Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 18:30

Entretien avec Pierre Radanne*, directeur de Futur Facteur 4 et ancien président de l'Ademe
Propos recueillis par
Alternatives Economiques n° 308 - décembre 2011

 

"Même si ça paraît très improbable aujourd'hui, on peut imaginer également que l'aggravation de la crise économique et financière conduise à un sursaut mondial." Entretien avec Pierre Radanne, directeur de Futur Facteur 4 et ancien président de l'Ademe.

 

Le financement de la limitation des émissions dans les pays du Sud et sa contrepartie, le contrôle de l'utilisation des fonds, seront au coeur des négociations de Durban. A quelles conditions peut-on progresser sur ces dossiers ?

Pierre Radanne : Il faut, tout d'abord, bien comprendre que les versements des pays du Nord au titre de la lutte contre le changement climatique n'ont rien à voir avec de l'aide au développement. Il ne s'agit pas d'un geste de générosité entraînant une rémunération purement morale. En matière de climat, le pays donneur est autant bénéficiaire que le pays receveur, puisque les réductions d'émissions profitent par définition à tous. De plus, ces réductions sont généralement plus importantes, pour un montant donné, quand elles sont réalisées au Sud qu'au Nord.

Pour que ces versements apparaissent légitimes dans les pays donateurs, il faut cependant garantir l'effectivité des actions engagées. Ce qui implique que les pays du Sud acceptent une réelle transparence et une certaine ingérence extérieure dans leurs affaires. Et cela peut aller assez loin : cela ne sert à rien par exemple de financer des plantations d'arbres dans un pays, si quelques kilomètres plus loin on continue à déforester à tour de bras. C'est donc l'évolution de l'ensemble du couvert forestier qu'il faut contrôler.

Les pays émergents ont longtemps été très réticents, refusant les " corps expéditionnaires ", mais les choses évoluent. Et c'est en effet indispensable si on veut pouvoir porter ces financements à des niveaux suffisants. Ceci dit, le meilleur système de contrôle reste, de loin, une démocratie effective dans les pays concernés.

Les engagements de réduction d'émissions pris aujourd'hui restent très insuffisants. Existe-t-il, malgré tout, des raisons d'être optimiste ?

Le plus probable aujourd'hui, c'est évidemment un scénario noir, où les négociations ne se débloquent pas, les événements climatiques se multiplient et les tensions internationales s'accroissent. On peut imaginer aussi, même si ça paraît peu probable pour l'instant, que les Etats-Unis acceptent de revenir dans le jeu de la négociation et que celle-ci se débloque à temps. Que les pays industrialisés, soumis à la pression de leur opinion publique, finissent par comprendre qu'une attitude proactive dans la lutte contre le changement climatique est plus un atout qu'un handicap, comme le montre notamment la trajectoire allemande.

Enfin, même si ça paraît très improbable aujourd'hui, on peut imaginer également que l'aggravation de la crise économique et financière conduise à un sursaut mondial. La communauté internationale finirait par s'engager, par exemple à l'occasion de la Conférence internationale de Rio + 20, l'été prochain, dans une vaste rerégulation de la mondialisation. Auquel cas, la question du climat deviendrait un élément d'un agenda international plus large, donnant ainsi des marges de manoeuvre supplémentaires pour la régler…

En savoir plus

 

http://futurfacteur4.com

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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 18:37

 

 

Documentaire en 2 parties (2 x 52 min) du réalisateur sardon Gilles Balbastre (2001).



Voir le film en ligne :

Première partie : 1967 - 1981 (52 min., Vidéo haut-débit)
Seconde partie : 1981 - 2001 (52 min., Vidéo haut-débit)


Résumé du film :

Le chômage est une invention récente, née avec le salariat. La diminution du nombre de chômeurs durant les dernières années ne doit pas faire oublier que notre pays vit encore, depuis plus de trente ans, une période de chômage de masse inédite dans son histoire. La crise de 1929 avait certes provoqué une augmentation rapide du nombre de chômeurs, mais jamais dans telle proportion ni sur telle durée. Le chômage a une histoire retrace en deux volets les grandes étapes du phénomène de 1967 à 1981, puis de 1981 à 2001. Chaque volet s'appuie sur des témoignages d’hommes politiques qui étaient au pouvoir à l’époque, mais aussi sur des images d’archives, des reportages sur les hommes et les femmes sans emploi, des fictions ou des émissions de télévision. Cette histoire est évoquée selon une double chronologie. La première est constituée des étapes de la montée du chômage : le cap des 500 000 sans-emploi, du million en octobre 1975, etc. Une autre chronologie retrace l’histoire du chômage à partir des idéologies et des événements marquants de chaque époque.



Première partie : 1967-1981

Le premier volet démontre que la progression du chômage commence bien avant le choc pétrolier de 1973. On peut donc percevoir les prémices de la récession dans laquelle se trouvent distinguées quatre périodes, qui constituent des repères utiles : « la période 1968-1973, apogée de la classe ouvrière », où la montée du chômage provoque le mécontentement, sans pour autant former une menace pour les salariés, ce qui exacerbe les revendications ; « la période 1974-1976, la crise », à l’issue de laquelle Jacques Chirac voit « le bout du tunnel » ; « la période 1976-1981, l’austérité », pendant laquelle Raymond Barre nous explique que la France vit au-dessus de ses moyens ; « la période 1981, à gauche toute ! », où Pierre Mauroy s’affiche comme « un chef de guerre contre le chômage ».

Seconde partie : 1981-2001

Ce volet met en avant le revirement libéral du gouvernement et des médias qui font l’apologie de la libre entreprise tandis que le chômage et la pauvreté progressent et que « les violences urbaines remplacent les manifestations de salariés ». L’emploi y est de plus en plus précaire (« 1994 : l’emploi en miettes »). La volonté de lier le franc au mark fait augmenter le nombre de chômeurs, choix politique critiqué tant par Jean-Pierre Chevènement que par Alain Madelin.

Cette émission, très structurée, permet de bien appréhender l’évolution d’une société française qui passe d’une économie largement administrée à une économie ouverte et libéralisée. La richesse des documents d’époque permet d’observer comment se vivait le chômage et comment on expliquait ce phénomène aux contemporains, tandis que les entretiens rétrospectifs portent un éclairage singulier sur les choix politiques et les erreurs de perception.

 

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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 18:36
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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 18:20

VIDEOLa France peut-elle sortir du nucléaire?

Depuis la catastrophe de Fukushima, la question de la sortie du nucléaire est revenue sur le devant de la scène. Comment, à quelles conditions et à quel rythme la France peut-elle effectuer cette transition énergétique? Débat entre Alain Grandjean, économiste et co-fondateur de la société Carbone 4, et Benjamin Dessus, ingénieur et économiste, président de l'association Global Chance. > Lire la suite.

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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 18:18


François Desriaux, rédacteur en chef de Santé & Travail et Camille Dorival, journaliste à Alternatives Economiques
Alternatives Economiques Poche n° 052 - novembre 2011

 

La crise des subprime de 2008 a considérablement aggravé en France la crise de l'emploi. On compte aujourd'hui plus de 4,15 millions de chômeurs inscrits à Pôle emploi, toutes catégories confondues. Et l'Unedic prévoit que le seuil des 4,3 millions sera atteint en 2012. Un record.

L'installation d'un chômage de masse n'est pas un phénomène nouveau. C'est en 1973-1974, après le premier choc pétrolier, qu'il a fait son apparition en France, comme dans la plupart des pays développés. Depuis, il ne nous a plus quittés, même dans les périodes de forte croissance de l'activité.

La lutte contre le chômage - pour légitime et respectable qu'elle soit - a supplanté une autre préoccupation, pourtant essentielle elle aussi, celle de la qualité de l'emploi. Au nom de cette priorité et de la sauvegarde de la compétitivité des entreprises face à la mondialisation, gouvernements successifs et employeurs ont laissé le travail se dégrader, s'intensifier et perdre de son sens.

Aujourd'hui, les salariés sous pression ne se reconnaissent plus dans leur travail et ils voient leur santé mise à mal. Epidémie de troubles musculo-squelettiques, vague de suicides, explosion des risques psychosociaux…, le bilan des conditions de travail est aussi sombre que les chiffres du chômage. Salariés et chômeurs ont perdu sur les deux tableaux.

Toutefois, après les dizaines de milliers de morts de l'amiante, après la faible prise en compte de la pénibilité dans la réforme des retraites, l'opinion publique devient de plus en plus sensible à ces questions. " Perdre sa vie à la gagner " est de moins en moins acceptable et accepté. Il est donc plus que jamais nécessaire de remettre la santé et le bien-être des travailleurs au coeur du débat social. De ne pas penser seulement chômage lorsqu'on parle emploi.

C'est une des raisons pour lesquelles Alternatives Economiques et Santé & Travail ont souhaité consacrer ce hors-série à toutes les questions liées au travail et à l'emploi : précarité, chômage, inactivité, mais aussi métiers, conditions et organisation du travail, salaires, syndicalisme, etc. A l'approche de l'élection présidentielle de 2012, il est urgent que tous ces thèmes reviennent sur le devant de la scène et qu'ils soient pris en compte de manière simultanée. C'est à cette condition, et à elle seule, qu'on pourra espérer construire un jour une société de plein-emploi durable et de qualité, qui offre à chacun sa place sur le marché du travail de manière satisfaisante à la fois pour l'individu et pour la collectivité.


François Desriaux, rédacteur en chef de Santé & Travail et Camille Dorival, journaliste à Alternatives Economiques
Alternatives Economiques Poche n° 052 - novembre 2011
Par terminale2 - Publié dans : CH3 ORGANISATION DU TRAVAIL ET CROISSANCE
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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 16:48

Sujet du bac de pondichéry 2007 : Une croissance élevée est-elle compatible avec un développement durable ?


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Correction du sujet :
 

Problématique : Les économistes néo-classiques sont particulièrement optimistes en ce qui concerne la soutenabilité de notre modèle de croissance productiviste .Il serait ainsi possible, grâce à l’internalisation des externalités et en particulier au rôle positif du progrès technique, de concilier à la fois croissance et développement durable au niveau mondial. L’ensemble des pays de la planète pourrait ainsi connaître pendant une période longue une augmentation du PIB qui assurerait la satisfaction des besoins actuels de la population tout en limitant les répercussions de la croissance actuelle sur l’environnement, ce qui permettrait de répondre aux besoins des générations futures . Or , cette vision semble beaucoup trop optimiste : la généralisation au niveau mondial du modèle occidental (de croissance productiviste entraînerait des dégradations de l’environnement à court et long terme . Dés lors comment transformer le modèle de croissance pour assurer une augmentation du bien-être de l’ensemble de la population durable.

I – Pour les économistes néo-classiques , le modèle de croissance productiviste basé sur le marché permet de concilier croissance et développement durable

  1. Les effets la croissance sur l’environnement sont uniquement à court terme 

1. Constat 

Les auteurs libéraux sont bien conscients des effets pervers de la généralisation de la croissance dans le monde : en une décennie (doc 1 ), on observe une accélération du taux de croissance du PIB qui est passé de 3,4% par an en moyenne entre 1988 et 1997 à 4,1% par an en moyenne dans la période 98-2007 . Cette accélération concerne les pays du monde les plus peuplés : la Chine ( une croissance annuelle moyenne de 9% ) et l’Inde ( 6% )

Certes , à court terme ,cela génère des tensions sur les ressources naturelles (épuisement des ressources non renouvelables) et une augmentation de la pollution (augmentation des rejets de GES) .

2. Explications 

Les économistes néo-classiques (grosman et Krueger) ont adapté la courbe de Kuznets qui établie une relation de corrélation entre croissance et inégalité aux répercussions de la croissance sur l’environnement . Jusqu’ à un certain seuil de PIB/habitant , la croissance se traduit par une raréfaction des ressources naturelles car la croissance est de type extensive : pour produire plus , il faut davantage de facteurs de production donc un gaspilage de ressources. C’est ce qui se passe pour l’Asie entre 1973 et 1979 ( doc 5 ) : pour produire davantage , elle doit utiliser davantage de ressources naturelles,l’intensité énergétique est faible ( doc 5 ) . Il y a aussi une augmentation de la pollution due aux effets externes .

  1. La croissance ne se traduit pas par une dégradation durable de l’environnement

  1.  
    1. Constat 

Mais à moyen et long terme , la croissance se traduit par une meilleure préservation de l’environnement conformément à la courbe environnementale de Kuznets .Car , à partir d’un certain seuil de richesses, la relation inverse apparaît : la croissance est corrélée avec une diminution de la pollution et une meilleure préservation de l’environnement .

  1.  
    1. Explications 

C’est la croissance elle-même qui permet de concilier satisfaction des besoins présents et futurs . En effet la croissance a des conséquence à la fois sur l’offre et la demande de biens.

a. Les conséquences de la croissance sur l’offre

L’utilisation accrue de ressources naturelles générée par l’augmentation du PIB oblige les entreprises à innover. En effet, conformément à la loi de l’offre et de la demande ,si la demande d’une ressource est supérieure à son offre , le prix doit augmenter , comme cela se passe aujourd’hui pour le pétrole . Dans ces conditions , pour éviter une baisse trop forte des profits , il devient rationnel pour une entreprise d’opérer de la RD pour innover . Ainsi, comme l’écrit G.Girmens ( doc2) : « le progrès technique donne souvent des moyens de dépasser ces limites », puisque grâce à lui , l’économie passe à une croissance intensive . Il faut donc selon Solow non réduire la croissance car c’est gràce à elle que les entreprises innoveront développeront de nouveaux produits moins polluants

Ces innovations peuvent permettre soit de trouver de nouvelles sources d’énergie ou de matières premières ( par exemple , le nucléaire , le plastique) ,soit d’économiser ces ressources .Le rôle de la croissance sur l’utilisation des ressources peut se voir grâce à analyse longitudinale de l’intensité énergétique , c’est-à-dire la quantité d’énergie nécessaire pour produire 1000 $ de PIB en dollars de 1999 : depuis 1973 , cette intensité energétique a fortement augmenté pour tous les pays . Elle est passée de 0 ,4 en 73 à 0,27 en 98 pour les EU (doc 5) . Cela veut dire que pour produire la même quantité de richesses , les EU utilisent moins d’énergie puisque le progrès technique permet d’économiser les ressources rares , ce qui libère des ressources pour les générations futures .

La réduction de la pollution peut donc s’obtenir en jouant sur le calcul rationnel des entreprises . Le problème de la pollution est une question d’effet externe , c’est-à-dire une conséquence involontaire de l’action rationnelle des individus . La pollution n’a donc pas de prix, d’autant plus qu’elle est diffuse et qu’elle concerne des biens libres (air eau, etc).Les entreprises ne voient donc pas l’intérêt à la réduire . La solution serait la création de marché à polluer qui internaliserait les externalités (ici la pollution) et les ferait entrer dans le calcul rationnel de l’entreprise . Ainsi l’Etat garant de l’intérêt général doit instaurer un marché des droits à polluer (distribuer des permis de pollution en quantité »s décroissantes) et laisser le marché s’autoréguler : plus le prix de la pollution sera élevée , plus les entreprises seront incitées à réduire leur niveau de pollution pour réduire leurs coûts , voire augmenter leurs recettes ,car elles pourraient vendre leurs droits à polluer non utilisés (à partir d’un calcul coût bénéfice : cf cours).

La question paraît plus délicate si l’on se situe au niveau des PVD qui ont besoin de polluer pour décoller (cf ; la position de la chine aujourd’hui) , pourtant les pays du nord pourraient transférer au pays du sud des technologies propres qui permettraient de réduire les émissions tout en bénéficiant au nord qui pourraient bénéficier de débouchés, mais aussi préserver leur modèle de croissance tout en le généralisant à l’ensemble des nations. Ce principe parît vérifiée par la courbe de Grosman et Krueger : la chine demain connaitra un pic de pollution plus bas que la corée dans lers années 80 qui elle-même a connu des pics plus bas que le Japon (années 70), ou le Royaume uni (début XXème)

b. Les conséquences de la croissance sur la demande

A ces transformations de la production s’ajoutent des changements de la structure de la demande .En effet , l’augmentation du PIB se traduit par une augmentation des revenus qui entraîne une modification de la demande des ménages .

D’après les lois d’Engel , quand le revenu augmente , la part du budget consacré aux dépenses de biens matériels diminue au profit de la demande de services . Or celle-ci est nettement moins polluante et gourmande de ressources naturelles que la production de biens .La croissance se traduit donc automatiquement par une réduction de la pollution .

Cet effet est renforcé par le changements de valeurs de la population résultant de la croissance . En effet , quand les ménages sont pauvres , leur objectif est d’assurer leur satisfaction matérielle . Avec la croissance, celle-ci est acquise et leurs revendications ne sont plus les mêmes .Ils ne souhaitent plus avoir de nouveaux biens , mais ont des demandes qualitatives : égalité , meilleur environnement (cf la pyramide de Mac Gregor vue en cours) . Ils vont donc faire pression sur les gouvernements pour assurer une baisse de la pollution . Cette pression des opinions publiques sur les Etats se remarque avec la signature du protocole de Kyoto en 98 et son entrée en vigueur en 2005 (doc 4 ) . « Le protocole de Kyoto repose sur un principe relativement simple :les pays développés et en transition se sont engagés sur un objectif global de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2% en 2008-2012 par rapport au niveau de 1990 » . Cet effort est important puisque « cela représente une diminution de 20 % par rapport au niveau d’ émissions anticipé pour 2010 si aucune mesure de contrôle n’avait été adoptée » .

c. La synthèse de ces deux effets sur le développement durable

Ainsi , pour les économistes libéraux , il n’ y a aucune raison de s’inquiéter : les effets positifs de la croissance vont permettre à la fois de produire plus et de permettre aux pays pauvres d’Afrique et d’Asie de satisfaire les besoins actuels de leur population tout en laissant des ressources naturelles et un environnement de qualité pour répondre aux exigences des générations futures .

II- Mais cette vision est trop optimiste : la croissance soutenue dans la logique du modèle productiviste n’assure pas automatiquement le développement durable

Or cette vision semble trop optimiste . En effet , les solutions envisagées sont insuffisantes pour répondre aux défis de la pollution qui se retrouve à long terme , car la croissance est une condition nécessaire mais non suffisante pour assurer le développement durable .

  1. Constat

Ainsi , on ne pourrait plus assurer à la fois satisfaction des besoins présents et futurs . Car le modèle de croissance productiviste occidental dont le but est de produire toujours plus se heurterait à 2 écueils : le manque de ressources naturelles et la dégradation de l’environnement .

1. Une raréfaction des ressources naturelles

La croissance productiviste entraîne une augmentation de la demande de ressources naturelles , l’écart entre offre et demande va devenir croissant ( doc 1 ) .Ainsi ,en 1970 , les découvertes de réserves de pétrole excédaient de 50 milliards de barils la consommation de pétrole .Depuis cette date , l’excédent de l’offre sur la demande tend à diminuer pour à partit de 1985 s’inverser . Depuis le début des années 80 , la consommation de pétrole est supérieure aux réserves . En 2005 , il manque 20 milliards de barils .

2. Une dégradation de l’environnement

La surexploitation du pétrole n’est pas isolée ; elle est reliée à une surexploitation générale de la planète que l’on peut mesurer par l’empreinte écologique (doc 6 ).Celle-ci est la surface utilisée par un individu pour subvenir à ces besoins et pour résorber la pollution rejetée par ces activités .

La surface qui permet d’assurer le développement durable est de 1,9 hectares : en dessous de ce seuil , les générations présentes laissent une planète en bon état aux générations futures . Or , d’après le WWF , ce n’est plus le cas aujourd’hui : « l’empreinte écologique du consommateur moyen était de 2,3 hectares par personne en 1999 . Cela veut dire que les générations présentes surexploitent la terre et vont l’appauvrir .

Ce phénomène est renforcé par le fait que ce chiffre soit une moyenne . On remarque en effet une grande disparité dans les empreintes écologiques : « alors que le consommateur africain ou asiatique moyen disposait de moins de 1,4 hectares par personne en 1999 , l’empreinte de l’européen occidental moyen atteignait les 5 hectares et celle du nord-américain moyen était de près de 9,6 hectares » ( doc 6 ) . Ainsi , plus un pays est riche , plus son utilisation de la planète est forte . Contrairement à ce qu’affirment les libéraux , la croissance se traduit par une dégradation de l’environnement . Notre croissance actuelle empêchera donc les générations futures de satisfaire leurs besoins essentiels puisqu’ils n’auront plus de ressources naturelles dans un contexte dégradé .

  1. Explications :croissance économique soutenue (modèle productiviste) et développement durable apparaissent comme contradictoires

Contrairement aux affirmations des libéraux , la croissance actuelle empêchera la croissance future . Leur erreur provient en grande partie de la surestimation des effets positifs du progrès technique : le progrès technique peut jouer un rôle ,mais limité

  1.  
    1. Le progrès technique est insuffisant pour économiser les ressources naturelles 

Car le progrès technique est primordial mais n’est pas suffisant pour solutionner les défis auxquels le monde est confronté : il permet certes d’économiser les ressources , mais les gains dus au progrès technique se révèlent insuffisants car on constate : que cette réduction de l’intensité énergétique génère un effet rebond . Les pays , profitant de ces gains de d’efficacité , vont consommer davantage de ressources pour produire davantage (ex les 4-4 gros consommateurs d’énergie) . Certes , on gagne en terme d’intensité unitaire , mais on perd en termes d’énergie totale utilisée .

Le progrès technique nécessite un temps pour être mis sur le marché , or on peut s’interroger sur la capacité de l’économie à trouver un substitut crédible et rentable au pétrole dans le court terme..

  1.  
    1. Les effets de la pollution sont à long terme 

La loi de l’offre et de la demande n’assure donc pas automatiquementun développement durable . La régulation par le marché est défaillante . Ces limites sont encore plus visibles quand on étudie les effets réels des marchés de droits à polluer , censés réduire la pollution grâce à l’instauration du prix de la pollution .L’Etat soumis aux lobbis des entreprises qui menacent de délocaliser ou de licencier si le coût de la pollution nuit à la compétitivité a distribué trop généreusement les droits. Mais aussi le marché ne peut arriver à diminuer la pollution du fait des caractéristiques mêmes de la pollution :elle cumule ses effets dans le long terme et certains effets sont irréversibles. La pollution actuelle s’ajoute à celle passée et met des siècles avant de disparaître . Ce type de conséquences ne peut être appréhendé par l’entreprise car elle recherche son profit maximum à court terme (myopie du marché) .

  1.  
    1. Il faut donc faire un choix 

Ainsi , un arbitrage doit être effectué : soit continuer à augmenter la production et accepter d’empêcher les générations futures de subvenir à leurs besoins , soit stopper notre croissance productiviste pour assurer une protection de l’environnement . Dans ce cas , une croissance zéro comme le préconisait le club de Rome dans les années 70 ne paraît pas suffisant , puisque cela impliquerait de laisser les plus pauvres dans leur état de pauvreté . La solution serait alors la décroissance : selon latouche et N Georgesu Roegen (cf cours) les pays riches devraient réduire leur quantité de richesses créées pour permettre aux populations les plus pauvres de connaître une augmentation du niveau de vie et la satisfaction des besoins élémentaires . L atouche en particulier conteste la notion même de développement durable qui n’est selon lui qu’un oxymore.

Mais à voir les problèmes générés par un ralentissement de la croissance dans les PDEM (cf le rique de récession du à la crise des subprime) ,on peut se demander si cette stratégie serait acceptée par les habitants des pays riches qui selon certains sociologues sont dépendants de la consommation (Baudrillard).

  1. (ou partie III)La solution : un nouveau modèle de croissance ?

Il faudrait alors instaurer un nouveau modèle de croissance qui rompt avec le modèle productiviste développé durant les trente glorieuse Pour cela il seraity nécessaire d’adopter d’autres modèles productifs , par exemple définir dés la conception du produit des éléments recyclables et favoriser les activités de services , basées sur la personne et moins polluante .

Mais aussi il faudrait abandonner nos indicateurs de richesses et en définir d’autre ce qui semble être le but de la commission composée de J Stiglitz et A Sen dont la mission est de proposer des substituts au PIB

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Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 19:27

lain Le Sann
Article Web - 12 octobre 2011

 

Depuis longtemps, avec le Collectif Pêche & Développement, nous sommes persuadés que la crise de la pêche ne peut être résolue qu'en traitant non des poissons mais des pêcheurs. Plus qu'une crise de la ressource en soi, il s'agit d'une crise liée à la gouvernance des pêches et au partage de ces ressources communes. C'est donc en traitant ce problème complexe qu'on peut trouver des solutions pour sauver à la fois les poissons, les pêcheurs et les écosystèmes. L'autre principe fondamental pour une approche de la gestion des pêches est de considérer qu'il s'agit d'une activité de cueillette et non d'une activité de production, ce qui remet en cause les approches de type industriel ou par la consommation. Ce n'est pas à la pêche de s'adapter à la consommation, mais au consommateur de s'adapter à la réalité évolutive et complexe de la pêche.

Pour une approche politique de la durabilité

L'un des pionniers du développement durable, le scientifique et écologiste indien Anil Agarwal, décrivait dans le premier numéro de Down to Earth, magazine qu'il a créé à l'occasion du sommet de la Terre de Rio en juin 1992, sa vision de la durabilité.

…Au-delà de ces pieuses définitions, il est important de comprendre le contenu politique du développement durable. La durabilité ne peut jamais être absolue. Une société qui tire rapidement la leçon de ses erreurs et qui change de comportement sera sûrement plus durable qu'une autre société qui mettra plus de temps à le faire. Le fait de tirer la leçon de ses erreurs est crucial dans le processus de développement durable, car aucune société ne peut se targuer d'être si au fait qu'elle saura toujours gérer et utiliser ses ressources d'une manière parfaitement saine et écologique… Le développement durable est l'aboutissement d'un ordre politique dans lequel une société est structurée de telle sorte qu'elle tire la leçon de ses erreurs sur la façon dont elle utilise ses ressources naturelles et rectifie rapidement ses rapports hommes-nature en accord avec la connaissance qu'elle a acquise… Il est évident qu'une telle société sera celle où la prise de décision sera d'abord la prérogative de ceux qui seront directement touchés par les conséquences de ces décisions. Si les décisions sont prises par une bureaucratie nationale éloignée ou par une société multinationale d'utiliser une ressource donnée et qu'une communauté locale vivant près de cette ressource souffre de ce processus, il y a peu de chances que les décideurs reviennent rapidement sur leurs décisions. Mais si la ressource est surexploitée ou mal exploitée par une communauté locale qui en dépend pour sa survie et ne peut facilement se déplacer dans un autre environnement, le déclin de productivité de la ressource obligerait la communauté à modifier ses pratiques.

La durabilité ne dépend donc pas de concepts fumeux comme l'avenir des générations futures, mais plutôt de choix politiques de fond comme d'abord les modèles de contrôle des ressources et ensuite les niveaux de démocratie au sein des instances de décision. La durabilité exige la création d'un ordre politique dans lequel, premièrement, le contrôle des ressources naturelles dépend, dans toute la mesure du possible, des communautés qui en dépendent et, deuxièmement, la prise de décision au sein de la communauté est aussi participative, ouverte et démocratique que possible. [1]

  

Quel Rendement Maximum Durable ?

Si l'on applique cette conception à la réforme de la PCP proposée par Maria Damanaki, on voit qu'on est loin d'une telle approche de la durabilité. Cette vision d'Anil Agarwal, basée sur l'analyse de la gestion des communs par les communautés indiennes, est confortée par l'étude de la « gouvernance des biens communs » développée par Elinor Ostrom, prix Nobel d'économie en 2009[2], qui s'appuie notamment sur des études de cas de gestion de pêcheries par des communautés de pêcheurs. Au contraire, Maria Damanaki s'engage dans l'approfondissement de la privatisation et de la libéralisation de la pêche ainsi que sur une politique fondée sur le renforcement d'une approche dite « scientifique » de la durabilité définie comme un absolu à atteindre et respecter quel qu'en soit le coût social : le RMD, rendement maximum durable. Qui ne souscrirait pas à un tel objectif ? Encore faut-il savoir de quoi il s'agit, quand et comment l'atteindre. Fixer comme date butoir au RMD, 2015, est tout simplement absurde. Il faut parfois des décennies pour restaurer des stocks surexploités. On peut aussi s'interroger sur la pertinence d'un RMD défini par stock ou espèce. Il existe une variabilité naturelle extrême de nombreux stocks, des interactions complexes entre les diverses espèces d'un écosystème. Par exemple, quel est le RMD d'une pêcherie de harengs au large de Terre Neuve sachant que cette espèce a proliféré depuis l'effondrement de la morue et que la reconstitution du stock de morue est ralentie par la prédation des harengs sur les alevins de morue ? De plus les phoques hyperprotégés ont également proliféré au point d'atteindre près de 10 millions d'individus qui consomment des quantités considérables de morues et autres poissons. La prédation des cétacés est largement supérieure à la pêche, mais la totalité de la responsabilité de l'état des ressources est toujours mise sur le compte des pêcheurs. Quel sens a un RMD dans un contexte de pollution côtière généralisée d'origine tellurique qui modifie les milieux au point de les mener jusqu'à l'anoxie, i e, l'absence totale de vie ? Si la pêche et les pêcheurs ont leur part de responsabilités dans l'état des ressources, il y a bien d'autres facteurs qui influent sur la mortalité des poissons comme la pollution, les changements climatiques et les erreurs de gestion des scientifiques et gestionnaires des pêches.

  

Quotas et privatisation

Pour Maria Damanaki, il s'agit d'atteindre ce mythique RMD à marche forcée, en s'appuyant principalement sur une gestion par des TAC et quotas transférables, déterminés par des scientifiques. L'approche de la gestion par les quotas est loin d'être la seule possible et elle ne garantit pas plus que d'autres une saine gestion. Elle peut s'avérer judicieuse sur des stocks bien spécifiques, bien connus et suivis, qui sont l'objet d'une pêche bien ciblée. Par contre, pour des pêcheries multispécifiques, elle n'est pas la plus adaptée et la gestion par le contrôle de l'effort de pêche et des mesures diverses évolutives permettent une plus grande souplesse. Certains scientifiques considèrent d'ailleurs que la gestion par les quotas est une gestion de poissons virtuels qui mène quasi inévitablement à la privatisation et un accroissement des coûts de capture favorisant la surpêche. L'exemple de la gestion de la morue par des quotas en Islande, puis leur privatisation, semble leur donner raison. 40 ans de gestion dite scientifique de la morue ont abouti au déclin inexorable de cette pêche, de 400 000 t par an en moyenne à moins de 150 000 t en 2010. Paradoxalement la pêche et les stocks se portaient mieux en l'absence de gestion ! Progressivement la gestion par quotas et la privatisation renforcent le pouvoir des institutions financières sur la pêche, le capital se concentre, le nombre de bateaux se réduit, le coût d'entrée dans la pêche augmente. Avec des quotas plus chers, il faut intensifier la pêche. Selon des chercheurs norvégiens et canadiens qui ont observé l'évolution de la pêche dans leur pays: « L'analyse virtuelle des populations, produit de la science halieutique, l'a transformée en un objet gérable à travers des quotas. Il en résulte l'affirmation de logiques financières qui réduisent la durabilité du système, qui visait pourtant à créer une pêche durable » « L'action de l'ensemble des acteurs se trouve orientée dans une certaine direction vers laquelle les entreprises sont plus des producteurs de valeur ajoutée que des producteurs de poissons, de travail et de bénéfices sociaux »[3]

  

Les QIT : un impact social déstructurant

L'impact social de cette politique est très négatif, en effet, pour payer les investissements, il faut abaisser le coût du travail, d'où le recours généralisé aux immigrés sous-payés (au Canada, en Islande, en Nouvelle-Zélande, etc). L'objectif des QIT n'est pas d'abord la gestion de la ressource mais la recherche du maximum de rentabilité. On peut tout aussi bien chercher à préserver le maximum d'emplois en préservant la ressource et en privilégiant les pêches artisanales dans leur diversité. Des sociologues, comme le Néerlandais Rob van Ginkel ont montré que des artisans ont beaucoup plus de capacités de résilience que des entreprises de type industriel car, au-delà de l'argent pour vivre, leur activité est un mode de vie auquel ils s'accrochent avec fierté.[4]  Au lieu de cela, la privatisation aboutit au démantèlement de toutes les structures et institutions mises en place progressivement par les pêcheurs pour assurer le fonctionnement de leur activité et sa pérennité. Avec les QIT, plus besoin d'OP, de comités locaux, il ne reste plus que des entreprises propriétaires de quotas, dirigées par des financiers et suivies par des scientifiques qui déterminent les quotas. Un modèle industriel qui n'est pas adapté à une activité de cueillette soumise à des aléas naturels et qui doit donc s'adapter en permanence, et à des échelles très diverses, comme le montrent les dernières recherches des biologistes.[5] La diversité des ressources et des écosystèmes implique une diversité dans l'organisation de la pêche elle-même, dont témoigne toute l'histoire et la culture des communautés de pêcheurs. Quand une ONG comme NAMA aux Etats-Unis entreprend une enquête approfondie auprès des pêcheurs et des communautés du Maine sur leur vision de la pêche démersale, le premier aspect qui est souligné est la nécessité de préserver la diversité des bateaux et des engins de pêche pour garantir l'avenir.[6]

  

Surpêche

La réforme proposée par Maria Damanaki est fondée sur une conviction, la crise la pêche européenne est liée principalement à la surpêche. En conséquence l'objectif avoué de la réforme est d'éliminer entre les deux tiers et la moitié des pêcheurs et des bateaux pour atteindre rapidement le mythique RMD. La mise en place des QIT, associée à une restriction sévère des TAC permet d'y arriver à moindre coût. La vente ou la location de leurs quotas par les plus faibles (les artisans ne disposant que d'un seul bateau) aux groupes plus puissants permettra au secteur de financer l'élimination des pêcheurs sans financement public. L'attribution gratuite des quotas rentabilisera l'opération pour les groupes avec la perspective d'une bonne rente future. Nul ne peut nier qu'il y ait eu un surinvestissement dans la pêche avec des subventions massives en particulier après la mise en place des ZEE dans les années 70-80. Cette politique s'est poursuivie en France jusqu'au début des années 2000 dans certains secteurs (thoniers senneurs, chalutiers de grands fonds), mais depuis les années 90, le nombre de bateaux s'est effondré, des ports se sont vidés, certains ont même disparu. A Lorient, il y avait en 1972 plus de 500 bateaux dont beaucoup de chalutiers industriels et semi-industriels de plus de 30 mètres. Il en reste aujourd'hui une centaine, majoritairement des artisans de moins de 20 m, non-chalutiers pour la plupart. Même en considérant leurs capacités de captures améliorées, on peut considérer que le problème n'est plus le surinvestissement, surtout si on projette dans l'avenir, vu l'âge des bateaux et des patrons, mais sans doute un sous-investissement qui ne permet plus l'adaptation aux nouvelles exigences de la pêche. Il peut exister des secteurs en surinvestissement en Europe, il est difficile d'ajuster en permanence les capacités aux stocks fluctuants (anchois), mais on constate une tendance à l'amélioration des ressources dans plusieurs zones de pêche et pour plusieurs stocks, signe que l'état généralisé de surpêche est aujourd'hui dépassé. Des adaptations de l'effort devraient permettre de poursuivre les améliorations. L'urgence semble plutôt de préserver les capacités existantes en capital et en hommes pour permettre la survie de l'activité. Aux Etats-Unis, les scientifiques reconnaissent que la surpêche n'existe pratiquement plus mais on continue, au nom de la « préservation », à imposer des mesures tellement drastiques que les débarquements sont parfois largement en dessous des possibilités, au point que certains considèrent que les Etats-Unis sont plutôt en situation de sous-pêche. Dans le même temps, les pêcheurs ont disparu des quais, remplacés par de gros armements, des résidences secondaires et des pêcheurs plaisanciers. Les rayons de supermarchés sont envahis de poissons et crevettes d'importation tandis que les derniers pêcheurs peinent à vendre leurs produits à un prix décent. Le poids des pêcheurs amateurs aux Etats-Unis, au Canada, en Irlande, en Grande-Bretagne, est tel qu'ils exercent des pressions pour se réserver certaines pêches et au besoin acheter les quotas supplémentaires. Le souci de préservation poussé à l'extrême avec la généralisation des réserves intégrales contribue à accélérer l'élimination des pêcheurs artisans au Nord comme au Sud. La fin de la surpêche est une victoire à la Pyrrhus. Est-ce cela que l'on veut aussi en Europe ?

  

Les impasses des propositions de réforme

L'orientation profondément libérale de la réforme projetée entraîne diverses lacunes dans les propositions. Jamais ne sont évoquées les questions sociales ou les problèmes liés à la libéralisation des marchés.

La réforme fait totalement l'impasse sur les divers aspects de la question sociale dans les pêches. Il y a d'abord un parti pris en faveur d'une diminution du nombre des pêcheurs, objectif partagé avec de nombreuses ONG environnementalistes (en Suède, considérée comme un modèle par nombre d'écologistes, le nombre de pêcheurs a été brutalement divisé par 3, sur leur pression). Un tel choix est affiché alors qu'il y a des inquiétudes dans tous les pays sur le renouvellement des pêcheurs. Il entraîne nécessairement le choix de favoriser l'immigration de pêcheurs du Sud pour fournir la main-d'œuvre des bateaux industriels : un processus déjà largement engagé dans plusieurs pays (Ecosse, Espagne) y compris avec des migrants clandestins. Aucune réflexion dans la réforme sur ce sujet alors qu'il y a des conséquences humaines et économiques majeures. Ce phénomène contribue à déstabiliser des marchés au bénéfice des armements qui utilisent cette main d'œuvre bon marché, souvent surexploitée.

 Les femmes de pêcheurs se sont organisées pour faire entendre leur voix mais leur statut est loin d'être reconnu partout, et la réforme est muette sur cette question. La seule proposition présentant un aspect social concerne la petite pêche qui pourrait échapper aux QIT, mais aucune garantie claire pour préserver et développer ce secteur. La protection de la petite pêche nécessite de maîtriser la pression sur les zones côtières liée aux activités des pêcheurs eux-mêmes mais aussi du fait de la croissance de la pêche non professionnelle. Une vision étroite de la petite pêche (moins de 12 m et arts dormants), la seule à caractère artisanal selon Mme Damanaki, aboutit à livrer l'essentiel de l'activité au-delà des 12 milles à des armements considérés comme industriels, alors que depuis des siècles, des artisans exploitent l'ensemble de la ZEE. Nier le caractère artisanal de pêcheries côtières et hauturières est une remise en cause de la culture traditionnelle des communautés.

La seconde impasse majeure porte sur la libéralisation des marchés. Cette situation satisfait certainement les entreprises importatrices de produits de la mer qui contrôlent un secteur industriel dynamique et rentable. Mais comment peut-on mettre en place des mesures de gestion des ressources sans considérer la question des marchés ? Il existe de nombreux cas où les ressources sont abondantes et bien gérées mais les produits peinent à trouver leurs marchés à des prix satisfaisants du fait des concurrences internes à l'U E ou de la concurrence des importations venant des pays tiers. Merlus, langoustines, coquillles Saint Jacques, anchois, ce sont des ressources importantes qui connaissent régulièrement des problèmes de commercialisation. L'arrivée massive de crevettes ou de pangas peut déstabiliser les marchés du poisson frais dans plusieurs pays. Au nom de la libéralisation, aucune mesure de sauvegarde n'est prévue pour protéger les productions locales. Il est difficile de mobiliser les pêcheurs pour mettre en place des mesures de gestion contraignantes s'il n'y a aucun avantage économique ou pire, si la bonne gestion du stock mène à un effondrement des prix. Les écolabels ne garantissent en rien des prix rémunérateurs. Il faut donc sortir d'une vision de la crise limitée à la ressource pour intégrer les diverses dimensions d'une crise complexe.

  

Pour Elinor Ostrom, les biens communs peuvent être en gestion commune

A l'opposé de l'approche libérale de Maria Damanaki et de tous les partisans de « la tragédie des communs », Elinor Ostrom, première femme « prix Nobel d'économie 2009 » propose de renforcer l'auto-organisation des communautés de pêcheurs. Cette auto-organisation est pour elle la meilleure solution pour gérer des ressources dans un environnement complexe et incertain. Elle ne prétend pas que cette approche puisse s'appliquer partout ni qu'elle garantisse le succès, mais elle a synthétisé les résultats de ses recherches en définissant sept principes pour des institutions solides pour la gestion de ressources communes, plus un huitième pour les cas les plus complexes. L'intérêt de cette approche est confirmé par diverses études sur la gestion communautaire des pêcheries. Evelyn Pinkerton et Martin Weinstein ont publié en 1995, une étude sur des exemples de bonne gestion par des communautés[7]. Plus récemment, la revue Nature  a publié les résultats d'une enquête portant sur 130 pêcheries dans 44 pays[8]. Celle-ci montre que, dans 65% des cas, la gestion  communautaire est efficace  et très efficace dans 40% des cas étudiés. Ces études portent sur tous les types de pêcheries. L'un des co-auteurs, Ray Hilborn avait auparavant montré dans une autre étude de 2009 que le processus d'amélioration de la gestion des pêcheries et des pratiques de pêche était engagé un peu partout dans le monde. Toutes ces enquêtes récentes contredisent le catastrophisme diffusé par de nombreux scientifiques et ONG qui s'appuient sur des exemples localisés, ou des situations dépassées, pour faire passer leurs objectifs et leurs idées sur l'incapacité des pêcheurs à être des gestionnaires des ressources. Ainsi Philippe Cury considère qu'« afin d'éviter que la ressource soit détruite, la propriété commune doit être privatisée ou bien l'aménagement doit être pris en charge par l'Etat »[9]. 

  

Les principes pour des institutions de gestion de ressources communes.

Les sept principes élaborés par Elinor Ostrom sont les suivants :[10]

1-      Les individus ou ménages possédant des droits, ainsi que les limites de la ressource commune, doivent être clairement définis.

2-       Les règles qui restreignent, en termes de temps, d'espace, de technologie et/ou de quantité, l'appropriation des ressources, sont liées aux conditions locales et aux obligations en termes de main-d'œuvre, de matériel et d'argent.

3-      La plupart des individus concernés par les règles opérationnelles peuvent participer à leurs modifications.

4-      Les surveillants rendent compte aux appropriateurs ou sont les appropriateurs eux-mêmes.

5-      Les appropriateurs qui transgressent les règles  s'exposent à des sanctions graduelles.

6-      Les appropriateurs disposent d'un accès rapide à des arènes locales bon marché pour résoudre les conflits.

7-      Les droits des appropriateurs d'élaborer leurs propres institutions ne sont pas remis en cause par des autorités gouvernementales externes.

8-      Pour les ressources communes appartenant à des systèmes plus grands et plus complexes, les activités d'appropriation, de surveillance, d'application des règles, de résolution des conflits et de gouvernance sont organisées par de multiples niveaux d'entreprises imbriquées.

On peut aisément reconnaître dans ces principes, le fonctionnement de systèmes de gestion en application en France, comme les prud'homies méditerranéennes, la pêcherie de Coquille St Jacques en baie de Saint Brieuc, etc. Des systèmes plus récents s'en approchent comme la gestion de l'anchois dans le Golfe de Gascogne par le CCR-SO ou la gestion de la langoustine dans le même Golfe. Ils montrent qu'on peut mettre en place ces systèmes dans les périodes de crises, pour tous types de pêcheries, même dans un contexte très conflictuel. A la fin des années 1960, face aux premiers signes d'épuisement des ressources dans le Golfe de Gascogne, des pêcheurs, avec le soutien de scientifiques avaient déjà proposé des mesures comme un cantonnement. Faute de cohésion et de consensus suffisant, le projet a été abandonné et les pêcheurs soumis à des décisions contraintes extérieures, sans aucune participation de leur part. Il y eut cependant un sursaut de leur part dans un contexte  de crise grave, lorsqu'ils ont proposé de s'engager dans des démarches de sélectivité. Les contextes de crise sont favorables à l'émergence de solutions initiées par les pêcheurs, mais il faut des catalyseurs et des facilitateurs. Les démarches ne sont pas toujours couronnées de succès, mais si la dynamique collective est préservée et soutenue, de nouvelles solutions peuvent émerger, mais ces processus sont lents, souvent chaotiques et exigent du temps et une forte mobilisation. On est loin du RMD qu'il faut atteindre en 3 ans. Il faut aussi rappeler que ce sont les pêcheurs eux-mêmes qui ont soutenu le projet de Parc Marin d'Iroise et que le processus dure depuis près de 20 ans. En Méditerranée, les pêcheurs des prud'homies ont mis en place des réserves intégrales, mais ils ne sont pas entendus lorsque le Ministère de l'Environnement leur impose une immense réserve côtière qui leur retire des zones de pêche indispensables à leur activité.

En France, en Europe et dans le monde, il existe ainsi une multitude d'exemples de bonnes pratiques, des changements positifs initiés par les communautés de pêcheurs elles-mêmes. C'est en s'appuyant sur ces initiatives, en reconnaissant leurs capacités d'analyses des situations, qu'on peut espérer construire une pêche durable. C'est aussi aux consommateurs d'appuyer ces démarches autrement qu'en se soumettant à des catalogues ou des oukases d'ONG qui s'appuient d'abord sur des groupes de distribution. Il faut réapprendre à écouter les pêcheurs. Ils peuvent être lucides sur leurs erreurs et il faut reconnaître leur capacité à ajuster leurs pratiques. L'histoire des pêches est ponctuée de crises à répétition auxquelles les pêcheurs ont su trouver des réponses. Aujourd'hui, avec les outils technologiques puissants les erreurs se traduisent plus rapidement par des catastrophes, mais il reste des possibilités de réagir tant que les pollutions n'ont pas détruit les capacités de production de plancton, même si l'écosystème reconstruit n'est pas exactement le même que par le passé. La mer, comme la terre, est un territoire exploité et transformé par l'activité humaine. Il n'y a pas de réponse simple, toute prête, universelle ou absolue dans la durée.

Elinor Ostrom et Anil Agarwal, dans deux mondes différents, en s'appuyant sur des exemples de gestion de ressources communes variées sont parvenus aux mêmes conclusions qui contredisent totalement les propositions de Maria Damanaki. A nous maintenant d'en tirer parti.

[1] Down To Earth, 15 juin 1992.

[2] Elinor OSTROM, Gouvernance des biens communs, éd De Boeck, Bruxelles, 2010, 300 p.

[3] J. P JOHNSEN, P. HOLM, P.R SINCLAIR, D BAVINGTON, Le poisson-cyborg, ou comment gérer l'ingérable, in  Regards sur la planète 2011, éd Armand Colin, Paris, 2011, p 209-218.

[4] R. van GINKEL, Braving Troubled Waters, Amsterdam University Press, Amsterdam, 2009, 340p.

[5] R. STENECK, J. WILSON, A fisheries play in an ecosystem theater : Challenges of managing ecological and social drivers of marine fisheries at multiple spatial scales, Bulletin of Marine Science, 86(2) : 387-411, 2010.

[6] NAMA, Fleet vision project, The Northeast Region's future of the groundfish fleet, Décem- bre 2005

[7] Evelyn PINKERTON, Martin WEINSTEIN, Fisheries That Work, éd The David Suzuki Foundation, Vancouver, 1995, 215p.

[8] Nicolas GUTIEREZ, Omar DEFEO, Ray HILBORN, Co-management holds promise of sustainable fisheries worldwide, Nature, janvier 2011.

[9] in Philippe CURY, Yves MISEREY, Une mer sans poissons, éd Calmann-Lévy, Paris, 2008, 250p.(p168).

[10] op cit : Elinor OSTROM, p 114.

Par terminale2 - Publié dans : CH1 sources et limites de la croissance
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Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 19:23

Marc Chevallier
Article Web - 07 octobre 2011

Steve Jobs, l'ex-patron d'Apple est mort le 5 octobre 2011. Cet industriel avait compris l'importance du design et de la facilité d'usage des produits, et avait su conserver la maîtrise du hard tout en développant le soft. L'homme d'affaires avait également su verrouiller un modèle informatique totalement fermé pour capter une rente considérable…

 

« Je suis immensément fier de vous présenter celui qui est comme un père pour moi : Steve Jobs », claironnait de sa voix synthétique le 24 janvier 1984 le premier ordinateur Macintosh lors d'une mise en scène qui est devenue depuis la signature des présentations de nouveaux produits chez Apple. Après le décès du charismatique cofondateur de la firme à la pomme le 5 octobre dernier, la question de savoir si la créature survivra à son père est sur toutes les lèvres. La bonne fortune de l'entreprise lui est en effet étroitement liée : Apple est passée près de la faillite après avoir débarqué Jobs de sa direction au milieu des années 1980 et ne doit son redressement spectaculaire qu'à son retour aux manettes en 1997. iMac, iPod, iPhone, iPad : l'entreprise n'a pas cessé d'enchaîner les succès commerciaux depuis, lui permettant de distancer son rival de toujours, Microsoft, avant de se hisser il y a quelques mois au deuxième rang des plus grosses capitalisations boursières.

Gravement malade depuis des années, Steve Jobs avait visiblement préparé sa succession. Le « pipeline » des innovations est alimenté pour plusieurs années, dit la rumeur. Et un soin particulier a été apporté à la mise en place de processus de management et de formation visant à éviter la bureaucratisation de l'entreprise et à favoriser l'émergence de dirigeants créatifs. En dépit de cela, Apple, comme ses congénères de la high tech et d'Internet -  les Google, Facebook etc. - reste un géant aux pieds d'argile. Tout simplement parce qu'il évolue dans un secteur rythmé par des cycles technologiques (et commerciaux) accélérés. Et donc qu'il lui faut pour croître et survivre se réinventer en permanence et chercher à créer la rupture avec l'offre de ses concurrents, quitte au passage à jeter son dévolu sur un secteur autre que son cœur de métier.

 

Un innovateur schumpeterien

A cet égard, Steve Jobs incarne la figure de l'entrepreneur au sens où l'entendait l'économiste Joseph Schumpeter, c'est-à-dire celle d'un innovateur, qui sait sortir des sentiers battus et réussit par son charisme à vaincre les résistances au changement de ses collaborateurs, des financiers ou des clients. La clé de cette différenciation se joue cependant moins sur le plan de l'innovation technologique proprement dite que sur celle, plus délicate, de la compréhension des attentes latentes des consommateurs. Au fil de son histoire, Apple aura ainsi gagné son pari d'avoir cru que l'informatique serait de plus en plus tirée par les loisirs et non plus par les usages professionnels, se sera fait une place dominante sur le marché de la musique numérique grâce au couple iPod - iTunes, aura capté une portion non négligeable du segment le plus juteux de la téléphonie, les smartphones, avec l'iPhone, au nez et à la barbe des acteurs historiques du secteur. Avant aujourd'hui de mettre à mal la suprématie de l'ordinateur de bureau avec sa tablette iPad. Dans combien d'autres paris de ce genre les dirigeants d'Apple seront-ils capables d'embarquer l'entreprise sans la légitimité d'un Steve Jobs ? Et combien réussiront ? Steve Jobs avait d'ailleurs lui aussi connu quelques échecs plus ou moins retentissants, depuis l'Apple III, lancé en 1980 et auquel il manquait un ventilateur, jusqu'au service de cloud computing grand public Mobile Me lancé en 2008.

 

Un avenir incertain

L'avenir apparaît d'autant moins certain que ce qui fait aujourd'hui la force et la richesse d'Apple pourrait être demain sa faiblesse : un nombre restreint de produits et un écosystème fermé associant étroitement matériel (hardware) et logiciels (software). L'iPhone représente aujourd'hui en effet presque la moitié du chiffre d'affaires de la firme à la pomme et l'iPad un cinquième : chaque nouvelle génération d'iPhone et d'iPad ou bien le produit voué à les remplacer en tant que vache à lait devront donc faire au moins aussi bien. Que l'un d'entre eux fasse un flop ou apparaisse soudain rattrapé par la concurrence et l'entreprise se retrouverait d'un coup amputée d'une large portion de ses revenus.

Par ailleurs, l'iPod, l'iPhone et l'iPad fonctionnent en couple exclusif avec la plateforme de vente de musique en ligne iTunes et celle de téléchargements d'applications App Store. Ce qui permet à Apple de tirer profit non seulement de la vente de matériel, mais également de celle des contenus et applications qui les alimentent. Avec l'App Store, Apple semble avoir vraiment trouvé la martingale : la plateforme sélectionne et distribue en effet des milliers d'applications mises au point par des développeurs indépendants, moyennant une commission de 30 % sur le prix de vente de l'application. Un moyen pour Apple de s'enrichir à peu de frais et surtout de prolonger la vie de ses produits sur un marché où quelques mois suffisent à ringardiser un modèle. Pour l'entreprise, les effets de réseaux jouent à plein : plus l'iPhone et l'iPad comptent d'utilisateurs et plus de développeurs sont incités à mettre au point des applications pour Apple ; et plus d'applications sont disponibles pour ces produits, plus le public est incité à en acheter.

C'est ce cercle vertueux qui explique la croissance phénoménale des revenus et des profits d'Apple ces dernières années. Il fonctionnera tant que les nouveaux produits d'Apple rencontreront le même accueil. Si le vent tournait, utilisateurs et développeurs fuiraient ces plateformes pour d'autres plus ouvertes, par exemple pour celle d'Android, le système d'exploitation en open source pour smartphones de Google. Cette volonté d'Apple de garder le contrôle sur son écosystème lui a déjà joué des tours par le passé : pour n'avoir pas voulu diffuser son système d'exploitation et ses logiciels sur d'autres ordinateurs que les siens dans les années 1980, Apple s'était alors retrouvé condamné à occuper une place marginale dans l'univers informatique au profit de son rival Microsoft qui, de son côté, accordait à tour de bras aux constructeurs d'ordinateurs des licences pour installer Windows sur leurs produits.

 

Retrouvez nos derniers articles consacrés à Apple :

Steve Jobs, l'innovateur, 9 octobre 2011, par Marc Mousli.

Steve Jobs n'était pas un inventeur, mais un innovateur, ce qui est plus difficile : on peut vivre toute sa vie sur une invention, alors que l'innovation impose de remettre chaque jour l'ouvrage sur le métier.

Apple-Samsung : bataille de brevets, mai 2011

Entre Apple et Samsung, c'est l'escalade judiciaire. Après que la firme à la pomme a accusé le Coréen d'avoir violé sept de ses brevets et copié l'apparence de l'iPhone et de l'iPad, Samsung a, à son tour, porté plainte contre Apple, estimant que ses deux produits phares violaient dix de ses brevets.

Apple : la face cachée, avril 2011

Les mauvaises pratiques sociales et environnementales chez les fournisseurs de la marque à la pomme sont " la face cachée d'Apple ", selon l'Institut des affaires publiques et environnementales, une ONG chinoise.

L'iPad, nouvelle vache à lait d'Apple ?, juin 2010

Apple fait peu de recherche et développement. La firme n'utilise que des technologies éprouvées mises au point par d'autres, mais en fait des produits pratiques et beaux. Ce qui lui permet de gagner beaucoup d'argent.

Apple en position dominante ?, 07 mai 2010

Apple est soupçonné d'abuser de sa position dominante sur le marché naissant des applications mobiles, et de reproduire les pratiques anticoncurentielles de l'ogre Microsoft.

Apple et la bataille du "smartphone", novembre 2009

Avec l'iPhone, Apple a pris pied sur le marché de la téléphonie mobile et taille des croupières aux équipementiers du secteur. Pour combien de temps?

La revanche d'Apple, septembre 2008

L'iPod et l'iPhone ont rempli les caisses d'Apple et dopé les ventes des ordinateurs de la firme à la pomme.

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