l'investissement par recours à l'emprunt plus rentable, ce qui est profitable aux propriétaires d'entreprises ayant une faible capacité d'épargne.

Transition

* Dans la pratique, toutefois, un partage de la valeur ajoutée favorable aux entreprises ne se traduit pas toujours par un taux d'investissement élevé, ni même par des taux d'intérêts faibles (dans les années 1980 et 1990, les taux d'intérêts sont restés à des niveaux élevés).

II. Un partage de la valeur ajoutée favorable aux entreprises (en termes de capacités d'investir) peut ne pas se traduire par une décision d'investir, car le choix d'investir repose sur les profits escomptés de l'investissement et en cela dépend du niveau de la demande

A/ La hausse du taux de marge se traduit par un recul de la part des salaires dans la valeur ajoutée, assombrissant les perspectives de débouchés pour les entreprises

* En France, entre 1980 et 1997, la part des salaires dans la valeur ajoutée a baissé, passant de 68.3% à 59.7%. Cette rigueur salariale a freiné la croissance de la consommation, les entreprises ont alors revu à la baisse leurs perspectives de débouchés. La demande effective (demande anticipée dans l'analyse keynésienne) est alors apparue comme insuffisante pour justifier une hausse de l'investissement (taux d'investissement "historiquement bas" en 1996, bien que le taux de marge soit à un niveau élevé (32.3%), amenant à un taux d'autofinancement de 115%). Ceci montre que les entreprises, bien qu'ayant la capacité d'investir, n'ont pas pris la décision d'investir du fait de la faiblesse de la demande. Entre la demande et l'investissement, il existe un lien ténu, mis en évidence par Clark. Ce lien, c'est le principe de l'accélérateur, selon lequel les réactions de l'investissement à la demande sont amplifiées. Ainsi, si la demande ralentit, l'investissement est freiné de manière amplifiée, voire sa croissance devient négative. C'est cet effet de décélération qui a joué sur cette période.

B/ La volonté d'investir dépend de l'endettement et du degré d'utilisation des capacités de production

* Un partage favorable pour les entreprises de la valeur ajoutée ne se traduit pas nécessairement par une hausse de l'investissement. Si les entreprises sont largement endettées et les taux d'intérêts élevés, elles commencent par se désendetter pour assainir leur situation financière (années 1985 et suivantes).
* De plus, dans le cas où ce problème est résolu et que la demande repart, les entreprises n'investissent que si elles prévoient une reprise durable de la demande, car la rentabilité de l'investissement se fait sur plusieurs années.
* Si toutes ces conditions sont réunies, les entreprises vont réagir en fonction du degré d'utilisation de leurs capacités de production. Dans le cas où leurs capacités de production sont sous-employées, l'investissement n'aura pas lieu, car pour répondre à la demande, les entreprises commenceront par utiliser leur capacité de production à plein régime (au-delà de 90%). Entre 1990 et 1997, les taux d'utilisation des capacités de production sont demeurés inférieurs à 84% (inférieurs même à 80% en 1993).

Conclusion

          - Bilan : Les entreprises, pour investir, ont besoin d'en avoir les moyens, c'est-à-dire d'un partage de la valeur ajoutée qui leur soit favorable. Toutefois, avoir la capacité d'investir ne se traduit pas nécessairement par la décision d'investir, qui dépend plus largement de la conjoncture et de la situation des entreprises en matière d'endettement et d'utilisation des capacités de production.
          - Ouverture : Ce problème complexe de la croissance de l'investissement est capital sur le plan économique, puisque l'investissement est un moteur de la croissance et, par la même, de l'emploi.Le partage de la valeur ajoutée nous rammene avant tout a un rapport de force dans un contexte politico-economique favorable aux actionnaires qui entraine a l'heure actuelle un partage de la valeur ajoutée favorable à la distibution de dividendes  et à une économie de rentiers qui vise le court terme.

Par terminale2 - Publié dans : thebestterminale
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